C’était salement romantique

10 septembre 2011

Une chanson, des photos. C’est tout ce que tu m’as laissé. C’est tout ce que j’ai. Des notes sur un piano, ton visage dans les journaux.

« Tu es plus facile à faire qu’à comprendre et tomber, je n’ai pas pu te prendre »

Madrid.

Et pourtant j’aurais essayé. Si tu savais comme j’ai essayé. Mais tu t’es toujours envolé en me laissant à terre, désespérée. J’aurais aimé être celle à qui tu ouvres ton cœur tu sais, la seule, celle sur qui tu poserais ta tête fatiguée. Et la chaleur brûlante du soleil d’Espagne me fait mal. C’est toute celle que j’attendais de toi, celle que je n’ai jamais eu, qui n’a jamais tendrement enroulée ses bras autour de moi.

« Partir trop loin de toi, j’ai voulu te manquer à tes yeux feindre d’exister »

Londres.

Qu’est ce que ça te fais ? De ne plus me voir sur le seuil de ton palier, les yeux pleins d’espoir, en espérant que tu me témoignes l’affection dont je manquais terriblement ? Tu sais je t’ai vu à la télé. Ton image dans cette boîte noire était plus présente que toi. Elle est ce fantôme qui me nargue, qui me rappelle ton absence. Je sais je l’ai cherché. Mais que voulais-tu ? J’ai pensé que m’éloigner te pousserais à me chercher. La naïveté n’est qu’un de mes nombreux défauts.

« Et au sud de mes peines, j’ai volé loin de toi, pour couvrir mon cœur d’une cire plus noire que tous les regards lancés à mon égard »

Berlin.

Combien j’ai pleuré. J’ai pleuré. Tout ce que je pouvais. Est-ce que tu le savais ? Oui, tu le savais. Tu savais tout de moi. A qui tes regards dédaigneux étaient-t-ils adressés ? Moi ou mes larmes ? Je t’aimais tu sais.

« J’ai tenté de voler loin de toi. J’ai tenté de voler loin de toi »

Rome.

J’aurais tout tenté. Je suis partie. Pour toi j’ai tout lâché. Pour t’oublier j’ai tout laissé. Je suis condamnée à observer les italiens chanter leur hymne au bonheur tandis que mon cœur s’obscurcit de jour en jour de ton absence. Comme ils ont l’air heureux. Aurais-tu aimé être heureux comme ça avec moi ? Tu n’as jamais rien voulu de moi. Seulement mon corps dans ton lit, de la chaleur à sens unique. Tu es ce couteau qui me déchire la poitrine et tu ne le sais même pas, tu ne veux même pas te rendre compte. Mais à voler de capitale en capitale, il se pourrait que je m’en aille.
Pas que ça t’importe.

« Tu fus plus facile à suivre dans la ville qui devint notre plus grande fuite »

Moscou.

Tu te rappelles du tournage de ce nouveau film où tu apparais ? Celui qui t’as mené aux Golden Globes et aux Emmy Awards. Celui où tu m’as emmenée avec toi. C’était ici, tu te souviens ? Dans le froid mordant d’un Moscou en plein hiver. Après ton appel, j’avais sauté de joie dans tout mon pitoyable appartement, pensant que j’avais mon semblant d’importance à tes yeux. Je t’ai suivi. Moscou était devenue ma ville idyllique, celle de notre plus grande fuite. Tu tournais toute la journée et bêtement le soir je t’attendais. Tu me faisais l’amour, tu dormais, tu repartais. J’avais appris par cœur la mélodie qui avait bercé tout mon hiver cet année là. Naïvement, je pensais que j’étais celle que tu voulais à tes côtés pour le restant de tes jours. L’amour rend aveugle n’est ce pas ?

« Et moi, étendue dans ce lit, je contemple ce que je t’ai donné de ma vie »

Tokyo.

Par la fenêtre, j’observe les voitures filer droit devant elles. C’est une succession de petites boules lumineuses dans le noir de la nuit. Personne ne manque à son devoir, elles vont droit devant elles, sans jamais dévier, comme notre relation. Elle était cette longue ligne droite de boules lumineuses. Mais dans un couple, les lignes droites ne sont jamais de bonnes augures. J’aurais au moins appris ça, de toi et moi. Sans accident, les relations sont vouées à l’échec car il n’y aura jamais eu de sentiment. Tu m’auras pris beaucoup de choses. Des parties vitales même. Mais garde-les. Je n’ai plus besoin de ton souvenir. J’apprendrais à voler sans toi à mes côtés.

« Et au sud de mes peines j’ai volé loin de toi, pour couvrir mon cœur d’une cire plus noire que tous les regards lancés à mon égard »

New York.

Ton visage recouvre les journaux. Mon indifférence à ça me fait sourire. Ton sourire ne me fait plus pleurer, tes yeux ne m’assassine plus, ta voix à la télé ne me perce plus le cœur. J’ai appris à voler et tu n’es plus là pour me retenir au sol.

« J’ai tenté de voler loin de toi, j’ai tenté de voler loin de toi »

Paris.

Alors maintenant regarde prendre mon envol.

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Les paroles en italique viennent de la chanson « C’était salement romantique » de Coeur de Pirate.

D.GRAY-MAN ==> Chapitre 8 <== Love or reason ?

4 mai 2011

La mystérieuse prétendante au trône s’était volatilisée depuis l’incident de la veille. Elle préoccupait Allen plus qu’elle ne l’aurait du. Des centaines d’endroits défilaient dans sa tête sans qu’il parvienne à ne trouver une moindre idée d’où elle pourrait être cachée. Même les repas succulents qu’on leur servait ne le calmait pas, lui qui avait l’habitude d’être un glouton hors pair. Lenalee fronça les sourcils, inquiète à son propos. Elle donna un bref coup de coude à Krory qui, plongé dans sa dégustation, sursauta à ce contact. Elle lui montra Allen de la tête, la mine inquiète. Celui-ci semblait s’énerver dans le vide en plein dîner et on devait l’appeler plusieurs fois pour qu’il comprenne qu’on cherchait à lui parler.

