D.GRAY-MAN ==>Chapitre 1 <== Celle qui dansait sur l’air

Dans le brouhaha ambiant, quatre personnes en combinaisons noires et blanches arborant une rosaire tentaient de se frayer un chemin dans la foule. On était dimanche et c’était le jour du marché. La foule était donc abondante dans les rues de Paris. Les stands présentaient des produits frais, des fruits, de la viande à souhait. La seule femme du petit groupe semblait plutôt maladroite et ne cessait de se perdre au milieu de toutes ces personnes habituées à tout ce rassemblement.

-E-Excusez moi ! S’il vous plaît ! s’exclamait la jeune femme en battant des bras.

Certaines personnes polies se poussaient gentiment, mais ce n’était pas le cas de tout le monde. Et après avoir poussée un peu plus qu’elle ne l’avais voulu un homme à forte carrure, celui-ci se retira violemment et elle tomba en avant dans sa force mal contrôlée, percutant au passage une jeune fille qui devait tout juste approcher les 17-18 ans. Tombant sur la fille cachée d’une longue cape à capuche lui tombant sur les yeux, la femme s’excusa maintes et une fois tandis que a fille à capuche se releva, réajustant sa capuche comme pour se rassurer qu’on ne voyait pas son visage.

-Miranda tu devrais faire plus attention ! dit un homme portant une sorte de casque sur les oreilles.
-Est-ce que ca va ? demanda un autre homme aux cheveux roux, pas plus âgée que la jeune fille percutée.

La concernée sourit et leur adressa un signe de main qui signifiait que ça ne faisait rien. Un gros homme arriva jusqu’à eux et tenta de saisir le bras de la fille, qui était déjà repartie dans sa course.

-Hé ! Voleuse ! Rattrapez-la ! s’égosillai le bonhomme en agitant sa main en l’air, le poing refermé.

Des passants aidèrent le marchand à attraper la gamine, et une fois celle-ci contrôlée elle murmura quelques mots indéchiffrables aussi bien pour les personnes trop occupée à la maintenir que pour les exorcistes qui regardaient la scène avec un certain étonnement. Soudain la fillette se propulsa dans les airs et disparut derrière des bâtiments.

-Ah la sale gosse ! s’exclama le vendeur, furieux.
-Ca en fait des prodiges les gosses de notre âge ! remarqua éberlué un homme.
-Je ne te le fais pas dire ! Enfin, on ne la retrouvera pas facilement.
-Laisse tomber Marcel, tu retrouveras pas tes pommes.
-Tss, grogna le gros bonhomme.

Pendant ce temps les exorcistes n’en revenaient toujours pas.

-Alors ça c’était tout sauf normal ! s’exclama le rouquin.
-Lavi a raison. Ca cache quelque chose, dit calmement l’homme au casque.
-Sûrement l’innocence. Miranda, est ce que tu as remarqué quelque chose chez elle ? Une particularité qui pourrait nous aider à la retrouver ? demanda un jeune à la tignasse blanche.
-Euh .. Eh bien… C’est que …. Enfin … Elle était brune … Je crois. Avec un teint plutôt bronzé … Et … Je n’ai pas pu voir beaucoup elle avait une grande cape et je ne pensais pas trop à l’analyser sur le moment ! Et ! s’interrompit Miranda remarquant que ses camarades affichaient une mine démontrant qu’ils s’y attendaient.

La mine de Miranda se décomposa et les larmes lui montèrent aux yeux.

-Ah ! Je suis désolée ! Encore une fois je n’ai servie à rien ! Je m’excuse ! Je suis une abrutiiie ! Désolééééé ! s’écria-t-elle tout en se dirigeant le plus loin possible en pleurant.
-Ah ! Surveillez tout les lacs où elle pourrait se jeter, tout les bâtiments d’où elle pourrait sauter ou les endroits où elle trouverait quelque chose de tranchant ! s’exclama le gosse aux cheveux blancs.

Tous partirent en courant. Au bout de 30 minutes de course poursuite après Miranda, ils revinrent à leur point de départ. On approchait les 17h et Komui les avait informés de se présenter à une réception chez une grande famille bourgeoise qui les aiderait peut être à en savoir un peu plus sur les phénomènes étranges qui se produisait aux alentours de Paris.

