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D.GRAY-MAN ==> Chapitre 4 <== La gamine aux livres

Mardi 16 novembre 2010

-C’était il y a 10 ans, j’étais parti en Inde avec mon vieux, expliqua Lavi. Je l’ai rencontrée là-bas. J’avais faim et j’avais trouvé un grand panier de fruit dans une tente déserte, je ne m’étais pas vraiment posé de questions et j’ai tout mangé, enfin presque tout … poursuivit-il un peu gêné.
-Oh … Alors c’est de là qu’est venu votre dispute sur ce fameux « butin », soupira Allen.
-Euh, oui en effet. Sauf qu’elle est revenue avant que je ne finisse le panier, j’ai été pris la main dans le sac …

-Hé ! Qu’est ce que tu fais pauvre crétin ?! criait une petite fille à la chevelure courte et en bataille, habillée de reliques usées.

Le garçon sursauta en laissant échapper un cri de surprise. La fillette s’approcha du panier où ne restait plus que 3 pommes, 2 bananes et 5 prunes.

-Sale … ! se retint d’injurier la gamine en empoignant l’autre et le soulevant de terre. T’as même pas laissé l’ananas sombre crétin ! Tu sais que c’est dur à voler ces trucs ?!?! s’énerva-t-elle.
-Wah ! D-Désolé ! Je savais pas que c’était à toi ! s’exclama l’autre, battant des jambes dans le vide et tentant de trouver un quelconque échappatoire possible.
-Mais faut pas être aveugle non plus ! Quel idiot laisserait un gros panier de fruit à la gourmandise de n’importe quel imbécile qui aurait faim ! pesta la petite fille au fort caractère.
-Mais ! essaya de se justifier l’autre dans une tentative vaine, avant d’être envoyé contre le mur d’en face.
-Y a pas de mais abruti fini ! cria la fillette énervée.

La bataille dura une bonne demi heure et finalement les deux enfants se retrouvèrent assis sous la tente, le garçon regardant la fille manger le reste de son butin devenu bien maigre. Il tenta de piquer une prune mais l’autre lui claqua la main sans même détourner le regard de son fruit. Il se mit à bouder.

-Pourquoi tu tiens tant à tes fruits ? bougonna-t-il.
-Parce que c’est la seule chose que j’ai à manger. Si tu ne l’avais peut être pas encore remarqué je suis une pauvre orpheline voleuse.
-Tu n’as pas de parents ?
-Non.
-Tu ne sais pas qui ils sont ?
-Non.
-Tu n’as pas envie de savoir qui c’est ?
-Non.
-Ah … soupira l’autre dans son quasi monologue.

Un silence s’installa entre eux deux. La fillette dévorait sa prune comme si c’était quelque chose de précieux.

-Et comment tu t’appelles ? demanda-t-il.
-Mina, répondit-elle.
-Oh. C’est là que tu habites ?
-Plus ou moins. Tu es un orphelin toi aussi ?
-Non, j’attends que mon vieux me retrouve.
-Ca t’amuse ou quoi ?
-Ouais ! répondit-il dans un grand sourire.

Mina l’observa perplexe, le scrutant tel un extraterrestre. Finalement elle détourna le regard en soupirant.

-Franchement … murmura-t-elle.

« Comment peut-on essayer d’éviter quelqu’un qui nous cherche quand d’autres attendent désespérément qu’une illusion vienne les chercher » pensa la jeune fille.
Finalement le « vieux » vînt récupérer le garçonnet de 8 ans, mais leur visites se répétèrent tout les jours. Un jour, deux semaines après leur rencontre, la fillette revînt avec un grand oiseau multicolore et un gros livre sous le bras. Le garçon l’interrogea du regard.

-L’oiseau m’a suivie, expliqua-t-elle.
-Ah, et le livre c’est quoi ?
-Mon butin. J’ai appris à lire presque aussi vite que de marcher. Alors je les vole. Si tu savais tout ce qu’ils renferment ! s’émerveilla Mina. D’ailleurs j’en est toute une ribambelle. Je veux bien te le montrer mais seulement à toi ! Même pas à ton « vieux », enchaîna-t-elle.
-D’accord.
-Jure moi que tu ne montreras jamais la cachette. Bon encore que tu parles de ce que tu y lis à ton vieux m’importe peu, mais je ne veux pas qu’on me reprenne mes bouquins, expliqua-t-elle en suivant.
-Je le jure, répondit-il.
-Bien !

Elle saisit la main de son nouvel ami et l’entraîna hors de la ville où la végétation allait bon train. L’oiseau les accompagnèrent.  Ils s’enfoncèrent dans la forêt. La fillette semblait connaître chaque arbre par cœur, chaque sentier lui était familier, elle pouvait reconnaître chaque buisson, distinguer les différentes fleurs sur son chemin.

-Tu connais le chemin par cœur ? demanda-t-il.
-J’ai une bonne mémoire, répondit-elle.
-Et tu as vraiment une cachette de livres dans une forêt ?! s’étonna-t-il.
-Oui. Il y a des espèces de souterrains dans la forêt.
-Ah d’accord.

Ils arrivèrent dans un coin de forêt parsemés de dalles âgées, recouvertes par les herbes sauvages, on voyait des murettes s’effondraient sous le poids des siècles. Le sol s’était affaissé à un endroit. Mina se glissa dans la brèche souterraine, suivit de son compagnon. Les couloirs étaient sombres et sinueux. Tantôt il fallait se baisser, tantôt il fallait monter, un vrai labyrinthe. Mais Mina semblait le connaître sur le bout des doigts, repérant chaque dalle, chaque marches, couloirs. Ils finirent par arriver dans une large pièce ronde que Mina éclaira d’une torche restée là. Elle saisit un briquet et alluma le feu. La lumière envahit l’espace pour y dévoiler au grand jour des centaines de gros livres entassés les uns sur les autres. Eparpillés un peu partout.

-Il y en avait déjà un bon nombre quand j’ai découvert cet endroit ! Et pas mal renferment des secrets d’états de toutes les époques. Des journaux de chevalier, rois, comtes … Il y a de tout, dit-elle en extase comme si c’était la première fois qu’elle les voyait. Je les ai tous lus, ajouta-t-elle.
-Tous ?! s’étrangla le garçon.
-Oui, absolument tous. Celui que j’ai volé parle de …

Elle épousseta le livre et lut les quelques mots gravés dessus.

-D’exorcisme ? se questionna-t-elle elle-même.
-J’en ai vaguement entendu parler, répondit l’autre.

L’oiseau roucoula.

-Quoi ça te plait Paavan ? rigola-t-elle.
-Il a un nom ?
-Oui, bien sûr. Tout a un nom.
-Pas forcément… constata tristement le garçon.

L’indienne fronça les sourcils.

-Ne sois pas débile. On naît tous avec un nom. Sinon on serait tous pareil. Si tout le monde s’appelait pareil, on serait tous la même personne. Et ça craindrait.

Le jeune garçon feint un sourire.

« Moi je serais toujours la même personne que tout le monde. » pensa-t-il.

Elle s’installa sur une pile de livres et débuta le sien, entrant dans une espèce de transe. Le garçon l’observa un petit moment. Il n’avait jamais vraiment pris le temps de l’étudier vraiment. Elle avait une peau hâlée surplombé de quelques tâches de rousseurs parsemés sur un petit nez qu’elle plissait en fronçant des sourcils de temps en temps au beau milieu de sa lecture. Ses cheveux ne dépassait pas le milieu de sa nuque, négligemment coupés ils étaient ébouriffés et sauvages. Ce qui était le plus captivant c’était ses yeux, maintenant hypnotisés dans sa lecture. De grands yeux de biche d’une couleur violette profonde qui vous maintenait accroché à son regard. Elle était plutôt maigre, sûrement dû à sa pauvreté, et de taille moyenne. De petites mains et des pieds semblables, se balançant et frappant contre la pile de livres dans un rythme rassurant. Il soupira, se demandant comment ses parents avaient bien pu l’abandonner. Il sourit en parcourant les livres, au moins maintenant il avait une excuse pour passer du temps avec elle.
Ils restèrent dans leur cachette presque une journée entière, n’étant même pas tiraillé par la faim, captivés par tout ces livres.

