D.GRAY-MAN ==> Chapitre 6 <== La terreur d’une princesse en cage

Cela faisait deux jours qu’ils voyageaient, empruntant des calèches parfois, mais souvent ils faisaient la route à pieds. Contrairement à ce que son statut de bourgeoise aurait pu laisser penser, Yuka ne semblait pas du tout fatiguée. Les autres en arrivèrent à la conclusion que cela devait être les conséquences d’avoir passé près de 8 ans en Inde. Elle semblait portée une grande attention aux environs.

-Qu’est ce qui t’intéresse tant dans le paysage ? demanda Marie.
-Tout ! s’exclama-t-elle, le sourire aux lèvres. Je mémorise tout les nouveaux paysages ! Découvrir le monde c’est passionnant non ? Je me suis rendue compte que je n’avais jamais vraiment vu la France. Je m’étais arrêtée à Paris.
-Tu ne partais jamais de ton manoir ?
-Pratiquement. Lorsque je sortais c’était parce que mes parents devaient partir longtemps dans un pays étranger et ne pouvait donc pas me laisser seule, bien que ça ne m’aurait pas dérangée. En fait ça revenait au même.

Marie laissa échapper un « Ah » et ils continuèrent leur route. Ils étaient maintenant dans un endroit déserté. Ils n’avaient pas croisés d’hommes, de diligences ou de maisons depuis des heures qui leur avaient semblé des jours. Soudain le golem de Lavi ouvra grand la bouche pour laisser échapper l’image d’un étrange homme aux cheveux mi-longs et bruns, des lunette posés sur le nez et un sourire crétin indélébile posé sur les lèvres.

-Komui ?! s’étonna Lavi.
-Komui ? s’interrogea Yuka.
-Komui ! s’exclama Allen.
-Mais moi aussi je suis content de vous voir, rétorqua le susnommé avec le même sourire idiot.
-Pourquoi vous nous appelez ? demanda Marie.
-Pour une mission en Chine. L’innocence de Suman a été volée après la mort de celui-ci. Et tout porte à croire que les voleurs sont en Chine et qu’ils sont à la solde de l’empereur Qing.
-De quoi ? s’horrifia Miranda.
-L’innocence de Suman … volée ? tenta d’articuler Allen.
-C’est cela. Allen on aura besoin de toi pour cette mission. C’est toi qui a récuperé l’innocence de Suman avant que le Noé ne la détruise. Tu rejoindras Lenalee, Krory et Kanda là bas. Ils sont déjà en route. Un golem t’apportera ton billet de train, pour l’instant contente toi de te diriger vers la gare de Strasbourg.  Tiens, serait-ce la nouvelle recrue ? questionna Komui, s’étant enfin rendu compte de la présence de celle-ci.
-Yuka Fukari, se présenta rapidement la femme.
-Oh ! La fille des Fukari ! Bien, bien ! s’exclama-t-il. J’espère que tu feras de bons débuts !
-Elle en fait déjà… soupira Marie.
-Elle sait déjà se battre ? Fantastique ! Bon eh bien je vous laisse ! répondit-il.

La connexion fut coupée et le visage de l’étrange homme disparut. Ils restèrent un instant interloqués.

-Comment l’innocence de Suman a-t-elle pu être volée ?!
-On en sait rien Allen ! tenta Miranda de calmer son co-équipier.
-Et puis qu’est ce qu’ils veulent en faire ?! ragea Allen. Si ça se trouve elle finira dans les mains des Noés ! Bon sang !

Yuka regardait tout du même œil attentif qu’elle semblait ne jamais quitter. Elle enregistrait la moindre parole ou le moindre geste.

-Il ne finira pas dans les mains des Noés, Allen ! Toi, Lenalee et les autres vous empêcherez ça j’en suis sûre ! reprit Miranda.

Après un long silence, Yuka prit la parole.

-Les Noés ? questionna-t-elle.
-Oui, ils sont au service du- ! ne put finir Marie.
-Oui, oui , ça va je suis au courant. J’en ai déjà rencontrée une, rabroua-t-elle d’un naturel qui était décidément bien à elle.
-Tu as déjà rencontrée une Noé ?! s’exclama Lavi.
-Road. Malgré ses tendances au sadisme, on s’amuse bien avec elle.

Les exorcistes la regardèrent avec des yeux globuleux.