-On a pas le temps de partir à sa recherche, bougonna Lavi.
-On aura qu’a tenter d’en apprendre un peu plus à la réception de ce soir.
-Je ne suis pas sûr qu’ils sachent grand-chose sur une voleuse de pommes du dimanche, expliqua stoïquement le mystérieux homme au casque.

Un long silence parcourut les quatre jeunes gens.

-C’est de ma faute j’aurais dû mieux la regarder ! gémit Miranda, reprenant ses lamentations.

Le plus jeune mit une claque derrière la tête de la jeune femme, tentant ainsi de la ramener à la raison.

-Calme toi Miranda ! Tu n’as pas pu apercevoir grand-chose, soit. On ne va pas s’éterniser dessus quand même ! dit celui-ci, affichant tout de même un sourire réconfortant.
-Ah, désolé Allen. Je ferai de mon mieux pour la retrouver ! s’exclama Miranda, la tristesse s’étant soudainement transformée en une dévorante obstination, des flammes animant presque les prunelles de ses yeux.
-Euh, d’accord … Si tu veux … répondit Lavi, secouant la main dans un geste qu’on traduisait généralement de « Mais oui, Mais oui ».

La réception était somptueuse. Un grand nombre de bourgeois s’était rassemblé ici pour danser et se laisser aller à la folie de la nuit. Sur le côté, les exorcistes regardaient avec envie et inquiétude.

-Je ne me sens pas tellement dans mon élément … lâcha Miranda, exprimant l’inquiétude qui se lisait chez  les quatre exorcistes.
-Moi non plus … répondit le plus grand des quatre.
-Allons, Miranda et Marie ! On a qu’a danser, parler et voilà ! rétorqua Allen.
-Bah vas-y lance toi Allen, on attend que ça, dis Lavi.

Tout à coup, seul la musique remplissait la conversation. Plus personne ne disait mot chez les exorcistes. Allen se crispa.

-C’est-à-dire … Que je ne sais pas vraiment danser.
-Alors aucun de nous n’est vraiment doué pour la danse ?! s’exclama Miranda, horrifiée.
-Moi je me débrouille mais je n’ai franchement pas envie de danser seul, répliqua Lavi.
-C’est vrai qu’on y avait pas penser… dis Marie.

Tous se regardèrent un air de défi dans les yeux. Et soudain, agitèrent les mains dans le vide devant eux.

-Celui qui gagne au chifumi danse avec Miranda ! s’exclamèrent-ils.
-Eh ?! s’étonna Miranda, pas vraiment habituée à ce genre de situation.

Une grande dame trop maquillée les abordèrent en plein milieu de leur chifumi. Elle leur sourit de ce sourire préfabriqué.

-Bonsoir, vous êtes les jeunes gens envoyés par la Congrégation ?
-Oui en effet, répondit Marie.
-Et vous êtes ? demanda Miranda.
-Ah ! Excusez moi, j’avais presque oubliée de me présenter ! Madame Fukari. Je suis celle qui a organisée cette réception.

Les exorcistes lui sourirent, gênés de ne pas s’en être rendus compte plus tôt.

-J’aurais bien voulu vous présenter le reste de la famille mais mon mari est d’humeur à la danse et je crains que ma fille ne daigne se présenter à cette réception comme à son habitude, soupira la dame.
-Elle n’aime pas les réceptions ? demanda Miranda, étonnée qu’on ne puisse pas aimer ça.
-Elle considère ça comme une chose inutile juste bonne à arborer sa richesse au grand public.
-Oh … dit Miranda, qui arrivait à comprendre son avis d’un certain point de vue.

Soudain, les lumières baissèrent et se focalisèrent sur le haut de l’escalier.

-Tiens ? s’étonna Madame Fukari.

Une jeune fille aux longs cheveux bruns légèrement ondulés apparut sous le halo de lumière. Des murmures et quelques exclamations s’échappèrent de la bouche des invités.