Il avait remarqué que Mina pouvait lire des livres bien plus compliqué que ceux qu’on prescrivait à son âge. Même Voltaire n’avait pas de secret pour elle. Pour cela il éprouvait une certaine admiration secrète pour elle. Un moment où elle semblait envoutée par du Shakespeare, celui-ci s’approcha.

-Qu’est ce que c’est ?
-Hamlet, répondit l’enfant.
-De quoi ça parle ?
-Un prince qui veut se venger de la mort de son père.
-C’est triste.

Mina leva le nez de son livre, ouvra la bouche en tentant de trouver une once de bonheur là dedans. Elle capitula.

-Oui. C’est vraiment très triste. Enfin la seule bonne chose c’est l’amour entre Hamlet et Ophélie. Enfin au début. Parce que bon les tragédiens ont toujours besoin de tout faire se terminer mal.
-C’est peut-être parce que la réalité finit toujours mal.
-Pas vrai ! se renfrogna la jeune fille. C’est nos mauvais choix qui rendent la réalité morose et cruelle ! Si on voit toujours les petites choses bien dans une vie on finit par voir que tout ne se termine pas toujours mal.

Elle sembla bouder. Pour se rattraper, le rouquin repartit sur leur sujet de conversation antérieure.

-Et tu lis quoi comme passage là ?
-Je relis, répondit la jeune fille.
-Bon.. Tu relis quel passage ? rectifia-t-il.

Son visage s’illumina de nouveau.

-Un de mes passages préférés. Il n’est pas vraiment important dans l’histoire en soit. C’est juste une lettre d’amour. Mais je trouve que c’est une des plus belles que je n’ai jamais vu.
-Montre, demanda Lavi en tendant la main.

Elle lui donna le livre.

-La lettre à Ophélie ? demanda-t-il.

Mina se mit à réciter.

-Doute que l’étoile est de feu,
Doute que le soleil se meut,
Doute de la vérité même,
Mais jamais ne doute que j’aime
-Pourquoi tu aimes tant ce passage ?
-Parce que c’est vrai. On peut douter de tout sauf de l’amour, répondit-elle.
-L’amour peut être faux.
-L’amour n’est jamais faux.
-Comment tu le sais ?
-Parce que quand quelqu’un t’aime  ça se voit.
-Comment ça se voit ?

La jeune fille s’agaça.

-Tu ne vois vraiment rien ! Quand les gens t’aiment ils sont gentils avec toi, ils te prennent avec toi, ils te sourient sincèrement, ils te le disent. Ton vieux t’aime, moi je t’aime.
-Tu m’aimes ? demanda-t-il comme si c’était la première fois qu’on le lui disait.
-Mais bien sûr que je t’aime, sinon je t’aurais déjà chassé depuis longtemps, je ne partage pas mes bouquins avec des gens que je n’aime pas ! répondit celle-ci comme si c’était une évidence.

Le garçon sourit et lui emprunta un livre.

-Tu vois si je ne t’aimais pas, je t’aurais repris ce livre pour t’envoyer ma chaussure au visage, sourit-elle en rigolant.

Il rit à son tour.

Plus les semaines avancées plus ils ramenaient de livres, le garçonnet ayant maintenant aussi pris part à ces petits vols journaliers. Parfois ils volaient dans des livres dans des endroits drôlement sécurisés. Il fallait bien souvent une grande préparation, mais ça valait toujours le coup car c’était eux qui renfermaient les plus grands secrets. Le garçon racontait quelques bribes de toutes les informations qu’il avalait dans cette cachette à son vieux dont la fillette avait enfin appris à appeler par un prénom respectable, Bookman. Parfois elle l’avait entendu appeler son ami, « Bookman Junior » ce qui l’avait plutôt intrigué, bien qu’il soit pourtant coutume dans certaines familles d’appeler son fils par son propre prénom en y apposant juste le suffixe « Junior », mais ce Bookman la tiraillait, comme un secret qu’elle se devait de percer. Elle avait finit par recueillir un livre qui parlait vaguement de certaines personnes appelés « Bookmans ». Elle l’avait caché à son compagnon mais avait ainsi appris pas mal de choses, comme quoi ils étaient archivistes ou qu’il retranscrivait l’histoire. Des choses comme ça. Mais ce qu’elle avait appris et qui la turlupinait c’était qu’il ne devait se contenter que d’écrire l’histoire, les liens leur étaient interdits. Quelque chose comme ça. Elle se demandait maintenant si il n’avait familiarisé avec elle simplement pour sa cachette. Elle soupira.

-Bah qu’est ce que ça changerais de toute façon ? murmura-t-elle au vide.
-Tu parles toute seule ? demanda le concerné, entrant naïvement dans leur cachette, muni d’un nouveau livre. Regarde j’ai trouvé un autre livre ! Il m’a donné du fil à retordre celui-là aussi !

Elle descendit de son perchoir et s’approcha de lui, jetant un œil sur cette « miraculeuse » trouvaille. Il arbora avec fierté un calepin de notes.

-Hehe, ricana-t-il, fier de son coup.
-Un calepin ? répondit l’autre, consternée que sa fameuse trouvaille ne soit qu’un calepin usé.
-T’as même pas lu ce qu’il y avait dedans ! Je l’ai volé à un type bizarre ! Dedans ça parle de Congrégation de l’Ombre et du Vatican ! Des trucs comme ça ! s’excitait-il.
-Du Vatican ? D’une Congrégation ? questionna Mina.
-Ah tu vois que ça t’intéresse ! s’enjoua-t-il.

Elle maugréa dans sa barbe et s’assit à côté du jeune garçon pour feuilleter le calepin avec lui. Beaucoup de choses compliquées y étaient inscrites. Ils purent ainsi apprendre qu’il y avait une guerre secrète qui se déroulait depuis des millénaires maintenant. L’existence d’un certain Comte millénaire, d’exorcistes… Les enfants découvrirent alors que les exorcistes n’étaient pas une fable. Ils découvrirent l’existence d’innocences et d’akumas. Que les akumas endossaient un corps humain pour se mêler à la foule mais n’étaient en fait que des armes créaient par le Comte. Tellement d’informations d’un coup les embrouillèrent un peu.

-Wow… susurra Mina.
-Comme tu dis, répondit son ami.

Ils se turent pendant un long moment, réfléchissant et s’observant. C’est là que le « Bookman Junior » nota que Mina n’avait qu’une oreille percée.

-Tu n’as qu’une oreille percée ? demanda-t-il.

Le regard de la fillette s’assombrit un peu.

-Oui. J’ai été esclave dans la maison d’un homme loufoque. On distinguait ses esclaves par une boule de fer qu’il faisait porté à tout ses esclaves à l’oreille gauche. Une de ses nombreuses excentricités… Il était un riche anglais  alors il était un peu roi dans notre pays. J’ai appris pas mal de choses intéressantes dans ses livres, mais je me faisais sévèrement punir quand il me prenait. Enfin, ça ne m’empêchait pas de recommencer.
-Oh, alors c’est un mauvais souvenir … lâcha-t-il.
-Plutôt.
-Alors il n’y a qu’à transformer ta cicatrice en bon souvenirs ! s’exclama-t-il, aussi fier que lui que lorsqu’il avait ramené ce calepin.

Mina l’interrogea du regard.