-On … s’amuse bien … avec une Noé ? s’estomaqua Miranda qui avait un très mauvais souvenir de sa première rencontre avec Road.

Allen explosa de rage.

-On s’amuse bien avec Road ?! Elle tue des gens ! Des centaines d’innocents ! Comment peux-tu dire si facilement que tu t’amuses bien avec elle ?! vociféra Allen.
-Elle est humaine après tout, rétorqua Yuka d’un sérieux glacial.

Les exorcistes se turent. Ils ne pouvaient rien rétorquer à cela. C’était vrai. Les Noés étaient des humains. La vérité leur avait asséner une claque et magistrale. Ils baissèrent la tête. Yuka détourna la tête et continua son chemin devant.

-Bon vous vous dépêchez ? On arrivera jamais sinon. On a qu’a aller à la gare avec Allen comme ça on trouvera peut-être un train pour la Congrégation.

Ils la suivirent piteusement. Lavi s’en remit rapidement. Il s’était habitué à ce trait de caractère chez Yuka. Elle défendait toujours tout le monde même les plus sombres des crétins. Et particulièrement les personnes différentes ou rangée du côté des méchants. Même lorsqu’elle n’y obtenait aucune reconnaissance. Elle soutenait toujours qu’on « ne pouvait blâmer l’homme pour avoir succomber à la tentation » que c’est « dans sa nature, on n’y peut rien, ca ne changera pas. » Elle ne croyait pas non plus au destin ou à la fatalité. Sur ce point, on ne pouvait que l’admirer. Elle était d’apparence manipulatrice, sournoise, démoniaque, excentrique mais elle était bien la seule qui s’arrêterait pour écouter un inconnu même dans ses désirs égoïstes, dût-elle y passer la nuit et sacrifier d’autres plaisirs qu’elle aurait pu s’offrir pendant ce temps là. Ils l’observèrent marcher dans ses habits d’homme. Elle était vraiment excentrique et étrange mais semblait s’en contrefoutre. Elle savait toujours où elle allait.

-Est-ce que c’est loin Strasbourg ? demanda Yuka.
-Cinq jours à pieds, deux jours en diligence, approxima Lavi.
-Paavan, ordonna sa maîtresse.

Il piaffa et s’envola dans les airs, disparaissant plus vite que l’éclair. Yuka s’assit sur un rocher, les jambes et les bras croisés.

-On a plus qu’à attendre, dit-elle.
-Ne prends pas les initiatives seule ! geigna Allen.

Il eût pour seule réponse un retroussement de nez dédaigneux de la part de Yuka. Il soupira et attendit, calé contre une barrière en bois. Ils attendirent 15 minutes avant que le volatile ne revienne. Il se posa sur le bras tendue de la femme et roucoula tandis que Yuka haussait la tête d’un air entendu.

-Tu .. Tu comprends ce qu’il dit ? demanda Allen estomaqué.
-Bien sûr. J’y arrive aussi avec toutes sortes d’autres animaux mais c’est plus facile avec Paavan. Attendez moi là.

Avant même d’avoir le temps de riposter ou même de comprendre, elle fusionna avec son innocence pour s’élancer dans les airs.

-Mais ! tenta de dire Miranda.
-C’était une sorte de fugue .. ? demanda Marie.
-Je ne sais pas, on ne sait jamais avec Mi- ! Yuka, dit Lavi, pas encore habitué au nouveau nom de la jeune femme.
-Je me demande ce qu’elle fabrique encore ! Elle est vraiment bizarre cette fille ! Tantôt elle rie aux éclats, tantôt elle est sérieuse, tantôt nostalgique, tantôt machiavélique. Rah, je ne peux vraiment pas la cerner ! ragea Allen.
-Il ne faut pas chercher à la comprendre. Elle fait tout comme elle l’entend. C’est selon son humeur et ses envies du moment, rajouta Lavi.
-Tu la connaissais bien non ? Vous étiez amis ? demanda Miranda.
-Si vous avez envie d’appeler ça comme ça … soupira le concerné.

Lavi leva les yeux au ciel, songeur, et ses camarades se demandèrent ce qui pouvait bien provoquer chez lui cette réaction mais préférèrent ne rien dire. Ils attendirent ainsi 20 minutes. Pendant ce temps là ils ruminaient, passaient le temps avec tout et n’importe jusqu’à ce qu’une diligence se dirige vers eux. Ils poussèrent des cris de joies.