-Allen, quelque chose ne va pas ? chuchota Lenalee.

Mais celui-ci ne l’entendit pas. Son visage s’illumina, sûrement grâce à une idée qui ne lui était pas venue auparavant, mais se renferma quelques secondes après. Mauvaise idée.
Lenalee lui réserva le même sort que Krory et lui mit un coup de coude dans le ventre, mais avec une plus grande force.

-Aïe ! Ca va pas ! s’exclama Allen.
-Tu n’écoutes personne et on dirait que tu essaie de tuer du regard Dieu sait quoi !

La voix de l’exorciste fut teintée de gêne.

-Hum… Ah… Je cherchais juste où pouvait être cachée Shizuka.
-Shizuka ? demanda Krory. Qui est-ce ?
-La princesse, répondit Allen, l’expression perplexe.
-Depuis quand tu appelles la princesse de Chine par son prénom ! rouspéta Lenalee.
-Elle m’y a obligé ! se défendit-il. Elle ne voulait pas que je la vouvoie !
-Oui et bien pour le moment, nous sommes en plein repas avec l’empereur, alors, s’il te plaît, évite de l’appeler Shizuka ou de grommeler dans le vide !

Effectivement, l’empereur, assit au bout de la table, les regardait avec une mine soucieuse. Lenalee tenta de rattraper cette interruption par un de ses plus beaux sourires et profita pour mettre un coup de pied à Allen sous la table, incognito. Celui-ci grommela un « Aïe » pour lui-même et imita sa coéquipière.

-Quelque chose  ne va pas ? questionna l’empereur.
-Oh non, tout va bien ! Le repas est succulent ! rattrapa Lenalee, embarassée.
-Oui, vraiment excellent ! rajouta Krory, qui se délectait  de ce repas.
-Est-ce que vous pourriez nous parler de votre fille ? demanda Allen derechef ce qui lui valut un autre coup de pied enragé de la brunette sous la table.

L’empereur sembla quelque peu dubitatif.

-Euh… Ma fille ? Eh bien, ma foi, je ne sais pas trop quoi dire, là comme ça… dit-il. Elle aime beaucoup aider les gens, elle est vraiment maladroite… Hum.. Elle aime énormément la couture, elle y passe beaucoup de temps. Et elle passe beaucoup de temps dans le jardin et en ville…
-En ville ?! Mais elle veut que je me perde ?! La garce ! ragea Allen.

Un silence envahit la pièce. Lenalee, plus honteuse que jamais, lui planta les ongles dans la cuisse, ce qui le fit crier.

-Aïe ! Mais ça va vraiment pas ma parole ! Ca fait mal ! protesta-t-il, jusqu’à ce qu’il voit l’assistance dubitative. Ahem… Ce n’est pas vraiment ce que je voulais dire… tenta-t-il de se rattraper.

Soudain, une idée lui traversa l’esprit.

-Attendez ! Vous avez dit qu’elle aimait la couture ? Mais oui c’est ça ! C’est peut être pas une garce d’avoir voulu me perdre en fait !

Il se leva furtivement et partit en courant dans le jardin. Lenalee se cacha le visage dans les mains, trop honteuse pour faire autrement. Krory, lui, ne semblait n’avoir rien compris.

-Bah, où s’en va-t-il ? demanda-t-il.
-Tais toi Krory, tais toi, répondit Lenalee.

Il rougit de confusion et plongea son regard dans son assiette.
Dans le jardin, Allen tenta de retrouver le chemin qu’ils avaient emprunté à leur arrivée, mais le jardin semblait plus grand qu’il ne se le rappelait.

-Eh merde !

Il avait arrêté de compter le nombre d’arbres, d’étang, de buissons ou de parterre de fleurs il avait passé depuis bien longtemps. Il soupira d’exaspération et s’arrêta, scrutant l’horizon, bien que caché par le nombre indéchiffrable d’arbres.

-Pourquoi je suis parti tout seul ! Et pourquoi ce jardin est-il si grand ?! pesta-t-il dans le vide.

Il donna un coup de pied dans un rocher et s’assit dessus, résolu à attendre du secours, tout en espérant que celui-ci ne vienne pas de Lenalee, qui se ferait une joie de l’assassiner après ce qu’il avait fait au dîner. Mais bien vite l’inactivité excéda. Il balança ses jambes de droite à gauche, puis de haut en bas, changea de position trente fois, baissa la tête, la monta. Il finit par glisser et tomber dans un buisson où une forme poilue lui roula dessus. Il ouvrit les yeux et se retrouva face à face avec un chat. Il poussa un cri strident qui fit fuir le chat et se releva. Une fois sorti du bosquet, il observa le chat disparaître derrière un autre taillis. Il crut d’abord avoir rêvé, puis aperçu ce qu’il avait cherché tout ce temps. Il y trouva la boîte de couture et les différents tissus qu’il avait aperçu à sa première venue. Son visage éclaira et il se dirigea vers l’arbrisseau qui avait fait disparaître le chat. Il y pénétra et après s’être pris une mordante gifle par une branche mécontente de sa venue, il finit par trouver une trappe.

-Une trappe ?

Il l’ouvrit et après avoir posé un pied sur l’escalier qui y était dissimulé, glissa et dévala la pente sur le dos. Il hurla et tomba face contre terre sur des dalles froides.

-Bordel ! rouspéta-t-il.
-Toi ?! s’étonna une voix féminine.

Il releva la tête et aperçu la princesse, les pieds ramené vers elle-même et assise dans un coin de la pièce, le chat calé contre son ventre et entouré de ses bras.