-Tu verras ! se borna-t-il à expliquer, ce qui attisait monstrueusement la curiosité de Mina.

Ils passèrent le reste de l’après-midi à déchiffrer le calepin.
Le lendemain, Bookman Junior se ramena triomphant à la cachette cachant quelque chose dans son dos.

-Qu’est ce que tu caches ? demanda Mina, intriguée.

Il avança vers elle et sortit une boucle d’oreille qu’il accrocha à l’endroit où auparavant on lui avait accroché cette immonde boule de fer.

-Tadaah, ricana-t-il. Comme ça on a transformé ta cicatrice en bons souvenirs !

Mina rougit et effleura des doigts la boucle d’oreille. Sur le devant de l’attache il y avait une pierre violette foncée à laquelle était suspendue une plume d’oiseau multicolore et un petit éléphant doré, recouvert de pierres colorées par ci par là.

-Merci, articula-t-elle difficilement.
-De rien ! sourit-il.

Elle lui rendit son sourire. C’était le deuxième cadeau qu’on lui faisait. Le premier étant le prénom que lui avait laissé ses parents, Mina. Elle rit, ne pouvant quitter la boucle d’oreille des doigts. A cet instant précis, elle se disait que c’était la chose la plus précieuse qu’elle avait et lui se disait que peut-être quelqu’un se souviendrait de lui, bien qu’il n’ait normalement pas le droit de participer à l’histoire de ce monde.
Après un long silence gêné, il finit par ressortir le calepin. Ils reprirent leur lecture.

Quatre mois plus tard, ils se retrouvèrent dans leur cachette, mais le garçon avait la mine triste.

-Qu’est  ce qu’il y a ? demanda Mina.
-Je dois partir demain. Je pars pour un autre pays, c’est mon vieux qui décide où, lâcha-t-il.

Bien qu’en apparence stoïques, ça avait fait l’effet d’une bombe sur les deux enfants, dévastant tout sur son passage, détruisant tout ce qu’ils avaient.

-Ah … pu seulement articuler la jeune fille, pas habituée à ce genre de chamboulements émotionnels.

Il se contenta de s’appuyer sur le mur à côté de la sortie, regardant ses pieds d’un air vague. Après s’être torturée un long moment, Mina décida de descendre de son trône, ici sa montagne de livres parmi lesquels figuraient sûrement des livres qu’elle avait volé avec son ami, et s’approcha de celui avec qui elle avait partagé tout son temps pendant 5 mois, celui qui avait englouti tout son panier de fruits, et lui tendit le petit doigt.

-Quoi ? demanda-t-il dubitatif.
-Promets-moi.
-De quoi ?

Elle montra le calepin et lui tendit, il l’attrapa incompréhensif.

-Promets-moi qu’un jour on se retrouver. Tout les deux. Dans cette guerre secrète, dit-elle avec persuasion.

Il la regarda hébété, mais finit par nouer son petit doigt au sien.

-Si je peux, répondit-il.

Elle lui mit une claque derrière la tête en rigolant.

-C’est quoi cette promesse à deux balles ? plaisanta-t-elle. Promets sérieusement !

Il sourit.

-Je promets.

Elle répondit à ce sourire par un sourire radieux en lui déposant un baiser sur la joue. Il rougit.

-File abruti fini, dit-elle. Garde ce calepin pour pas oublier qu’un jour on devra se retrouver dans cette guerre !
-Ok, voleuse du dimanche, répondit-il avec le même sourire.
-Qui tu traites de voleuse du dimanche ?! pouffa-t-elle.
-La fille qui m’a tyrannisé pour un pauvre panier de fruits.

Ils rirent et le garçon du partir.

-Au revoir.

Elle lui fit signe de la main, en souriant. Il disparut dans le couloir et elle s’affala sur le mur de leur cachette où ils ne se reverront certainement jamais. Elle effleura la boucle d’oreille et des larmes roulèrent sur ses joues. Elle se rassura en se persuadant qu’ils se reverraient.

Miranda avait suivit le récit avec une telle effervescence que les larmes lui étaient venus aux yeux.

-Quelle belle histoire d’amour ! s’exclama-t-elle.
-Enfin, histoire d’amour, c’est un grand mot ça ! rigola Lavi.

Allen sourit.

-Bon eh bien allons chercher ta voleuse du dimanche ! dit-il en souriant.

Ils partirent à la poursuite des akumas, cherchant la fille dont on ne savait plus la vraie identité.

D.GRAY-MAN ==>Chapitre 3<== Secrets

Dimanche 14 novembre 2010

- Ton innocence ?! s’étonna Allen. Où cachais-tu cet oiseau ?
-Sous ma cape, dit-elle d’un ton naturel. Et il était là à la soirée aussi, il vous observait. Il a une très bonne mémoire. Tout comme moi, mais il est plus doué pour l’infiltration. N’est ce pas Paavan ? rigola Yuka en lui grattant le sommet du crâne.

L’oiseau émit un petit roucoulement.

-Ton innocence a un nom ? demanda Miranda.
-Oui. Paavan veut dire purificateur en hindou.
-Mais comment sais-tu tout ça sur les exorcistes ? questionna Allen, abasourdi.

La jeune fille pointa l’oiseau.

-Je vous l’ai déjà dit. Il est doué pour l’infiltration. Et puis après c’est tout l’art d’être au bon endroit au bon moment, sourit Yuka. On partage les informations, ça va plus vite. Je ne peux pas non plus être à deux endroits au même moment.

Le golem doré de tignasse blanche ouvrit grand la gueule.

-Oh, c’est un golem ce truc ? s’étonna Yuka. Il ne ressemble pas aux autres.
-Timcampy est un peu spécial, se borna à répondre Allen. Oh, Marie ! s’exclama le jeune garçon en voyant une image de Marie et Lavi apparaître.
-Vous avez trouvé quelque chose de votre côté ? Nous c’est un pur désastre. Personne ne l’a jamais vue, se lamenta Marie.
-Oui on a trouvé quelque chose, et c’est du lourd … dit Allen, pas encore remis de son choc.
-On a trouvé la voleuse de pommes, répliqua Miranda.
-Sérieux ?! s’exclama Lavi, plus heureux tout à coup.

Yuka se posta devant le golem et fit un clin d’œil tout en les saluant de la main.

-Coucou mes petits exorcistes ! s’esclaffa la jeune fille.
-MINA ?!?!?! s’écria Lavi.
-Yuka, rectifia l’autre. Enfin, appelle moi Mina si tu veux mais j’ai changé de prénom je te ferai rappeler. Vraiment ta mémoire me déçoit en ce moment ! soupira Yuka.
-Mina ? s’étonnèrent les trois autres exorcistes.
-Euh non, c’est rien, se rattrapa Lavi.
-J’ai rencontré Lavi en Inde quand j’avais 8 ans, expliqua brièvement la voleuse.
-Vraiment ?! s’étonna Miranda.
-Bah oui, pourquoi je mentirais ? C’est bête quand même, j’ai découvert ma compatibilité quelques mois après que tu sois parti mon cher Bookman.
-Si ça fait si longtemps, ça explique pourquoi la majorité des gens ici n’ont jamais vu d’akumas …

La nouvelle compatible réafficha son éternel sourire mutin.

-On vous rejoint, dit Marie en coupant la communication avec le golem.

Les trois personnes attendirent la venue de leurs compères en tuant le temps avec n’importe quoi. Allen regardait le ciel, Miranda observait ses pieds se balancer dans le vide et Yuka faisait faire des tours à Paavan. Allen brisa le silence.

-Comment se fait-il que tu puisses voler ? On t’as vu dimanche quand tu as échappée aux commerçants.
-Je peux fusionner avec Paavan.

Miranda descendit de son perchoir et des étoiles dans les yeux se posta devant Yuka.