-Une diligence !  s’exclama Allen.
-Mais ! Et Yuka ? demanda Miranda.
-C’est vrai qu’elle n’est  toujours pas rentrée … Et on ne sait même pas ce qu’elle est partie faire !

Un long silence s’installa.

-Komui va nous tuer …. marmonna Lavi.

La diligence s’arrêta devant eux et la porte s’ouvrit avec grand fracas pour laisser apparaître Yuka les jambes croisées, le sourire nargueur et un gros sachet de bonbons posés sur les genoux, engloutissant un par un les sucreries.

-Yuka ?! s’exclama Lavi.
-Bien, tu as retenu mon nouveau nom. Ca me rendrait presque nostalgique tiens. Bon et bien vous rentrez ou vous préférez faire le chemin à pieds ? sermonna-t-elle en esquissant un coup de tête qui incitait les exorcistes à rentrer.

Ils se pressèrent de rentrer. La diligence était très spacieuse et ils n’eurent pas de mal à tous rentrer.

-Comment as-tu pu trouver une diligence ?? Et aussi spacieuse ! s’extasia Marie.
-Oh, j’ai envoyé Paavan chercher une diligence. Sachant qu’il sait que je déteste les endroits étroits, il a trouvé cette diligence. Après tout est une question de persuasion, ajouta-t-elle avec un air narquois et un sourire démoniaque.
-Qu-Qu’est ce que tu as fait pour qu’il accepte de nous emmener jusqu’à Strasbourg … ? demanda Allen.
-Disons que j’ai usé de ma situation et de mes attributs, résuma Yuka.
-Toujours aussi explicite … marmonna Lavi. Et qu’est ce qu’on doit comprendre comme sous-entendus ?
-Oh mais rien du tout ! rétorqua hypocritement la jeune fille.

Ils s’observèrent et Lavi tourna la tête vers la fenêtre tandis que Yuka ne cessait de l’observer avec sévérité. Elle l’avait remarqué, il se comportait bizarrement. Elle tenta d’assembler les choses dans sa tête. Peut-être est-il sous le choc d’avoir découvert qu’elle était une exorciste tout comme lui ? Ou alors il ne s’attendait pas du tout à leurs retrouvailles. Mais quel crétin lui aussi ! Ils se l’étaient promis ! Ou alors … Elle avait complètement changé, elle lui faisait peur et il ne voulait plus jamais avoir affaire à elle ! C’est vrai que jusque là elle n’avait pas pensé à masquer ses sales manies et son mauvais caractère ! Elle se rendit compte alors qu’elle aurait peut être du être moi sincère et franche. De toute façon ça lui jouait toujours des tours ! Mais quelle idiote !

-Raaaaaaaaah ! râla Yuka en  se prenant la tête entre les mains et en ébouriffant ses cheveux dans un mouvement enragé. Idiote, idiote, idiote, idiote ! pesta celle-ci.

Ils la regardèrent stupéfaits et inquiétés. Allen tenta de la calmer et lorsqu’il essaya de prendre une de ses mains pour l’empêcher de s’arracher tout les cheveux, Yuka releva brutalement la tête le fixant dans les yeux avec sérieux.

-Je fais peur ? demanda-t-elle.
-Là tout de suite, plutôt … bredouilla Allen.
-Je le savais ! s’exclama-t-elle en geignant et se laissant aller sur le mur de la diligence.

Elle regardait le sol, les yeux vides de vie et l’air abattu. En face d’elle, Lavi la regardait perplexe. Ses changements radicaux d’humeur étaient terrifiants.

-Euh Yuka ? apostropha Lavi.

Tout à coup celle-ci leva brutalement la tête comme si elle avait guetté ces paroles depuis des lustres. Elle le fixait avec ces yeux remplis d’espoir ce qui le mit plutôt mal à l’aise.

-Hum… dit-il gêné, en retournant à sa contemplation du paysage.

La tête de Yuka se décrocha de ses épaules pour pendouiller piteusement dans le vide dans un élan d’espoir non comblé.

-Ah ! Yukaaa ! s’exclamèrent les autres. Lavi ! C’était quoi ce « Hum » à deux balles ! T’aurais pas pu trouver mieux ?!
-Rah, la ferme ! pesta-t-il cramoisi.

Un étonnement parcourut la diligence.