-Mais où on est ?! C’est un nouveau moyen d’arriver au pays des merveilles ? ronchonna-t-il.
-Ma cachette, répondit sèchement Shizuka, apparemment dérangée.

Allen fronça les sourcils devant cette agressivité et se redressa pour aller s’assoir à côté d’elle.

-Je t’ai cherché partout ! En c’était plutôt compliqué avec mon mauvais sens de l’orientation ! Et Lenalee me déteste maintenant ! En plus je me suis pris ton chat dans la figure, je me suis pris une baffe par une branche, j’ai glissé d’un rocher et je crois que ton père me prend pour un fou ! continua-t-il.

Il décrocha un rire à la princesse.

-Il te prend peut-être pour un fou, mais tant que tu seras un exorciste il te donnera les meilleurs traitement qu’il puisse donner, répondit-elle, ne riant plus qu’à moitié.

Il se tourna vers elle, perplexe.

-Pourquoi ça ?
-Il aime bien trop le pouvoir… Et mon absence.

Sa voix semblait brisée.

-J’aurais du m’en douter, je ne suis qu’une idiote, ajouta-t-elle, séchant les larmes qui perlaient à ses yeux.
-C’est quoi cette histoire ?

Elle marqua une pause, ravalant les larmes qu’elle ne voulait pas laisser couler.

-Mon père n’a jamais été heureux de l’idée que je puisse un jour prendre le trône. J’essayais de faire de mon mieux pour qu’il n’ai pas honte de moi mais je suppose que je n’avais rien de ce qu’on attendait d’une reine… J’aimais trop passer du temps avec les habitants de Pékin, plutôt que de me préoccuper de l’administration du pays. Je suis incapable de prendre des décisions… Je n’ai rien à faire sur un trône.

Elle caressait nerveusement son chat, tentant de regarder tout sauf Allen.

-Et maintenant il veux les secrets que personne ne sait. Les exorcistes… Tout est si flou sur vous. Personne ne sait rien de votre organisation. Mon père a du apprendre d’une manière que j’ignore cette histoire d’innocence. C’était une double victoire pour lui, il m’écarte du trône et a quelqu’un infiltré dans le Vatican, poursuivit-elle, ravalant un sanglot et se cachant le visage dans ses genoux.

Le chat miaula et se frotta contre ventre en miaulant, sa manière de la soutenir, ne semblant pas supporter les larmes de sa maîtresse. Allen, un peu embarrassé, lui caressa le dos.

-Il veux que je parte, lâcha-t-elle entre deux sanglots. Pendant des années je me suis mentie en essayant de m’imaginer qu’un jour il m’aimera. Je ne mérite pas d’être sa fille.

Allen passa un bras autour d’elle, ce qui fit relever le regard à la princesse.

-C’est lui qui ne mérite pas de t’avoir comme fille, répondit-il.

En guise de réponse elle nicha sa tête dans son cou et passa ses bras autour de lui. Un peu surpris, il mit un peu de temps à réagir. Il finit par l’étreindre. Il restèrent de longues minutes ainsi, l’un contre l’autre. Il caressa ses cheveux, pendant que ses larmes se séchaient presque. Bien que sachant qu’il ne devrait pas faire ça, ils ne bougèrent pas. Elle ne pouvait pas partir, même si elle le voulait, elle avait trop besoin de lui. Ils ne se connaissaient pourtant pas depuis longtemps mais chacun envahissait la pensée de l’autre, beaucoup trop pour qu’ils y restent impassibles.
Shizuka finit par se relever, séchant ses larmes. Ils se regardèrent dans les yeux. Ils n’arrivaient pas à regarder ailleurs. Allen passa une main dans ses cheveux tandis qu’ils continuaient à se scruter mutuellement des yeux. Malgré la gêne, la jeune femme ne bougea pas, comme hypnotisée. Il s’approcha lentement d’un regard insistant, d’un regard qui demandait la permission d’aller plus loin. Il prit l’inactivité embarrassée de Shizuka pour une réponse affirmative. Il pressa ses lèvres contre les siennes, sans qu’aucune résistance ne vienne de la princesse. Elle passa gauchement une main dans sa nuque. Ils se séparèrent de quelques centimètres, s’observant timidement. Allen tenta de dire quelque chose pour justifier son acte mais la belle le coupa, s’emparant de nouveau de ses lèvres. S’en suivit un un baiser passionné, leurs étreintes se faisant plus étroites au fur et à mesure que la timidité s’en allait. Lorsqu’ils arrêtèrent pour reprendre leur souffre elle posa sa tête sur son torse et resta là, serrée contre lui.

-Reste avec moi, s’il te plaît… supplia-t-elle.
-Autant de temps que tu veux, répondit-il, tout en la pressant contre lui.

Dans une autre pièce, l’ambiance était toute autre.

-Mais où il est ?! s’écria Lenalee en faisant les quatre cents pas dans sa chambre, Krory l’observant peureusement, assis sur un fauteuil. Il est parti depuis bientôt 6 heures ! Si il est parti se perdre en ville, je le tue ! Je te promets que je le tue !

Elle terrifiait Krory lorsqu’elle s’énervait. Parce que Dieu savait qu’il ne fallait pas énerver Lenalee. On lui avait raconté qu’une machine du nom de Komulin 2 en avait subi les conséquences. Et que ce n’était pas beau à voir. Il se contenta donc de rester nerveusement assis sur fauteuil.

-J’en ai assez ! Je vais aller le chercher ! hurla-t-elle.

Krory se risqua à répondre.

-Mais le temps qu’on cherche dans tout le jardin et dans tout Pékin, il sera sans doute revenu… dit-il, à ses risques et périls.

Elle lui lança un regard noir, tenta de dire quelques paroles venimeuses mais seul le silence envahit la pièce. Elle se laissa aller sur le lit, découragée.

-Pas bête, répondit-elle.