-Montre nous, montre nous ! réclama Miranda, toute excitée.
-Euh … Eh bien, si vous voulez, répondit la jeune fille, mal à l’aise de refuser. Innocence … Activation, murmura-t-elle.

Paavan fusionna avec sa compatible. Il rentra dans son corps ce qui prit bien quelques secondes. Des ailes presque transparentes apparurent à différents endroits. D’abord aux deux chevilles, puis aux deux poignets et finalement deux ailes s’implantèrent dans son dos.

-Tadaaah, plaisanta Yuka.
-Incroyable ! s’émerveilla Miranda.
-Mais pourquoi autant d’ailes ? demanda Allen, perplexe.
-Pour que lorsque je m’appuie sur mes pieds et mes mains j’ai une plus grande puissance de saut. Démonstration, dit la jeune fille que ça amusait.

Elle s’appuya sur ses pieds préparée à sauter. Et en moins d’un temps qu’il n’en faut pour prononcer un mot, elle se retrouva propulsée à des dizaines de mètres au dessus d’eux. Utilisant ses ailes dans le dos pour se maintenir en l’air, elle lâcha tout d’un coup, se retrouvant en chute libre. Miranda poussa un cri mais Yuka se rattrapa à une gouttière dont elle rebondit avec une puissance surhumaine pour ensuite rebondir sur le muret d’en face. Finalement elle se planta devant les exorcistes, contente de sa démonstration. Elle continua à faire ses petits tours lorsque Marie et Lavi arrivèrent, ce qui ne l’empêcha pas de continuer. Elle marchait sur les murs, sautait sur les gouttières rebondissait sur le moindre objet environnant, tout en rigolant. A croire que c’était simple de faire tout ça.

-Eeeeeeh ?! s’exclama Lavi en la voyant jouer à l’oiseau merveilleusement bien.
-Elle peut faire ce genre de trucs ?! s’étonna Marie.
-Elle a à peu près les mêmes capacités que Lenalee. Enfin dans les grandes lignes, remarqua Allen.
-Lenalee ? demanda Yuka en apparaissant comme par magie, mais surtout grâce à ses sauts hors du commun, sur une poubelle.

Son visage se trouvait juste au dessus des exorcistes.

-Une autre exorciste, expliqua Allen. Elle peut voler elle aussi, enfin c’est un grand mot mais c’est à peu près ça.
-Oh, répondit Yuka, pas vraiment intéressée.

Elle finit enfin par retirer sa cape, la laissant tomber par terre. Dévoilant une chemise blanche brodée,  une longue jupe bleu nuit lui descendant jusqu’au dessus de chevilles. Revêtue d’un manteau assorti à la jupe. Un gros joyau violet surplombait la chemise, qui éveilla l’émerveillement de Miranda. Yuka le remarquant détacha le bijou pour lui tendre.

-Tiens, j’en ai beaucoup trop chez moi, dit Yuka en souriant.

Miranda retint un cri de surprise et la bouche grande ouverte n’arrivait pas à dire un mot. La bourgeoise passa derrière elle pour lui accrocher le joyau autour du cou.

-Je ne peux pas, c’est trop ! s’exclama Miranda.
-Mais si, mais si. Toute cette fortune à moi toute seule ça m’écœure, protesta Yuka.
-Merci infiniment ! remercia Miranda. Merci, Merci, Merci, Merci, Merci, Merci, Merci ! continua-t-elle de remercier.
-Euh mais non ce n’est rien ! tenta l’autre de calmer Miranda. Elle serait pas hyper-sensible ou quelque chose dans le genre ? demanda-t-elle à ses partenaires.

Les trois exorcistes hochèrent passablement la tête, ça avait l’air de faire parti de la routine pour eux. Ils affichaient tous un air consterné. Yuka décida de ne pas chercher plus.

-On devrait peut-être retourner au manoir, dit la propriétaire de celui-ci.
-Pas mauvaise idée, répondirent les autres.

La voleuse s’engagea dans les rues peuplées de Paris, dévêtue de sa cape et les exorcistes à sa suite. Il ne se passait pas une seconde sans que quelqu’un ne la salue, à qui elle répondait par un sourire dévastateur, ravageur puisque tous rougirent sans exception.

-Quelle popularité, dit Marie que tout ces passants énervait à ne pas les laisser tout simplement marcher sans les prendre pour l’attraction locale.
-Eh bien, c’est ça d’être belle et riche. Mais j’approuve, c’est drôlement casse-pieds. C’est d’ailleurs pour ça que je me déguise, soupira l’attraction de tout ces messieurs.
-Toujours aussi rayonnante ! envoya un passant.
-Merci ! répondit Yuka dans un sourire préfabriqué mais toujours aussi efficace.

Soudain celle-ci vira violemment vers une petite ruelle, où elle déversa sa colère sur une poubelle.

-Bon sang qu’ils m’énervent ! Rah j’en ai marre ! Je ne suis pas une bête de foire quoi ! Laissez moi respirer ! s’acharna-t-elle sur la pauvre poubelle. Je le savais ! J’aurais dû rester en Inde ! maugréa la jeune fille.

Miranda observa Allen avec un regard désabusé.

-Pourquoi elle me fait penser à toi ? demanda Miranda à Allen.

Allen rougit et détourna la tête, faisant mine de ne pas avoir entendu. Soudain la poubelle vrilla au dessus d’eux et s’éclata dans une murette de la rue d’en face. Les exorcistes se tournèrent terrorisés vers une Yuka furibonde. Elle serrait le poing pour ne pas exploser, pour peu que ça ne soit pas déjà fait, et on pouvait presque voir une aura meurtrière autour d’elle.

-Je vais tuer tout ces stupides passants ! menaça-t-elle.
-Une … Une face sombre ?! s’étonna Marie, pétrifié.

Lavi sembla encore plus horrifié que les autres.

-Elle est absolument …. Terrifiante quand elle est en colère … expliqua celui-ci en proie à une panique totale.
-Vraiment terrifiante ? demanda Allen qui commençait lui aussi à paniquer.
-Vraiment terrifiante, confirma Lavi.

Un homme qui passait par là, complètement ivrogne aborda Yuka. Il posa sa main sur son épaule et la tira vers lui par la hanche.

-Hé ma jolie ça te dirait qu’on aille faire un tour ? dit-il plutôt comme une affirmation.

L’interpellée tourna mécaniquement la tête, dévoilant un regard digne des plus grands démons de ce monde.

-Ma jolie ? Faire un tour ? s’énerva la concernée. Tu … te fiches … DE MOI ?!?! explosa celle-ci en lui saisissant le main qu’il avait utilisé pour lui saisir l’épaule, le tirant et le plaquant par terre ainsi.

L’ivrogne semblait terrifié et incompréhensif. Il tenta de s’enfuir mais on ne réveillait pas le démon en Yuka impunément. Celle-ci leva un pied et lui mit un coup de pied phénoménale dans l’entrejambe, appuyant avec son talon.

-Va donc faire un tour avec tes jolies en enfer ! pesta celle-ci, plus énervée que jamais.

Les exorcistes firent une mine déconfite et l’ivrogne poussa sûrement le plus grand cri de sa vie.

-Pas làààà, gémit Allen, comme si c’état à lui qu’on le faisait.
-Pauvre homme, dit Marie en détournant la tête.

Lavi et Miranda se précipitèrent sur Yuka, pour tenter de l’arrêter dans son meurtre sanguinaire.

-Arrête Yuka ! gémirent-ils, essayant de la tirer en arrière.
-Jamais ! s’énerva l’autre.

Aidé par Lavi et Miranda, le pauvre homme s’enfuit tenant son engin de manière désesperé.

-Elle est diabolique ! remarquèrent terrorisé pour le reste de leur existence, Allen et Marie.
-C’est ça, enfuis-toi sale lâche ! pesta la jeune fille transformée en démon.