-Ooh … Il rougit … conclu Miranda.
-Pas du tout ! riposta le concerné.

Yuka pour la énième fois releva la tête avec espoir et remarqua elle aussi l’étrange couleur qu’avaient prises les joues de son ami d’enfance. Elle laissa échapper un petit « Oooh ! » d’étonnement avant que Lavi ne recommence à défendre son cas.

-Je ne rougis pas ! Il … Il fait chaud, dit-il.
-C’est nul comme excuse, répondit Miranda.
-Ah mais vous m’énervez !

Yuka se leva avec brutalité en levant le poing et en se cognant au passage au plafond de la diligence.

-J’ai décidé que je pourrais vivre jusqu’à 100 ans ! s’écria-t-elle triomphante avant de se rassoir avec le même empressement et ne quitta plus son sourire victorieux, jubilant sur place.
-De quoi ? dirent les quatre autres exorcistes en chœur d’un ton sec.

Mais Yuka ne répondit rien semblant s’être enfermée dans sa satisfaction. Ils soupirèrent et laissèrent passer le temps.
Ils arrivèrent enfin à Strasbourg où attendaient Lenalee, Krory et Kanda. Ils les rejoignirent.

-Yûûû ! s’exclama Lavi en s’élançant sur le plus froid d’entre eux qui sortit en un éclair son katana le pointant sur Lavi.
-Ne m’appelle plus jamais comme ça, siffla-t-il en insistant sur le jamais.
-Oh il s’appelle Yû ? demanda Yuka. Ah ça commence comme mon prénom ! s’exclama-t-elle. Ca donne YukaYû ! Ou YûYuka !

Yû pointa sur la nouvelle recrue son katana d’un air plus menaçant que jamais.

-Un mot de plus et je te tranche en rondelles ! grogna-t-il.

Yuka rit joyeusement ce qui eut pour conséquence d’énerver encore plus son interlocuteur qui appuya son arme sur sa joue. Elle arrêta de rire mais continua de sourire moqueusement. Il finit par retirer son sabre pour lui envoyer un dernier regard dédaigneux.

-Tss ! siffla-t-il.

Lavi et Yuka se tapèrent dans la main dans leur complicité retrouvée. Ils avaient toujours fait les 400 coups ensemble. Leur nouvelle diablerie qui leur attirait les foudres de Kanda les amusaient plus que ne les inquiétaient. Ils se sourirent avec sournoiserie. Yuka était rassurée, c’était redevenu exactement comme avant. Yuka observa la jeune fille aux longs cheveux coiffés en couettes.

-Tu ne serais pas Lenalee par hasard ? demanda-t-elle.

L’autre se retourna étonnée.

-Tu connais mon prénom ? répondit-elle.
-Allen m’a dit que j’avais à peu près les mêmes capacités que toi, rétorqua-t-elle. Enchantée, continua-t-elle en lui tendant la main, une lueur de défi ayant allumé ses prunelles.

Lenalee lui serra la main un peu déconcertée. Yuka pointa Krory d’un mouvement de tête.

-Et comment il s’appelle lui ? demanda-t-elle en esquissant un sourire.
-Krory. Il est aussi un exorciste. Il est symbiotique et son innocence se trouve dans ses dents, expliqua-t-elle. Oh ! Mais peut-être que tu ne sais pas ce que sont les différents types d’innocence, désolée… s’excusa-t-elle.
-Oh ne t’inquiètes pas pour ça, je sais pas mal sur les innocences !

Lenalee la regarda étonnée. Finalement le train du partir et Yuka fit un signe avec la main pour leur dire au revoir. Les quatres exorcistes restant sur le quai reprirent leur route vers le QG en cherchant un train pour s’y rendre.

Ils s’étaient encore égarés. Yuka et Lavi étaient partis en reconnaissance pour trouver un endroit où ils pourraient leur trouver quelques vivres. Mais les deux compères ne semblaient pas très assidus à la tâche. Des éclats de rire se faisaient entendre. Les deux amis d’enfance se chamaillaient et Lavi s’était attaqué au point faible de la jeune femme. Les chatouilles. Celle-ci se tordait en pleurant de rire.

-Pitié arrête, non ! Lavi ! Mais arrête ! Bon sang ! Ah ! Mais stop, je vais m’étouffer à force de rire ! se défendait celle-ci.