-Ca alors ! Elle est venue ? s’effarait la dame, de plus en plus étonnée.
-C’est votre fille ? demanda Marie.
-Oui… Oui, c’est elle.

La fille de la Dame Fukari était d’une beauté à couper le souffle. C’était sans compter le sourire qu’elle adressa aux invités qui ne purent s’empêcher de lancer quelques phrases comme « Quelle beauté ! » ou « La nature l’a bien gâtée ! ». Elle avait un teint hâlé, des yeux d’un violet profond. De petites mains, des gestes élégants mais trompés par un trop plein d’énergie, rendant le tout presque attendrissant. Sa robe était d’un rose nacré et de noir. Elle descendit lentement les escaliers par souci d’image, car l’on voyait bien à sa façon de marcher ou à ses gestes qu’elle n’avait qu’une envie, et c’était de descendre ces marches en sautant. Avant de descendre les quelques marches restantes, elle se stoppa net et parcourut des yeux l’assistance. Son regard se stoppa sur un endroit qu’on ne pouvait vraiment définir dans l’immensité de la salle. La surprise traversa son regard, puis du soulagement.

-Qu’est ce qu’elle est belle … s’émerveilla Miranda.
-Oui. Le plus rageant c’est qu’elle n’entretient pas vraiment toute cette beauté. C’est naturel. De quoi vous fâcher avec Dame Nature pour le restant de vos jours.
-Effectivement, murmura presque Allen.

Elle finit de descendre les quelques marches en sautillant tel un petit oiseau. A croire qu’elle dansait sur l’air. Elle avança tout comme elle avait descendue l’escalier et les bourgeois se poussèrent à son passage. Elle leur adressa un sourire, qui en fit vaciller plus d’un.  Elle marcha jusqu’à sa mère et les quatre exorcistes.

-Bonsoir, lâcha-t-elle, prononçant son premier mot de la soirée.

Elle s’inclina légèrement.

-Bonsoir, Mademoiselle.. ? interrogea Marie.
-Yuka. Yuka Fukari, répondit-elle dans ce même sourire qu’elle affichait depuis le début de la soirée.

Elle se tourna vers Lavi et tendit la main. Elle afficha un sourire espiègle.

-Me feriez vous l’honneur de danser avec moi ? dit-elle, amusée.
-Voyons Yuka ! Ce n’est pas à la femme de demander si l’homme veut danser avec elle ! gronda sa mère.
-Oh, Mère, c’est bon ! Que je sache ça ne fera pas scandale ! s’exclama la jeune fille avec une pointe d’agacement.
-Oh que si … soupira la dame, aussi énervée que sa fille.

Yuka saisit la main de Lavi et se dirigea vers le centre de la piste de danse, la musique retentant de nouveau. Elle se planta là, regardant le rouquin comme on regarderait un cadeau de Noël qu’on attendait depuis des années.
De son côté, Allen n’en revenait toujours pas. Que cette fille ai choisi parmi les centaines de personnes présentes ici, Lavi. Il n’arrivait toujours pas à le comprendre. En attendant, Marie partit avec Miranda sur la piste de danse.

-Bon et bien je te laisse Allen, bonne chance pour trouver une cavalière, dit Marie tout en s’éloignant sur la piste de danse.
-Hein ? Oh ! Attends ! Hé mais non c’est injuste ! s’exclama le pauvre Allen.

Il se laissa aller sur le divan, maudissant les bals et répandant des ondes négatives tout autour de lui. La dame Fukari était elle allée tenir compagnie à de riches et puissants bourgeois. Il broya du noir pendant de bonnes et longues minutes, puis décida de prendre l’air, n’ayant envie de danser avec aucune de toutes ces grandes dames aux alentours qui le dépassait toutes largement en taille et en âge.
La musique était interminable et les pas de danse devenaient de plus en plus compliqués. Yuka fit une moue de désapprobation.

-Qu’est ce qu’il y a ? se risqua à demander Lavi.
-Je n’y connais rien en danse. Je pourrais même dire que je déteste. Je m’emmêle toujours les pieds, soupira Yuka.
-Pourquoi m’as-tu invité à danser alors ? l’interrogea-t-il, perplexe.
-Parce qu’il fallait bien que je trouve un moyen de t’approcher, sombre idiot ! s’exclama-t-elle comme si c’était une évidence. Ce qui bien sûr n’était une évidence seulement pour elle.