Elle prit un bon quart d’heure pour se calmer, pour finalement s’écrouler contre un mur, fatiguée comme si elle avait fait 30 fois tout le tour de Paris en course à pied.

-J’ai … réveillée mon côté sombre ? demanda-t-elle gênée.

A la figure décomposée des exorcistes elle s’imagina que oui. Elle se consterna d’elle-même.

-Désolé, je contrôle pas très bien mes crises de colères, s’excusa-t-elle.
-On l’avait remarqué … soupira Lavi. Heureusement que j’ai pas eu droit au même traitement en Inde, se soulagea-t-il.
-T’avais qu’a pas me voler mon butin ! maugréa-t-elle, boudeuse.
-Comment je pouvais savoir que c’était ton butin ? se plaignit-il, reprenant une conversation ancestrale.
-Butin ? se demandèrent les trois autres.
-Tu savais que c’était chez moi quand même ! Un gros panier de fruits, ça t’as pas traversé l’esprit que ça t’étais pas entièrement destiné ?! s’énerva l’autre.
-Je ne savais pas que c’était chez toi d’abord ! répliqua l’autre.
-Bien sûr que si !

Les autres tentèrent de les séparer.

-Lavi réveille pas son côté sombre de nouveau ! gémit Allen. Tu veux devenir stérile comme l’autre ou quoi ?!

Tout à coup, tout le monde se calma.

-Hm, pas con, finit par remarquer Lavi.

Yuka se releva.

-Bon allons au manoir, on va pas rester éternellement dans ces ruelles.

Soudain la ruelle s’assombrit comme si une ombre cachée le soleil.

-Innoceeence, brailla des voix derrière eux.
-Le Comte va être content depuis le temps qu’elle contrecarre tout ses plans celle-là, ricana un akuma de niveau 2, entouré de 5 autres de ses semblables.

Des lanières entourèrent Yuka, qui la tirèrent d’un seul trait vers la meute d’akuma.

-Eh ?! s’étonna celle-ci.
-Yuka ! s’exclama Allen, Marie et Miranda.
-Mina ! cria le Bookman.

Elle disparut avec les akumas.

-Merde ! pesta Allen.
-Lavi, c’est quoi cette histoire de Mina ? Et pourquoi est-ce qu’elle irrite autant le comte ?! demanda violemment Marie.
-Pour ce qui est d’irriter le comte je n’en sais rien… Mais pour ce qui est de Mina il va falloir que je vous explique … soupira Lavi.

D.GRAY-MAN ==> Chapitre 2 <== La voleuse de ciel et de pommes

Lundi 8 novembre 2010

Une voix s’égosilla sur le pas de la porte.

-S’il vous plaît Mademoiselle pressez vous ! Je vous en supplie ! se lamentait Gisèle.
-Oui, j’arrive ! Cessez donc d’être si impatiente ! répondit sa maîtresse.
-Oh ! Et c’est moi qui suis impatiente alors que dans 15 minutes vous avez un dîner et que vous êtes à peine lavée ! C’en est un monde !

Yuka apparut devant Gisèle, rapidement coiffée, vêtue avec les premiers vêtements qui avait dû lui tomber sur la main, de l’eau dégoulinant sur ses cheveux et sa peau et par-dessus tout ça, en rien pomponnée.

-Oh ! s’exclama la servante horrifiée.
-Quoi ? questionna la jeune fille.

Gisèle toucha son front et tenta de calmer son cœur, comme si elle avait vu un fantôme.

-Ca c’est plutôt insultant Gisèle, se plaignit la jeune fille quelque peu vexée.
-Vous ne pouvez certainement pas sortir ainsi ! Jamais ! Jamais je ne vous le permettrez ! Je me ferai sermonner par votre mère autant de fois qu’il est donné à un humain à le faire juste avant de me mettre à la porte munie de tout mes bagages, si elle est assez bonne pour me les donner ! Ah non je ne laisserai pas tout ceci arriver !

Yuka l’observa avec inquiétude, soucieuse de son état mental. La bonne vieille femme la conduit jusqu’à sa chambre et ouvrit grand son placard où un défilé de somptueuses robes s’offrirent à leurs yeux.

-Vous avez assez d’habits pour vêtir une population entière et vous ne trouvez que ces habits mal assortis à mettre ? A croire que je ne vous ai jamais éduqué ! C’est moi que vous insultez là très chère ! sermonna la servante.

La jeune femme fit la moue et regarda Gisèle étaler une robe du même violet que ses yeux et des parures dignes de grands joailliers. Devant toute cette richesse, Yuka fit une mine dégoûtée. Sa servante tapota les affaires joliment préparées sur son lit.

-Tiens, mets donc ça ! Ca rendra parfaitement bien ! Bien que tout t’ailles à merveille. Les miracles de la beauté.

Yuka agita gaiment la tête, un sourire fier aux lèvres. Ses quelques secondes de bonheur furent brutalement stoppé par une pichnette sur le nez, signé de Gisèle.

-Que ça ne te monte pas à la tête, petite écervelée ! La beauté est chose qui se fane plus vite qu’on ne le pense ma petite, critiqua la vieille femme.

La jeune fille en profita pour renvoyer une pichnette à sa servante.

-Sauf si elle vient de l’intérieur, ma grande ! rigola celle-ci.

Gisèle tenta de répondre quelque chose mais abandonna, roulant des yeux avant de sortir de la chambre. Yuka se glissa dans sa robe, non sans difficulté. Les corsets était une véritable hantise pour elle. Elle préférait de loin les vêtements confortables, malheureusement interdite aux « gens de bonne famille ». Comme si elle avait besoin de ça, pensa-t-elle en claquant de la langue. Pendant qu’elle donnait à chaque parures sa place respective, elle repensa au bal d’hier soir. Elle espérait ardument qu’elle reverrait les exorcistes. Enfin, de toute façon si ils ne revenaient pas elle irait à eux. Quelque peu déguisée. C’était une chose qu’elle aimait plus que tout. Changer de personnage pour chaque costume l’émerveillait. Elle entreprit de prendre délicatement une vieille cape marron qu’elle posa sur ses épaules, glissant la capuche sur ses yeux de façon à ce qu’on ne voit que son nez et sa bouche. Elle rigola un instant. Oui, si ils ne venaient pas, elle irait les chercher comme ça. De toute façon c’est elle qu’ils cherchent non ? Gisèle déboula dans la chambre, pressée par le temps. Elle retint un cri lorsqu’elle vit sa maîtresse ainsi vêtue.

-Oh, doux Jésus ! Non vraiment, cessez donc d’ainsi vous déguiser ! Vous avez l’air d’une orpheline sans sou qui errerait dans les rues de Paris à la recherche d’une pomme à manger !

La jeune femme rigola de plus belle. Sa servante ne savait même pas combien elle tapait juste. Elle retira son déguisement.

-Ou pis ! D’un assassin sanguinaire ! Oh mon Dieu ! s’affolait sa servante.
-Excuse-moi Gisèle, je n’ai pas pu résister, ricana-t-elle.
-Eh bien pour l’amour de Dieu retenez vous, s’exclama la bonne dame.
-J’y tacherai, j’y tacherai … dit la concernée, bien qu’elle était pertinemment consciente que le jour où elle pourrait se retenir de redevenir la petite Mina n’arriverait jamais.

La servante la coiffa rapidement des doigts et la mena dans les couloirs d’un pas affolé.

Pendant ce temps les recherches ne menaient pas large chez les quatre jeunes gens. Miranda continuait de se lamenter.