Krory acquiesça, heureux que ses paroles ne l’ai pas mené à une mort certaine.

Dans le couloir désert, deux personnes se tenaient la main, recherchant quelque chose.

-Tu es sûre que les chambres sont là ? Parce que pour moi toutes ces couloirs sont identiques, bougonna Allen.
-C’est quand même chez moi , je te rappelle ! rouspéta Shizuka. Tes amis devraient plus être bien loin.

Ils s’arrêtèrent devant une porte dont la chambre semblait être allumée. Elle hésita à prendre le poignée.

-Tu crois qu’il devrait savoir pour… ce qu’il s’est passé ? demanda-t-elle, les joues soudainement rouges.

Il sourit, attendri par sa maladresse et la prit dans les bras de derrière.

-A toi de voir, répondit-il.
-Hum… Je préfère … Plus tard… rougit-elle.

Elle se tourna et l’embrassa furtivement. Elle se défit de son étreinte et ouvrit la porte. Lenalee et Krory les observèrent depuis le lit, le visage surpris.

-Enfin ! s’exclama Lenalee. Où étiez-vous passés ?! rouspéta-t-elle.
-Je l’ai cherché, et puis moi et mon sens de l’orientation tu sais… répondit-il sur le ton de la plaisanterie.
-Oui… soupira-t-elle, soulagée de les avoir retrouvés.

Elle posa une main sur l’épaule à Allen en la tapotant.

-Bien ! C’est une bonne chose que tu sois enfin de retour avec la princesse.
-On a cru que tu t’étais perdu dans Pékin ! Ca aurait été l’enfer pour te retrouver… Ton sens de l’orientation pitoyable est imprévisible… se désola-t-il. Je m’étais imaginé le pire sur les endroits où on aurait pu te retrouver.

Le vampire se lança dans un sorte de monologue sur le sens de l’orientation d’Allen. Après une longue énumération de tout les endroits auxquels Krory avait songé durant ses longues heures d’attente, Allen, courroucé, le stoppa.

-Oui bon d’accord, j’ai compris !

Shizuka étouffa un fou rire devant la liste improbable de Krory qui allait de la Volga à un bordel quelque part en Inde. Allen fit une moue boudeuse.

-Où je suis supposé dormir ? coupa Allen.

Lenalee fut un peu gêné.

-Bah.. C’est-à-dire qu’en t’attendant … Krory et moi, on s’est un peu approprié cette chambre et elle n’est que pour deux… Je suis désolé ! s’excusa la belle exorciste.
-Ce n’est pas grave ! rattrapa Shizuka. Il y a tellement de chambres ici que je suis sûre qu’on pourrait accueillir le double de la Congrégation ! Ca ne devrait pas poser de problèmes de lui trouver une chambre.
-Merci beaucoup ! remercia Lenalee, soulagée.

Shizuka fit signe à Allen de le suivre. Il la suivit sans broncher. Elle s’arrêta quelques portes plus  tard.

-Tu n’as qu’à prendre celle là, elle est proche de celle de tes amis, dit-elle en souriant.
-Merci !

Il ouvrit la porte et pénétra dans la chambre obscure. Il s’arrêta et se tourna vers Shizuka qui était restée sur le seuil. Il ricana.

-Ne reste pas plantée là. C’est soit tu viens soit tu pars, dit-il en riant.

Elle rougit et prise de doute se questionna sur laquelle des décisions était la plus sage. Mais son envie pris le dessus sur sa raison. Elle entra dans la chambre. Elle rougit en détournant le regard.

-On va dire … Que je vais rester…

Allen rigola. Il s’approcha d’elle et l’enlaça, ce qui eut pour effet de redoubler le rouge qui envahissait ses joues. Elle se laissa aller contre lui. L’amour avait décidément bel et bien pris le dessus sur sa raison.

D.GRAY-MAN ==>Chapitre 7<== Pourquoi ?

12 mars 2011

Ils attrapèrent également la jambe d’Allen. Les deux personnes eurent à peine le temps de crier que les prisonniers les avaient attirer dans un sombre tunnel. Après une longue glissade, ils atterrirent dans un endroit humide et sale. La pièce empestait. Et pour cause. Autour d’eux se tenait quelques cadavres en décomposition, rongés par les rats et les bêtes s’étant aventurés dans les tréfonds de cet horrible endroit. Les larmes embuèrent les yeux de Shizuka qui tentait vainement de s’enfuir, toujours harcelée par les râlements incessants des détenus.

-Faites moi sortir ! hurla-t-elle.
-Pas sans nous… susurra une des voix.

Allen plissa des yeux, aveugle dans cette obscurité. Il repéra quelques formes de vie un peu plus loin, rampant sur le sol. Sa bouche se tordit de dégoût devant ce qui semblait être le reste d’un humain. On aurait dit que son corps était déjà mort, et que quelques miracles de leur esprit l’obligeait à se mouvoir. Il inspecta les alentours cherchant un quelconque échappatoire. Après quelques secondes de réflexion, il saisit Shizuka, la soulevant de terre, et se créa un passage dans le mur en le pulvérisant à l’aide de son bras gauche. La princesse n’eut pas le temps de comprendre et s’agrippa à l’exorciste, apeurée. Les voix infernales s’éloignèrent tandis qu’ils se cachèrent dans une pièce à l’apparence vide. Ils s’affalèrent sur le sol froid, haletants.

-Est-ce que ça va ? demanda Allen après avoir repris son souffle.
-Oui… lâcha-t-elle entre deux inspirations.
-Vous êtes une princesse alors ?

Elle acquiesça brièvement, fixant ses pieds. Après un mince silence, le jeune exorciste aborda la question qui lui brûlait les lèvres.

-Qu’est ce que vous suppliez que l’on vous enlève lorsque le garde vous poursuivait ?
-Vous m’avez entendu ?! s’exclama la jeune femme que la terreur avait de nouveau animé les pupilles.
-Oui, hésita-t-il à dire.