Le jeune homme la regarda éberlué. Il ne s’attendait pas vraiment à ça.

-Euh … Et pourquoi ?

Elle s’arrêta et le regarda étonnée.

-Tu ne te souviens pas de moi ? s’étonna-t-elle.

Lavi resta un instant perplexe, se demandant si il valait mieux lui dire qu’il ne se souvenait vraiment pas d’elle ou non. La vérité l’emporta.

-Eh bien non… lâcha-t-il.

Elle le regarda consterné.

-Toujours aussi bête. Et après ça dit avoir une bonne mémoire ! Et moi je suis fille de poissonnier aussi peut etre ! Tu me déçois Bookman Junior, dit-elle entre la consternation et l’humour.

Il n’en revînt pas. Comment pouvait-elle savoir qu’il était un Bookman ?! Il la regarda fixement comme pour tenter de se souvenir de quelque chose, trop enfouie pour revenir à la surface. Voyant qu’il tentait de rafraîchir sa mémoire, la jeune fille tenta de l’aider.

-L’Inde, dit-elle.
-Hein ?
-En Inde. On s’est rencontrés en Inde, soupira-t-elle toujours plus déçue par sa mémoire.

Soudain, tout lui revînt.

-Ah ! Mina ?! s’étonna-t-il.

Le visage de Yuka s’illumina.

-Ah ça y est tu te souviens ! s’exclama-t-elle.
-Mais tu ne ressembles plus trop à Mina … Et pourquoi tu n’as plus le même prénom ?
-Parce que j’ai été adoptée. Ma mère n’arrivait pas à faire d’enfants. Alors ils m’ont adopté à l’âge de 9 ans.
-Ca n’explique pas pourquoi tu as changé de prénom.
-Bien que ça n’en ai pas vraiment la sonorité, Mina est un prénom hindou. Ils m’ont choisi un prénom asiatique tout de même, mais ils ne voulaient pas que le fait que je sois indienne se sache. Ils préféraient mettre ça sur l’adoption d’une fillette dont un frère à mon père ne voulait plus. Mon père étant japonais, il leur fallait que je porte un prénom japonais. Alors maintenant je m’appelle Yuka. Vu que j’ai une tête penchant plus vers l’asiatique ils ne pouvaient pas dire que je venais d’une sœur ou un frère à ma mère.

Lavi tenta de tout assimiler, ce qu’il parvînt tant bien que mal à faire.

-Alors… Tu es vraiment Mina ? demanda-t-il.
-Bah oui ! s’agaça quelque peu Yuka. J’ai quand même gardé la même tête tu sais ! s’exclama-t-elle en tirant sur ses joues ou en les tapotant. C’est pourtant la même tête ! dit-elle perplexe, comme si maintenant elle doutait de la véracité de ses propos.

Il étouffa un rire et elle le regarda, incompréhensive.

-Quoi ? Qu’est ce qui te fais rire ? bougonna-t-elle.
-Tu es bien Mina. Pas photo, rigola-t-il.

Elle sourit. La musique s’arrêta et 1 heure du matin sonna.

-Hm ? Si tard. Rah … Je vais me faire taper dessus par Gisèle moi. Enfin, je pense qu’elle m’excusera. Après tout pour une fois que je me pointe à un de ces fichus bals, expliqua Yuka, pour en même temps se convaincre elle-même qu’elle ne sera pas sermonner.

Elle se tourna vers l’exorciste et l’embrassa sur la joue pour repartir en lui laissant un clin d’œil. Elle disparût dans la foule, tel un fantôme. Comme lui avait disparu dix ans plus tôt.

Un commentaire sur “D.GRAY-MAN ==>Chapitre 1 <== Celle qui dansait sur l’air”

  1. Solene dit :

    Tessa t’ecris vraiment super bien :) je t’aime fort fort (l)(l)(l)
    Tu me manque :)

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