-Nulle part ! Personne ne la connaît ! Mis à part quelques commerçants qui ont eu affaire à elle ! Mais aucun ne peut ni dire son prénom, son âge ou la décrire ! C’est un vrai fantôme !
-Voyons, il y a forcément quelqu’un qui la connaît bon sang ! Ou qui l’a croisé ! s’exclamait Allen, désespéré.
-A la réception personne n’a entendu parler de phénomènes étranges… Pourtant Komui nous avait bien dit qu’il s’y passait des phénomènes paranormaux. Et il n’a certainement pas menti, dit Marie.
-Personne n’a jamais vu d’Akuma ? s’étonna Lavi.
-Personne, confirma l’exorciste.
-Pourtant mon œil a réagi quelques fois mais il s’est toujours rétracté au bout de quelques minutes, ajouta Allen.
-Est-ce que quelqu’un protégerait les habitants des Akuma ? s’interrogea Miranda.
-La voleuse de pommes, posa Allen, par évidence.

Ils s’observèrent longuement. Jusqu’à ce que Marie brise le silence.

-Je pars avec Lavi, si un Akuma se pointe, je l’entendrais, dit-il. Et Miranda tu partiras avec Allen. Son œil réagira à la présence d’un Akuma. Si c’est cette fille qui se débarrasse des Akuma, alors elle sera où ils sont.

Tous acquiescèrent et se séparèrent.

Plus ils avançaient, plus ça pataugeait. Marie avait bien entendu de faibles sons d’Akuma, mais rien d’assez précis pour retrouver l’endroit. Lavi se désespérait en observant le ciel d’un air détaché.

-Raah ! Cette gamine doit être drôlement douée à cache cache dans son genre ! bougonna Lavi.
-Arrête de lamenter et concentre-toi.
-Mais je suis concentré.
-Mais oui, ironisa l’autre.
-Bien sûr que oui !
-Arrête.
-De quoi ?
-Arrête avant que je m’énerve.
-Roooh ! Mais je m’ennuie moi ! Cette fille est un fantôme ! grogna-t-il.

Soudain une poubelle se renversa et le rouquin se retourna violemment, sur ses gardes. Marie, alerté, se posta dans la même position. Tous attendirent de voir sortir la voleuse de dimanche, mais ce ne fut qu’un pauvre chat égaré. Un long silence gêné s’installa entre les deux personnes. Finalement Marie mit un poing sur la tête à Lavi.

-C’est de ta faute ça, pesta Marie.
-Hé ! Je te ferai dire que tu t’es retourné aussi !
-Tu t’es retourné en premier ! grogna l’homme au casque, appuyant fortement sur le « tu ».
-Bon saaaang ! Mais elle est où cette fille ?!?! s’écria Lavi, exaspéré.

L’autre duo n’en menait pas large non plus. Aucune traces d’une quelconque voleuse à capuche marron. Miranda se torturait de ne pas avoir pu voir plus et Allen attendait désespérément une réaction de son œil. Le garçon frappa dans une poubelle qui alla finir son premier vol sur un mur de briques.

-Ca m’énerve, ça m’énerve !! s’énerva le garçon à la tignasse blanche.
-Calme-toi Allen ! Ca ne la fera pas venir ! gémissais Miranda, tentant de le calmer en vain.

Allen continuait de martyriser la pauvre poubelle en lui assignant coup par coup en grognant et pestant dans le vide. Certaines mères qui passaient à côté tentaient de faire regarder à leur enfant l’autre côté de la rue. L’exorciste continuait de déverser sa colère sur la malheureuse poubelle, lorsqu’une fille s’avança vers eux. Miranda retenue un cri d’étonnement pendant que la jeune fille tapotait l’épaule d’Allen qui ne sembla pas trop apprécié. Il se retourna violemment, plus énervé que jamais.

-QU’EST-CE QUE TU ME VEUX ?! hurla-t-il à la jeune fille, avant de remarquer qu’elle portait la même cape que la voleuse de dimanche et exactement le même teint de peau ainsi que de longs cheveux bruns. Ah ! AAAAAAAAAH !!! hurla-t-il, devant des passants de plus en plus perplexe.

La jeune fille s’enfuit.

-Bah ça c’est malin crétin ! s’énerva pour la première fois Miranda. Maintenant elle s’est enfuie, tu l’as traumatisée si ça se trouve !
-Mais non ! Mais attends !  s’écria Allen en la poursuivant.

Ils s’engagèrent dans une course effrénée, bien qu’ils eurent l’impression que la voleuse les attendait à chaque nouveaux tournants. Ils finirent par atteindre une ruelle sombre et déserte. La voleuse à capuche attendait là, une main sur la hanche.

-Eh bien, tu en es d’une humeur massacrante dès le début d’après-midi toi, soupira la jeune fille.
-Ah mais cette voix ! s’étonna Miranda.
-Vous en aurez mis du temps, s’exaspéra la voleuse bourgeoise tout en retirant sa capuche.
-Mademoiselle Fukari ! s’exclama Allen qui n’eut pas vraiment le temps de finir sa phrase qu’il reçut un coup de pied phénoménale de Yuka dans le ventre.
-Appelle moi Yuka crétin ! Tu crois que j’ai envie que tout le monde sache que la fille de Madame Fukari se déguise en voleuse pour s’amuser ?! Ma mère me passerait le savon de ma vie ! pesta la jeune fille.

Allen se tordit de douleur sur le sol.

-Mais alors tu es une compatible ? questionna Miranda.
-Oui, bien sûr, répondit-elle sans hésitation.
-Hein ? Mais euh … Tu sais ce qu’est une compatible, l’innocence et tout ça ? s’étonna la femme.
-Bien sûr. Vous ne croyiez tout de même pas qu’un beau matin je me suis réveillée avec des pouvoirs super magiques et que je me suis dit « Ah bah chouette alors ! » en partant faire ma petite vie sans même me soucier de ce qu’il m’arrivait. Je sais presque autant de choses que vous sur la Congrégation et tout ce qui s’en suit.

Les deux exorcistes en eurent le souffle coupé. Aucun des deux n’arrivaient à trouver les mots.

-Eh bien oui, soyez étonnés ou non, mais ma spécialité c’est les secrets d’Etat. De toute façon je n’ai que ça à faire dans mon manoir, soupira Yuka, évasive.
-Alors tu savais qui on était et pourquoi on était là quand tu t’es présentée à nous au bal ?
-Evidemment, je ne suis pas crétine non plus.
-Et si tu as demandé à Lavi de danser avec toi c’est parce que tu voulais approcher les exorcistes ? interrogea Miranda, de plus en plus choqué.
-Non, c’est une vieille connaissance, expliqua-t-elle.
-Vous vous connaissez ?!

Avant qu’elle ne put donner une réponse le mur se fracassa derrière eux et un Akuma de niveau 1 se planta devant eux, chargeant les canons dans leur direction. Les deux exorcistes se préparèrent à passer à l’offensive lorsque Yuka sortit un oiseau aux longues plumes multicolores. L’oiseau faisait penser à un perroquet mais en bien plus grand et bien plus gracieux.

-Innocence, activation, murmura la voleuse bourgeoise.

Une énergie blanchâtre entoura le perroquet et ses belles plumes se hérissèrent. Le bec grand ouvert et menaçant il se jeta sur l’Akuma pour le mordre à son sommet. La machine diabolique explosa et le volatile regagna l’épaule de sa propriétaire, calme comme de l’eau de roche. La jeune fille se retourna vers les deux personnes.

-Dites bonjour à mon innocence, plaisanta-t-elle en leur affichant un grand sourire mutin.

D.GRAY-MAN ==>Chapitre 1 <== Celle qui dansait sur l’air

Dimanche 7 novembre 2010

Dans le brouhaha ambiant, quatre personnes en combinaisons noires et blanches arborant une rosaire tentaient de se frayer un chemin dans la foule. On était dimanche et c’était le jour du marché. La foule était donc abondante dans les rues de Paris. Les stands présentaient des produits frais, des fruits, de la viande à souhait. La seule femme du petit groupe semblait plutôt maladroite et ne cessait de se perdre au milieu de toutes ces personnes habituées à tout ce rassemblement.