Elle se recroquevilla sur elle-même et étendit les bras devant elle, remontant ses manches. Elle ôta ses gants dévoilant aux yeux de l’exorciste ses mains noires. Des fragments d’innocence étaient disposés ça et là le long de ses mains, remontant jusqu’à la moitié de son avant-bras.

-L’innocence de Suman.. ? demanda Allen.

Shizuka afficha un visage perplexe.

-Désolé… Je ne connais pas de Suman… Je devrais ?

Ce fut au tour d’Allen de ne pas comprendre. L’incompréhension déforma ses traits.

-Mais … Ce n’est pas vous qui avez volé l’innocence à Suman ?! Mais elle est entre vos mains maintenant !
-Qui est Suman ?! Et je n’ai rien volé !
-Mais si ce n’est pas vous qui l’avez volé, qui l’a fait ?! Komui a dit que la trace de l’innocence à Suman s’arrêtait à votre famille !
-Mais qui sont ces gens ?! gronda la princesse.

Les deux s’observèrent, dubitatifs. Allen brisa le silence.

-Qu’est ce que vous savez sur l’innocence qui se trouve maintenant entre vos mains ?
-On me l’a implanté, sans me demander mon avis. Je ne sais même pas pourquoi, ni le but de cette manœuvre. Mais je veux qu’on me l’enlève !
-Qui vous l’a implanté ?
-Des gens à la solde de mon père. Je ne les avais jamais vus avant.

La mine grave, il détourna le regard sur le mur d’en face, plongé dans une profonde méditation.

-Quelque chose ne va pas ? demanda la jeune femme, soucieuse.

Tiré de ses pensées, Allen sursauta.

-Hein ? Non ! Tout va bien…

La blonde fronça des sourcils.

-Est-ce que tu me prendrais pour une idiote ? Je ne suis pas dupe ! s’exclama-t-elle, une mine boudeuse déformant ses traits délicats.

L’exorciste gêné, rougit légèrement, découvert dans son mensonge. Il tenta de se justifier mais Shizuka ne semblait déjà plus écouter, alertée par des bruits venant du couloir. Elle marcha avec précaution vers la porte. Allen soupira de soulagement. Il n’avait pas eu à expliquer l’histoire qui le reliait à cette innocence. Les gestes maladroits que Shizuka tentait de contenir la rendait adorable. S’efforçant de paraître adroite elle rattrapait ses trébuchements du mieux qu’elle pouvait. Sa luxueuse robe n’était pas en très bon état et la course effrénée l’avait épuisée. Elle poussa le battant de la porte et aperçut un corps qui s’accrocha à ce qu’il restait de ses atours dans des soupirs saccadés terrifiants.

-Attenti- ! cria l’exorciste.
-Mon Dieu ! Il est blessé ! s’exclama avec horreur la princesse, s’agenouillant auprès de l’homme à mi-chemin entre la vie et la mort.
-Hein ?! s’étonna son camarade.

Elle commença à arracher des pans de sa robe pour panser les blessures du mourant, semblant oublier que celui-ci voulait probablement sa mort. Allen resta là, figé et ouvrant des yeux globuleux.

-P-Princesse … ? demanda-t-il.
-Amène moi de l’eau ! s’écria-t-elle.

Devant l’inactivité de son compagnon, Shizuka rouspéta et saisit le sac à Allen, fouillant prestement les affaires de l’exorciste sans qu’il ne pût protester. Elle saisit triomphante la gourde de celui-ci.

-De l’eau ! annonça-t-elle, victorieuse.
-Mais il ne vous veut aucun bien ! réussit finalement à articuler le garçon aux cheveux blancs.
-Hein ? Mais on s’en fiche de ça ! grogna la jeune fille appliquant le liquide sur les plaies, arrachant des cris de la part du prisonnier. Désolée ! Vraiment désolée, mais je suis obligée ! s’excusa-t-elle auprès du prisonnier.

Elle se retourna vers Allen.

-Et toi ne me vouvoie pas ! Je déteste ça ! ronchonna-t-elle.
-Euh, d’accord…

Elle serra autour des meurtrissures du prisonnier les morceaux de robe qu’elle avait arrachée, y mettant le plus grand soin.

-Aide moi ! lança-t-elle à son cadet.

Allen vint en aide à la princesse, ne sachant pas trop quoi faire. Celle-ci posa la tête de l’homme sur ses genoux, lui mouillant le visage. L’exorciste fit la grimace, se demandant comment elle pouvait poser un corps à la limite de la décomposition sur ses genoux. Mais il réalisa qu’il aurait fait la même chose si ça avait été son ami. Oui sauf que dans le cas présent il voulait la mort de Shizuka.
Les plaies pansées, la jeune femme bomba le torse, un sourire fier collé au visage.

-Et une bonne action, une ! se gratifia-t-elle.
-Pourquoi vous faites ça ?! Il veut vous tuer !
-Arrête de me vouvoyer !

La princesse marqua un temps de pause, puis regarda le prisonnier, puis Allen, continuant ainsi pendant une bonne minute pour finalement s’écrier :

-Quoi ?! s’horrifia-t-elle. Vous voulez ma mort ?! interrogea-t-elle le prisonnier.

Allen ouvrit de grands yeux. Elle ne s’était même pas rendue compte qu’on voulait sa mort dans cet endroit. Sa candeur et sa naïveté l’épatait, le laissant sans voix. Elle s’agita gênée et confuse, jetant des regards désespérés un peu partout, ne sachant même pas ce qu’elle cherchait si éperdument des yeux. La victime et agresseur prononça enfin des mots audibles.

-Je ne veux pas vous tuer…Enfin plus… lâcha-t-il entre deux râlements.
-Oh mon Dieu, quel soulagement ! s’exclama Shizuka dans un bruyant soupir. Ca aurait été un peu problématique que l’homme que je soigne me tue ! Mon Dieu ! Je me serais tuer moi-même alors ! Mais ça aurait été stupide comme mort !