Elle tenta de riposter et se débattit. Dans la bataille elle fit tomber le sac de Lavi. De nombreuses affaires s’éparpillèrent sur le sol.

-Ah bah t’es maline toi ! s’exclama le rouquin en plaisantant.
-Ca va ! C’est que des affaires par terre !

La jeune fille s’agenouilla en souriant et ramassa les affaires du dernier. En l’occurrence beaucoup de livres. Elle en saisit un en particulier. Un calepin. Un sourire plaisantin se dessina sur ses lèvres.

-On a tenu notre promesse, plaisanta-t-elle en montrant le bouquin pendant que Lavi rougit un peu face à sa découverte. Tu l’as gardé alors, constata-t-elle.
-Oui, répondit-il un peu embarassé.

L’indienne savait bien ce qu’était un Bookman. Son savoir vorace lui avait fait découvrir pendant la longue absence de son ami. Elle savait également qu’ils n’avaient pas le droit d’être amis en dehors de ce genre de moments privilégiés. La jeune fille s’approcha de Lavi et déposa un bref baiser sur ses lèvres.

-Mina ! Tu sais que je ne peux pas ! s’exclama-t-il, encore plus embarassé.

Celle-ci sourit autant par le fait qu’il se mette à rougir que pour le fait qu’il l’ai appelé Mina. Elle lui fit un clin d’œil.

-Je suis une voleuse. Je ne peux pas m’empêcher de voler des baisers, plaisanta-t-elle à moitié en repartant droit devant.

Il sourit en retour et la suivit.

-C’est vrai. J’avais presque oublié.

Cela faisait des jours et des jours qu’ils erraient dans cet immense pays qu’était la Chine. Leur seul repère étant Lenalee qui en était originaire. Lorsqu’ils aperçurent enfin se dessiner les portes de leur capitale, Pékin. Allen laissa échapper un cri de soulagement !

-Enfin !
-Je suis déjà allée à Pékin et je sais comment aller à la demeure des Qing, ajouta Lenalee. A partir de là ça devient simple ! s’exclama-t-elle avec le même allègement qu’Allen.
-Alors c’est ça Pékin ? demanda Krory que tout semblait extasier.

Kanda partit devant sans prendre la peine de les écouter.

-Ah ! Attends nous Kanda ! reprit Lenalee en lui courant après.

Pékin était une ville aussi agitée que Paris mais peut-être plus chaleureuse. A  Paris tout le monde semble s’enfermer dans leur bonnes manières. Ici les vieillards avaient le visage sage, les enfants le rire accueillant et les adultes le sourire libre. Allen sourit à la vue de tout ce monde bienheureux. Lenalee les guida parmi les boutiques, s’arrêtant parfois pour acheter quelques ravitaillements et gâteries qui lui rappelaient celles qu’elle mangeait petite. Ils finirent par arriver devant les gigantesques portes de leur demeure. Elles étaient imposantes et terrifiantes. Lorsqu’ils se présentèrent comme exorcistes de l’ombre, les gardes les laissèrent entrer. Le jardin était magnifique. Il était époustouflant et d’une beauté trop rare surtout un coin isolé qu’Allen remarqua. Il nota aussi qu’une boîte de couture et des bouts de tissus étaient éparpillé un peu partout dans ce petit endroit. Ils rentrèrent dans la gigantesque demeure et attendirent dans le hall.

-Ca fait bientôt 30 minutes qu’on attend, geignit Allen. Ce ne sont pas vraiment des gentlemen tes Qing, rouspéta-t-il à l’encontre de Lenalee.
-Ils doivent avoir un empêchement, normalement ils ne font pas autant patienter des invités, rétorqua l’intéressée.
-Moi je propose qu’on monte voir ! s’exclama Allen.
-Moi aussi ! suivit Krory.
-Mais non ! On ne peut pas ! sermonna Lenalee.
-Oh on s’en fiche ! dit Allen .

Finalement Allen obtînt la majorité des votes à la grande peine de Lenalee qui n’avait pas réussi à obtenir le vote de Kanda qui était resté neutre dans tout ça. Ils serpentèrent les couloirs. Cette maison était immense. Soudain ils attendirent des voix venant d’en haut.