-E-Excusez moi ! S’il vous plaît ! s’exclamait la jeune femme en battant des bras.

Certaines personnes polies se poussaient gentiment, mais ce n’était pas le cas de tout le monde. Et après avoir poussée un peu plus qu’elle ne l’avais voulu un homme à forte carrure, celui-ci se retira violemment et elle tomba en avant dans sa force mal contrôlée, percutant au passage une jeune fille qui devait tout juste approcher les 17-18 ans. Tombant sur la fille cachée d’une longue cape à capuche lui tombant sur les yeux, la femme s’excusa maintes et une fois tandis que a fille à capuche se releva, réajustant sa capuche comme pour se rassurer qu’on ne voyait pas son visage.

-Miranda tu devrais faire plus attention ! dit un homme portant une sorte de casque sur les oreilles.
-Est-ce que ca va ? demanda un autre homme aux cheveux roux, pas plus âgée que la jeune fille percutée.

La concernée sourit et leur adressa un signe de main qui signifiait que ça ne faisait rien. Un gros homme arriva jusqu’à eux et tenta de saisir le bras de la fille, qui était déjà repartie dans sa course.

-Hé ! Voleuse ! Rattrapez-la ! s’égosillai le bonhomme en agitant sa main en l’air, le poing refermé.

Des passants aidèrent le marchand à attraper la gamine, et une fois celle-ci contrôlée elle murmura quelques mots indéchiffrables aussi bien pour les personnes trop occupée à la maintenir que pour les exorcistes qui regardaient la scène avec un certain étonnement. Soudain la fillette se propulsa dans les airs et disparut derrière des bâtiments.

-Ah la sale gosse ! s’exclama le vendeur, furieux.
-Ca en fait des prodiges les gosses de notre âge ! remarqua éberlué un homme.
-Je ne te le fais pas dire ! Enfin, on ne la retrouvera pas facilement.
-Laisse tomber Marcel, tu retrouveras pas tes pommes.
-Tss, grogna le gros bonhomme.

Pendant ce temps les exorcistes n’en revenaient toujours pas.

-Alors ça c’était tout sauf normal ! s’exclama le rouquin.
-Lavi a raison. Ca cache quelque chose, dit calmement l’homme au casque.
-Sûrement l’innocence. Miranda, est ce que tu as remarqué quelque chose chez elle ? Une particularité qui pourrait nous aider à la retrouver ? demanda un jeune à la tignasse blanche.
-Euh .. Eh bien… C’est que …. Enfin … Elle était brune … Je crois. Avec un teint plutôt bronzé … Et … Je n’ai pas pu voir beaucoup elle avait une grande cape et je ne pensais pas trop à l’analyser sur le moment ! Et ! s’interrompit Miranda remarquant que ses camarades affichaient une mine démontrant qu’ils s’y attendaient.

La mine de Miranda se décomposa et les larmes lui montèrent aux yeux.

-Ah ! Je suis désolée ! Encore une fois je n’ai servie à rien ! Je m’excuse ! Je suis une abrutiiie ! Désolééééé ! s’écria-t-elle tout en se dirigeant le plus loin possible en pleurant.
-Ah ! Surveillez tout les lacs où elle pourrait se jeter, tout les bâtiments d’où elle pourrait sauter ou les endroits où elle trouverait quelque chose de tranchant ! s’exclama le gosse aux cheveux blancs.

Tous partirent en courant. Au bout de 30 minutes de course poursuite après Miranda, ils revinrent à leur point de départ. On approchait les 17h et Komui les avait informés de se présenter à une réception chez une grande famille bourgeoise qui les aiderait peut être à en savoir un peu plus sur les phénomènes étranges qui se produisait aux alentours de Paris.

-On a pas le temps de partir à sa recherche, bougonna Lavi.
-On aura qu’a tenter d’en apprendre un peu plus à la réception de ce soir.
-Je ne suis pas sûr qu’ils sachent grand-chose sur une voleuse de pommes du dimanche, expliqua stoïquement le mystérieux homme au casque.

Un long silence parcourut les quatre jeunes gens.

-C’est de ma faute j’aurais dû mieux la regarder ! gémit Miranda, reprenant ses lamentations.

Le plus jeune mit une claque derrière la tête de la jeune femme, tentant ainsi de la ramener à la raison.

-Calme toi Miranda ! Tu n’as pas pu apercevoir grand-chose, soit. On ne va pas s’éterniser dessus quand même ! dit celui-ci, affichant tout de même un sourire réconfortant.
-Ah, désolé Allen. Je ferai de mon mieux pour la retrouver ! s’exclama Miranda, la tristesse s’étant soudainement transformée en une dévorante obstination, des flammes animant presque les prunelles de ses yeux.
-Euh, d’accord … Si tu veux … répondit Lavi, secouant la main dans un geste qu’on traduisait généralement de « Mais oui, Mais oui ».

La réception était somptueuse. Un grand nombre de bourgeois s’était rassemblé ici pour danser et se laisser aller à la folie de la nuit. Sur le côté, les exorcistes regardaient avec envie et inquiétude.

-Je ne me sens pas tellement dans mon élément … lâcha Miranda, exprimant l’inquiétude qui se lisait chez  les quatre exorcistes.
-Moi non plus … répondit le plus grand des quatre.
-Allons, Miranda et Marie ! On a qu’a danser, parler et voilà ! rétorqua Allen.
-Bah vas-y lance toi Allen, on attend que ça, dis Lavi.

Tout à coup, seul la musique remplissait la conversation. Plus personne ne disait mot chez les exorcistes. Allen se crispa.

-C’est-à-dire … Que je ne sais pas vraiment danser.
-Alors aucun de nous n’est vraiment doué pour la danse ?! s’exclama Miranda, horrifiée.
-Moi je me débrouille mais je n’ai franchement pas envie de danser seul, répliqua Lavi.
-C’est vrai qu’on y avait pas penser… dis Marie.

Tous se regardèrent un air de défi dans les yeux. Et soudain, agitèrent les mains dans le vide devant eux.

-Celui qui gagne au chifumi danse avec Miranda ! s’exclamèrent-ils.
-Eh ?! s’étonna Miranda, pas vraiment habituée à ce genre de situation.

Une grande dame trop maquillée les abordèrent en plein milieu de leur chifumi. Elle leur sourit de ce sourire préfabriqué.

-Bonsoir, vous êtes les jeunes gens envoyés par la Congrégation ?
-Oui en effet, répondit Marie.
-Et vous êtes ? demanda Miranda.
-Ah ! Excusez moi, j’avais presque oubliée de me présenter ! Madame Fukari. Je suis celle qui a organisée cette réception.

Les exorcistes lui sourirent, gênés de ne pas s’en être rendus compte plus tôt.

-J’aurais bien voulu vous présenter le reste de la famille mais mon mari est d’humeur à la danse et je crains que ma fille ne daigne se présenter à cette réception comme à son habitude, soupira la dame.
-Elle n’aime pas les réceptions ? demanda Miranda, étonnée qu’on ne puisse pas aimer ça.
-Elle considère ça comme une chose inutile juste bonne à arborer sa richesse au grand public.
-Oh … dit Miranda, qui arrivait à comprendre son avis d’un certain point de vue.

Soudain, les lumières baissèrent et se focalisèrent sur le haut de l’escalier.

-Tiens ? s’étonna Madame Fukari.

Une jeune fille aux longs cheveux bruns légèrement ondulés apparut sous le halo de lumière. Des murmures et quelques exclamations s’échappèrent de la bouche des invités.

-Ca alors ! Elle est venue ? s’effarait la dame, de plus en plus étonnée.
-C’est votre fille ? demanda Marie.
-Oui… Oui, c’est elle.