Allen se retint d’ajouter «Aussi stupide que de le soigner ». Il soupira lui aussi, mais d’accablement, puis sourit devant sa naïveté. Le prisonnier les ramenèrent à la réalité.

-Je peux vous faire sortir d’ici si vous voulez… susurra-t-il.
-Oh, chic ! Vous êtes génial monsieur !

Allen ne s’étonna même plus de son innocence.

-Il va nous faire sortir d’ici ! s’exclama-t-elle, plus joyeuse qu’elle ne devrait l’être.

Elle se leva mais remarqua que son nouveau guide ne pouvait pas en faire de même.

-Oh pardon !

Elle se baissa pour essayer de le porter mais se contenta de le soulever de quelques centimètres pour finalement s’écrouler sur le mur sous le poids de sa charge. Allen se précipita, toujours aussi affligé par sa bêtise.

-Laisse moi faire, dit-il.

Elle rougit et bougonna qu’elle aurait pu le faire si elle s’y était mieux préparer, mais l’exorciste ne l’écouta pas et porta l’homme sur son dos. Ils s’aventurèrent sous les conseils du prisonnier dans les différents couloirs.

-Si vous savez comment sortir pourquoi ne pas être sortis alors ? demanda Shizuka.
-Parce que la seule sortie autre que l’officielle donne sur les quartiers des soldats, répondit-il.

La princesse pâlit. Allen le remarqua et lui sourit.

-Ne t’inquiètes pas. On les évitera si tu veux.

Elle leva les yeux vers l’exorciste rougissant légèrement et acquiesça de la tête. Leur marche était interminable. Shizuka regarda piteusement sa robe, maintenant raccourcie jusqu’au dessus du genou. Ses pieds la torturait et on ne voyait presque rien dans ce labyrinthe. Elle prenait soin de toujours se trouver près d’Allen et du prisonnier par peur de se perdre. Mais l’exorciste ne semblait pas avoir un très grand don pour l’orientation. Elle sentit quelque chose filer entre ses jambes et hurla pour s’accrocher au pauvre Allen qui se retrouvait maintenant avec deux charges. Les deux rougirent et leur guide soupira d’exaspération.

-Désolé, murmura à moitié la princesse en lâchant le bras de son compagnon.
-Pas grave, répondit-il, les joues toujours rosées.

Ils continuèrent leur chemin dans un silence seulement briser par les indications du prisonnier. Ils finirent par arriver devant un simple mur semblable à tous les autres.

-C’est là, dit le blessé.
-Mais il n’y a rien là, ajouta Allen.

La princesse s’approcha des murs et les tâta.

-Qu’est ce que vous faites ? demanda Allen.
-Tu ! enragea Shizuka.
-Euh … Qu’est ce que tu fais ?
-Je cherche à voir si il n’y a pas un autre mur derrière ce mur ! rayonna l’héritière des Qing, retrouvant mystérieusement son sourire radieux.

D’une certaine façon, elle était plutôt excentrique. Elle sortait complètement du lot, elle était à l’antipode de ce qu’on pouvait s’imaginer d’une princesse. Les seules qualités princières qu’on pouvait lui attribuer était sa beauté et l’amour de son peuple, ce qu’on ne pouvait pas vraiment reconnaître à tout les rois ou reines. Allen la regarda pensivement étudier méticuleusement ces dalles avec une obstination farouche lorsqu’elle finit par pousser un cri de satisfaction.

-Je sais ! s’exclama-t-elle.

Elle déplaça les divers vieux meubles qui reposait contre ce mur et on put découvrir qu’il y avait des briques manquantes, dévoilant un autre mur derrière celui qui s’offrait à leurs yeux.

-Qu’est ce que c’est que ça ?! s’étonna Allen.
-Un autre mur dans le mur ! s’enjoua Shizuka, fière d’elle-même, disant ça sur le ton le plus naturel au monde.

Elle s’affaira immédiatement à décaler les briques comme dans un puzzle, mais celui-ci était gigantesque.

-Comment as-tu trouvé cet autre mur ? remarqua Allen, épaté.
-C’est évident ! Parce que si la sortie est ici et qu’on ne voit qu’un mur c’est que la sortie est derrière le mur ! C’est juste logique !

Un long silence s’installa sans que la princesse n’y prête garde, toujours atteler à sa tâche. L’exorciste n’avait plus la force de répliquer. Lui qui lui avait cru une once de génie, avait été déçu en un temps record de trois secondes. Il ne pouvait cependant pas s’empêcher de la trouver attachante.

-Ca y est ! s’écria orgueilleusement Shizuka. J’ai réussie !

Maintenant une porte miniature se dessinait. La Qing s’agenouilla immédiatement pour ouvrir la petite porte et passer à l’intérieur non sans s’émerveiller.

-Waah ! J’ai l’impression d’être Alice au pays des merveilles ! C’est génial ! Je ne savais pas qu’on avait ça dans notre maison !

La simplicité avec laquelle elle accueillait les choses déconcertait Allen qui la suivit gauchement, portant toujours le prisonnier.

-Laissez moi ici, c’est déjà fini pour moi de toute façon.. susurra celui-ci.
-Pas question, déclara Allen. Si vous nous avez aidé à sortir d’ici, vous avez tout à fait le droit de sortir vous aussi.

Son interlocuteur esquissa un faible sourire.

-Merci, lâcha-t-il.

Lorsqu’ils se relevèrent ils firent face à une centaine de soldats en pleine dégustation dans ce qui semblait être une cantine. Ils fixèrent la princesse débraillée avec des yeux globuleux. Et pour cause, celle-ci était posté fièrement devant une petite trappe dont on n’avait jamais noté l’existence auparavant, regardant le restaurant comme si on lui avait montré des œuvres d’art authentiques, les habits déchirés et sales, et pour couronner le tout les cheveux emmêlés et la face terni par une quantité indéchiffrable de poussière.