-Mademoiselle ! Il faut que vous alliez voir les exorcistes c’est la volonté de votre père ! Cessez donc de courir ainsi ! Mademoiselle ! Revenez !  s’écriai un garde.
-Jamais ! poussa une voix essoufflée. Et arrêtez de me parler d’innocence et d’exorcisme ! Je ne veux pas de toutes ces choses ! J’ordonne qu’on me l’enlève ! Arrêtez de me faire toutes ces choses ! Laissez moi vivre normalement !
-Mademoiselle !
-Lâchez moi ! clama de nouveau la voix un peu aigüe de ce qui semblait être une jeune fille de leur âge.

Ils attendirent des râlements et des pas descendant avec empressement les escaliers juste en face d’eux. Ils aperçurent enfin la silhouette d’une jeune fille d’une extrême beauté courant d’une course effrénée oubliant même de noter la présence des exorcistes trop aveuglée par sa fuite. Ses longs cheveux blonds ondulés descendaient en cascade sur ses épaules et sa poitrine et ses yeux d’un vert émeraude étaient tétanisés par une peur dont ils ne connaissaient pas encore la cause. La jeune fille percuta de plein fouet Allen qui tomba à la renverse et, dans leur chute, dévalèrent les escaliers juste à côté qui descendaient dans des endroits inconnus. Les trois exorcistes restants entendirent des cris descendre les marches en même temps que leur camarade et la jeune femme. Le garde arriva essoufflé.

-Excusez moi, n’auriez vous pas vu une jeune femme descendre par ici ? haleta-t-il.
-Oui elle est- ! tenta de dire Krory, coupé par Lenalee.
-Elle est partie par là, annonça Lenalee avec un ton solennel.
-Merci beaucoup ! s’exclama le garde en s’élançant vers la fausse direction que lui avait désigné Lenalee.

Lorsqu’il fut parti, Krory interrogea sa co-équipière.

-Pourquoi est ce que tu lui a montré la mauvaise direction ? sermonna-t-il.
-Tu as tout aussi bien que moi entendu leur conversation et vu les yeux terrifiés qu’elle avait. Je ne pense pas que ça aurait été une bonne idée de le laisser la retrouver.

Krory marqua un temps de réflexion.

-Tu as raison … Et as-tu une idée de ce qu’il se trouve en bas ? demanda-t-il.
-Aucune … dit Lenalee inquiète.

Au sous-sol la fugitive était étalée sur le sol dur et froid, Allen allongé sur elle, tout deux maintenus au sol par une lourde armure de guerrier qui, dans la bousculade, était tombés sur les deux personnes. Lorsqu’ils découvrirent leur posture, les joues d’Allen virèrent au rouge écarlate et l’autre poussa un cri. Mais aucun des deux ne pouvaient bouger à cause de l’armure.

-Lève toi ! Ne reste pas coller à moi comme ça ! geigna la jeune fille en se débattant.
-Mais je ne peux pas c’est trop lourd ! répondit Allen, toujours aussi rouge.

Son interlocutrice prit aussi un teint cramoisi et ils s’observèrent gênés avant d’essayer de pousser l’armure qui les maintenaient prisonniers contre le sol. Après maints efforts, Allen finit par réussir à faire balancer l’armure sur le côté. Mais ce n’était que le début de leurs peines.

-Regardez c’est la princesse … murmura une voix terrifiante depuis le couloir noir.
-Princesse ?! s’étouffa Allen.

La princesse hocha la tête, terrifiée.

-Mince…. se plaignit-elle.
-Quoi ? s’inquiéta Allen.
-On est dans les oubliettes… lâcha-t-elle. Ce sont tout les gens que mon père a oublié. Les gardes évitent de s’y aventurer car à cause de leur isolement et des très mauvaises conditions ils tournent tous mal… Très mal, ajouta-t-elle.

Avant même de pouvoir se lever, ils se firent empoigner la cheville par une main qui semblait sortir de nulle part. La princesse hurla.

-La princesse, c’est la princesse.. ! répétaient des voix tintés de sadisme.
-Fais nous sortir d’ici princesse ! Tu le peux non ?! s’exclamai une autre voix animée par la rage.
-Princesse, princesse, princesse, princesse…. susurraient toutes les voix autour d’elle.

Un commentaire sur “D.GRAY-MAN ==> Chapitre 6 <== La terreur d’une princesse en cage”

  1. solène dit :

    Ma Shizuka entre enfin en scène ;D
    T’escrit vraiment rès bien , bisous (l)(l)

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