Archive pour septembre 2011

C’était salement romantique

Samedi 10 septembre 2011

Une chanson, des photos. C’est tout ce que tu m’as laissé. C’est tout ce que j’ai. Des notes sur un piano, ton visage dans les journaux.

« Tu es plus facile à faire qu’à comprendre et tomber, je n’ai pas pu te prendre »

Madrid.

Et pourtant j’aurais essayé. Si tu savais comme j’ai essayé. Mais tu t’es toujours envolé en me laissant à terre, désespérée. J’aurais aimé être celle à qui tu ouvres ton cœur tu sais, la seule, celle sur qui tu poserais ta tête fatiguée. Et la chaleur brûlante du soleil d’Espagne me fait mal. C’est toute celle que j’attendais de toi, celle que je n’ai jamais eu, qui n’a jamais tendrement enroulée ses bras autour de moi.

« Partir trop loin de toi, j’ai voulu te manquer à tes yeux feindre d’exister »

Londres.

Qu’est ce que ça te fais ? De ne plus me voir sur le seuil de ton palier, les yeux pleins d’espoir, en espérant que tu me témoignes l’affection dont je manquais terriblement ? Tu sais je t’ai vu à la télé. Ton image dans cette boîte noire était plus présente que toi. Elle est ce fantôme qui me nargue, qui me rappelle ton absence. Je sais je l’ai cherché. Mais que voulais-tu ? J’ai pensé que m’éloigner te pousserais à me chercher. La naïveté n’est qu’un de mes nombreux défauts.

« Et au sud de mes peines, j’ai volé loin de toi, pour couvrir mon cœur d’une cire plus noire que tous les regards lancés à mon égard »

Berlin.

Combien j’ai pleuré. J’ai pleuré. Tout ce que je pouvais. Est-ce que tu le savais ? Oui, tu le savais. Tu savais tout de moi. A qui tes regards dédaigneux étaient-t-ils adressés ? Moi ou mes larmes ? Je t’aimais tu sais.

« J’ai tenté de voler loin de toi. J’ai tenté de voler loin de toi »

Rome.

J’aurais tout tenté. Je suis partie. Pour toi j’ai tout lâché. Pour t’oublier j’ai tout laissé. Je suis condamnée à observer les italiens chanter leur hymne au bonheur tandis que mon cœur s’obscurcit de jour en jour de ton absence. Comme ils ont l’air heureux. Aurais-tu aimé être heureux comme ça avec moi ? Tu n’as jamais rien voulu de moi. Seulement mon corps dans ton lit, de la chaleur à sens unique. Tu es ce couteau qui me déchire la poitrine et tu ne le sais même pas, tu ne veux même pas te rendre compte. Mais à voler de capitale en capitale, il se pourrait que je m’en aille.
Pas que ça t’importe.

« Tu fus plus facile à suivre dans la ville qui devint notre plus grande fuite »

Moscou.

Tu te rappelles du tournage de ce nouveau film où tu apparais ? Celui qui t’as mené aux Golden Globes et aux Emmy Awards. Celui où tu m’as emmenée avec toi. C’était ici, tu te souviens ? Dans le froid mordant d’un Moscou en plein hiver. Après ton appel, j’avais sauté de joie dans tout mon pitoyable appartement, pensant que j’avais mon semblant d’importance à tes yeux. Je t’ai suivi. Moscou était devenue ma ville idyllique, celle de notre plus grande fuite. Tu tournais toute la journée et bêtement le soir je t’attendais. Tu me faisais l’amour, tu dormais, tu repartais. J’avais appris par cœur la mélodie qui avait bercé tout mon hiver cet année là. Naïvement, je pensais que j’étais celle que tu voulais à tes côtés pour le restant de tes jours. L’amour rend aveugle n’est ce pas ?

« Et moi, étendue dans ce lit, je contemple ce que je t’ai donné de ma vie »

Tokyo.

Par la fenêtre, j’observe les voitures filer droit devant elles. C’est une succession de petites boules lumineuses dans le noir de la nuit. Personne ne manque à son devoir, elles vont droit devant elles, sans jamais dévier, comme notre relation. Elle était cette longue ligne droite de boules lumineuses. Mais dans un couple, les lignes droites ne sont jamais de bonnes augures. J’aurais au moins appris ça, de toi et moi. Sans accident, les relations sont vouées à l’échec car il n’y aura jamais eu de sentiment. Tu m’auras pris beaucoup de choses. Des parties vitales même. Mais garde-les. Je n’ai plus besoin de ton souvenir. J’apprendrais à voler sans toi à mes côtés.

« Et au sud de mes peines j’ai volé loin de toi, pour couvrir mon cœur d’une cire plus noire que tous les regards lancés à mon égard »

New York.

Ton visage recouvre les journaux. Mon indifférence à ça me fait sourire. Ton sourire ne me fait plus pleurer, tes yeux ne m’assassine plus, ta voix à la télé ne me perce plus le cœur. J’ai appris à voler et tu n’es plus là pour me retenir au sol.

« J’ai tenté de voler loin de toi, j’ai tenté de voler loin de toi »

Paris.

Alors maintenant regarde prendre mon envol.

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Les paroles en italique viennent de la chanson « C’était salement romantique » de Coeur de Pirate.