-Je n’étais jamais venue ici ! s’émerveilla-t-elle.
-Princesse ?! s’exclama un des soldats.
-Que vous est-il arrivé ?!
-Nous vous avons enfin retrouvé !
-Où étiez vous ?!
-On a retrouvé la princesse !
-Il faut avertir l’empereur !
-On l’a retrouvé !

L’excitation de Shizuka s’était transformé en inquiétude, reculant d’un pas vers Allen et le prisonnier. Les soldats continuèrent de crier et la princesse fut prise de terreur. L’exorciste la regarda brièvement et prit sa main pour la trainer au milieu de la foule étonnée.

-Qu’est ce que vous faites à la princesse ?
-Relâchez la !

Allen tourna furtivement la tête vers eux.

-Nous sommes venus emmener votre princesse, ajouta-t-il simplement.

Un courant de stupéfaction traversa la foule de soldats alors que le jeune garçon aux cheveux blancs continua son chemin, la main dans celle de Shizuka qui évitait à tout prix les regards des soldats. Lorsqu’ils sortirent de la pièce elle se risqua enfin à prendre la parole.

-Comment ça vous allez m’emmener ? demanda-t-elle.
-Tu es une exorciste. Tout exorciste doit être emmener à la Congrégation.
-Qu’est ce que c’est un exorciste ?! Je ne peux pas partir ! Je suis la princesse ! Je ne peux simplement partir comme ça, au gré de mes envies !

Allen retira un gant à la princesse qui soudain exprima un mal à l’aise.

-Ce qu’on t’as implanté s’appelle une innocence et fait de toi une exorciste, expliqua brièvement l’exorciste.

Elle ne sembla pas comprendre.

-Tout les exorcistes doivent sans exception aller à la Congrégation .. ? Et est ce qu’on a un contact avec le monde extérieur lorsqu’on va à la Congrégation ? continua-t-elle, la mine soudain devenue sombre.
-Non … Pas vraiment … Seulement pour les missions… se risqua à répondre Allen, mal à l’aise.

Les larmes montèrent aux yeux de Shizuka et finirent par déferler en torrents sur ses joues pâles. Allen l’entendit seulement murmurer un « Pourquoi me l’as-tu implanter alors papa ? » avant de la voir s’enfuir en courant.

-Princesse ! s’exclama-t-il.
-Je pense qu’il faudrait la laisser seule le temps qu’elle encaisse ce qu’elle vient d’apprendre… ajouta le prisonnier dont ils avaient presque oublier la présence.

Il acquiesça de manière incertaine et regarda vers la direction où elle s’était enfuie. Il ne comprenait plus rien. Pourquoi est ce que cette innocence a pu entrer en résonance avec elle alors qu’elle était celle de Suman ? Pourquoi elle ne sait rien dessus ? Pourquoi est ce que son propre  père lui a fait implanter ça ?
A l’étage Lenalee et Krory attendaient toujours, adossés contre le mur. Ils étaient sur le point de céder au sommeil lorsque Shizuka passa en hâte devant eux sans même les voir, cachant son visage larmoyant dans ses mains.

-Que, qui, quoi ?! s’écria Krory déconcerté.
-Princesse ?! s’exclama Lenalee.

Mais le temps qu’ils ne se lèvent, Shizuka était déjà partie bien loin. Ils se regardèrent confus.

-Qu’est ce qu’il vient juste de se passer à l’instant ? demanda Krory qui décidément ne comprenait rien à la suite des événements.
-On aurait dit qu’elle pleurait… ajouta Lenalee inquiète.

Une demi heure plus tard, Allen apparut avec sa charge sur le dos.

-Allen ! s’exclama Lenalee.
-Que s’est il passé avec la princesse ? On l’a vu quelques minutes auparavant courir en pleurant ! dit Krory.
-Elle a appris des choses qu’elle aurait préféré ne jamais savoir… répondit Allen, inquiet à propos de Shizuka.

Il ne pouvait pas s’empêcher de se soucier de Shizuka et ne pouvait pas oublier ces derniers mots.
Mais pourquoi est ce qu’il a implanté ce fardeau à sa propre fille ?

D.GRAY-MAN ==> Chapitre 6 <== La terreur d’une princesse en cage

25 décembre 2010

Cela faisait deux jours qu’ils voyageaient, empruntant des calèches parfois, mais souvent ils faisaient la route à pieds. Contrairement à ce que son statut de bourgeoise aurait pu laisser penser, Yuka ne semblait pas du tout fatiguée. Les autres en arrivèrent à la conclusion que cela devait être les conséquences d’avoir passé près de 8 ans en Inde. Elle semblait portée une grande attention aux environs.

-Qu’est ce qui t’intéresse tant dans le paysage ? demanda Marie.
-Tout ! s’exclama-t-elle, le sourire aux lèvres. Je mémorise tout les nouveaux paysages ! Découvrir le monde c’est passionnant non ? Je me suis rendue compte que je n’avais jamais vraiment vu la France. Je m’étais arrêtée à Paris.
-Tu ne partais jamais de ton manoir ?
-Pratiquement. Lorsque je sortais c’était parce que mes parents devaient partir longtemps dans un pays étranger et ne pouvait donc pas me laisser seule, bien que ça ne m’aurait pas dérangée. En fait ça revenait au même.

Marie laissa échapper un « Ah » et ils continuèrent leur route. Ils étaient maintenant dans un endroit déserté. Ils n’avaient pas croisés d’hommes, de diligences ou de maisons depuis des heures qui leur avaient semblé des jours. Soudain le golem de Lavi ouvra grand la bouche pour laisser échapper l’image d’un étrange homme aux cheveux mi-longs et bruns, des lunette posés sur le nez et un sourire crétin indélébile posé sur les lèvres.