La fille de la Dame Fukari était d’une beauté à couper le souffle. C’était sans compter le sourire qu’elle adressa aux invités qui ne purent s’empêcher de lancer quelques phrases comme « Quelle beauté ! » ou « La nature l’a bien gâtée ! ». Elle avait un teint hâlé, des yeux d’un violet profond. De petites mains, des gestes élégants mais trompés par un trop plein d’énergie, rendant le tout presque attendrissant. Sa robe était d’un rose nacré et de noir. Elle descendit lentement les escaliers par souci d’image, car l’on voyait bien à sa façon de marcher ou à ses gestes qu’elle n’avait qu’une envie, et c’était de descendre ces marches en sautant. Avant de descendre les quelques marches restantes, elle se stoppa net et parcourut des yeux l’assistance. Son regard se stoppa sur un endroit qu’on ne pouvait vraiment définir dans l’immensité de la salle. La surprise traversa son regard, puis du soulagement.

-Qu’est ce qu’elle est belle … s’émerveilla Miranda.
-Oui. Le plus rageant c’est qu’elle n’entretient pas vraiment toute cette beauté. C’est naturel. De quoi vous fâcher avec Dame Nature pour le restant de vos jours.
-Effectivement, murmura presque Allen.

Elle finit de descendre les quelques marches en sautillant tel un petit oiseau. A croire qu’elle dansait sur l’air. Elle avança tout comme elle avait descendue l’escalier et les bourgeois se poussèrent à son passage. Elle leur adressa un sourire, qui en fit vaciller plus d’un.  Elle marcha jusqu’à sa mère et les quatre exorcistes.

-Bonsoir, lâcha-t-elle, prononçant son premier mot de la soirée.

Elle s’inclina légèrement.

-Bonsoir, Mademoiselle.. ? interrogea Marie.
-Yuka. Yuka Fukari, répondit-elle dans ce même sourire qu’elle affichait depuis le début de la soirée.

Elle se tourna vers Lavi et tendit la main. Elle afficha un sourire espiègle.

-Me feriez vous l’honneur de danser avec moi ? dit-elle, amusée.
-Voyons Yuka ! Ce n’est pas à la femme de demander si l’homme veut danser avec elle ! gronda sa mère.
-Oh, Mère, c’est bon ! Que je sache ça ne fera pas scandale ! s’exclama la jeune fille avec une pointe d’agacement.
-Oh que si … soupira la dame, aussi énervée que sa fille.

Yuka saisit la main de Lavi et se dirigea vers le centre de la piste de danse, la musique retentant de nouveau. Elle se planta là, regardant le rouquin comme on regarderait un cadeau de Noël qu’on attendait depuis des années.
De son côté, Allen n’en revenait toujours pas. Que cette fille ai choisi parmi les centaines de personnes présentes ici, Lavi. Il n’arrivait toujours pas à le comprendre. En attendant, Marie partit avec Miranda sur la piste de danse.

-Bon et bien je te laisse Allen, bonne chance pour trouver une cavalière, dit Marie tout en s’éloignant sur la piste de danse.
-Hein ? Oh ! Attends ! Hé mais non c’est injuste ! s’exclama le pauvre Allen.

Il se laissa aller sur le divan, maudissant les bals et répandant des ondes négatives tout autour de lui. La dame Fukari était elle allée tenir compagnie à de riches et puissants bourgeois. Il broya du noir pendant de bonnes et longues minutes, puis décida de prendre l’air, n’ayant envie de danser avec aucune de toutes ces grandes dames aux alentours qui le dépassait toutes largement en taille et en âge.
La musique était interminable et les pas de danse devenaient de plus en plus compliqués. Yuka fit une moue de désapprobation.

-Qu’est ce qu’il y a ? se risqua à demander Lavi.
-Je n’y connais rien en danse. Je pourrais même dire que je déteste. Je m’emmêle toujours les pieds, soupira Yuka.
-Pourquoi m’as-tu invité à danser alors ? l’interrogea-t-il, perplexe.
-Parce qu’il fallait bien que je trouve un moyen de t’approcher, sombre idiot ! s’exclama-t-elle comme si c’était une évidence. Ce qui bien sûr n’était une évidence seulement pour elle.

Le jeune homme la regarda éberlué. Il ne s’attendait pas vraiment à ça.

-Euh … Et pourquoi ?

Elle s’arrêta et le regarda étonnée.

-Tu ne te souviens pas de moi ? s’étonna-t-elle.

Lavi resta un instant perplexe, se demandant si il valait mieux lui dire qu’il ne se souvenait vraiment pas d’elle ou non. La vérité l’emporta.

-Eh bien non… lâcha-t-il.

Elle le regarda consterné.

-Toujours aussi bête. Et après ça dit avoir une bonne mémoire ! Et moi je suis fille de poissonnier aussi peut etre ! Tu me déçois Bookman Junior, dit-elle entre la consternation et l’humour.

Il n’en revînt pas. Comment pouvait-elle savoir qu’il était un Bookman ?! Il la regarda fixement comme pour tenter de se souvenir de quelque chose, trop enfouie pour revenir à la surface. Voyant qu’il tentait de rafraîchir sa mémoire, la jeune fille tenta de l’aider.

-L’Inde, dit-elle.
-Hein ?
-En Inde. On s’est rencontrés en Inde, soupira-t-elle toujours plus déçue par sa mémoire.

Soudain, tout lui revînt.

-Ah ! Mina ?! s’étonna-t-il.

Le visage de Yuka s’illumina.

-Ah ça y est tu te souviens ! s’exclama-t-elle.
-Mais tu ne ressembles plus trop à Mina … Et pourquoi tu n’as plus le même prénom ?
-Parce que j’ai été adoptée. Ma mère n’arrivait pas à faire d’enfants. Alors ils m’ont adopté à l’âge de 9 ans.
-Ca n’explique pas pourquoi tu as changé de prénom.
-Bien que ça n’en ai pas vraiment la sonorité, Mina est un prénom hindou. Ils m’ont choisi un prénom asiatique tout de même, mais ils ne voulaient pas que le fait que je sois indienne se sache. Ils préféraient mettre ça sur l’adoption d’une fillette dont un frère à mon père ne voulait plus. Mon père étant japonais, il leur fallait que je porte un prénom japonais. Alors maintenant je m’appelle Yuka. Vu que j’ai une tête penchant plus vers l’asiatique ils ne pouvaient pas dire que je venais d’une sœur ou un frère à ma mère.

Lavi tenta de tout assimiler, ce qu’il parvînt tant bien que mal à faire.

-Alors… Tu es vraiment Mina ? demanda-t-il.
-Bah oui ! s’agaça quelque peu Yuka. J’ai quand même gardé la même tête tu sais ! s’exclama-t-elle en tirant sur ses joues ou en les tapotant. C’est pourtant la même tête ! dit-elle perplexe, comme si maintenant elle doutait de la véracité de ses propos.

Il étouffa un rire et elle le regarda, incompréhensive.

-Quoi ? Qu’est ce qui te fais rire ? bougonna-t-elle.
-Tu es bien Mina. Pas photo, rigola-t-il.

Elle sourit. La musique s’arrêta et 1 heure du matin sonna.

-Hm ? Si tard. Rah … Je vais me faire taper dessus par Gisèle moi. Enfin, je pense qu’elle m’excusera. Après tout pour une fois que je me pointe à un de ces fichus bals, expliqua Yuka, pour en même temps se convaincre elle-même qu’elle ne sera pas sermonner.

Elle se tourna vers l’exorciste et l’embrassa sur la joue pour repartir en lui laissant un clin d’œil. Elle disparût dans la foule, tel un fantôme. Comme lui avait disparu dix ans plus tôt.