-Komui ?! s’étonna Lavi.
-Komui ? s’interrogea Yuka.
-Komui ! s’exclama Allen.
-Mais moi aussi je suis content de vous voir, rétorqua le susnommé avec le même sourire idiot.
-Pourquoi vous nous appelez ? demanda Marie.
-Pour une mission en Chine. L’innocence de Suman a été volée après la mort de celui-ci. Et tout porte à croire que les voleurs sont en Chine et qu’ils sont à la solde de l’empereur Qing.
-De quoi ? s’horrifia Miranda.
-L’innocence de Suman … volée ? tenta d’articuler Allen.
-C’est cela. Allen on aura besoin de toi pour cette mission. C’est toi qui a récuperé l’innocence de Suman avant que le Noé ne la détruise. Tu rejoindras Lenalee, Krory et Kanda là bas. Ils sont déjà en route. Un golem t’apportera ton billet de train, pour l’instant contente toi de te diriger vers la gare de Strasbourg.  Tiens, serait-ce la nouvelle recrue ? questionna Komui, s’étant enfin rendu compte de la présence de celle-ci.
-Yuka Fukari, se présenta rapidement la femme.
-Oh ! La fille des Fukari ! Bien, bien ! s’exclama-t-il. J’espère que tu feras de bons débuts !
-Elle en fait déjà… soupira Marie.
-Elle sait déjà se battre ? Fantastique ! Bon eh bien je vous laisse ! répondit-il.

La connexion fut coupée et le visage de l’étrange homme disparut. Ils restèrent un instant interloqués.

-Comment l’innocence de Suman a-t-elle pu être volée ?!
-On en sait rien Allen ! tenta Miranda de calmer son co-équipier.
-Et puis qu’est ce qu’ils veulent en faire ?! ragea Allen. Si ça se trouve elle finira dans les mains des Noés ! Bon sang !

Yuka regardait tout du même œil attentif qu’elle semblait ne jamais quitter. Elle enregistrait la moindre parole ou le moindre geste.

-Il ne finira pas dans les mains des Noés, Allen ! Toi, Lenalee et les autres vous empêcherez ça j’en suis sûre ! reprit Miranda.

Après un long silence, Yuka prit la parole.

-Les Noés ? questionna-t-elle.
-Oui, ils sont au service du- ! ne put finir Marie.
-Oui, oui , ça va je suis au courant. J’en ai déjà rencontrée une, rabroua-t-elle d’un naturel qui était décidément bien à elle.
-Tu as déjà rencontrée une Noé ?! s’exclama Lavi.
-Road. Malgré ses tendances au sadisme, on s’amuse bien avec elle.

Les exorcistes la regardèrent avec des yeux globuleux.

-On … s’amuse bien … avec une Noé ? s’estomaqua Miranda qui avait un très mauvais souvenir de sa première rencontre avec Road.

Allen explosa de rage.

-On s’amuse bien avec Road ?! Elle tue des gens ! Des centaines d’innocents ! Comment peux-tu dire si facilement que tu t’amuses bien avec elle ?! vociféra Allen.
-Elle est humaine après tout, rétorqua Yuka d’un sérieux glacial.

Les exorcistes se turent. Ils ne pouvaient rien rétorquer à cela. C’était vrai. Les Noés étaient des humains. La vérité leur avait asséner une claque et magistrale. Ils baissèrent la tête. Yuka détourna la tête et continua son chemin devant.

-Bon vous vous dépêchez ? On arrivera jamais sinon. On a qu’a aller à la gare avec Allen comme ça on trouvera peut-être un train pour la Congrégation.

Ils la suivirent piteusement. Lavi s’en remit rapidement. Il s’était habitué à ce trait de caractère chez Yuka. Elle défendait toujours tout le monde même les plus sombres des crétins. Et particulièrement les personnes différentes ou rangée du côté des méchants. Même lorsqu’elle n’y obtenait aucune reconnaissance. Elle soutenait toujours qu’on « ne pouvait blâmer l’homme pour avoir succomber à la tentation » que c’est « dans sa nature, on n’y peut rien, ca ne changera pas. » Elle ne croyait pas non plus au destin ou à la fatalité. Sur ce point, on ne pouvait que l’admirer. Elle était d’apparence manipulatrice, sournoise, démoniaque, excentrique mais elle était bien la seule qui s’arrêterait pour écouter un inconnu même dans ses désirs égoïstes, dût-elle y passer la nuit et sacrifier d’autres plaisirs qu’elle aurait pu s’offrir pendant ce temps là. Ils l’observèrent marcher dans ses habits d’homme. Elle était vraiment excentrique et étrange mais semblait s’en contrefoutre. Elle savait toujours où elle allait.

-Est-ce que c’est loin Strasbourg ? demanda Yuka.
-Cinq jours à pieds, deux jours en diligence, approxima Lavi.
-Paavan, ordonna sa maîtresse.

Il piaffa et s’envola dans les airs, disparaissant plus vite que l’éclair. Yuka s’assit sur un rocher, les jambes et les bras croisés.

-On a plus qu’à attendre, dit-elle.
-Ne prends pas les initiatives seule ! geigna Allen.

Il eût pour seule réponse un retroussement de nez dédaigneux de la part de Yuka. Il soupira et attendit, calé contre une barrière en bois. Ils attendirent 15 minutes avant que le volatile ne revienne. Il se posa sur le bras tendue de la femme et roucoula tandis que Yuka haussait la tête d’un air entendu.

-Tu .. Tu comprends ce qu’il dit ? demanda Allen estomaqué.
-Bien sûr. J’y arrive aussi avec toutes sortes d’autres animaux mais c’est plus facile avec Paavan. Attendez moi là.

Avant même d’avoir le temps de riposter ou même de comprendre, elle fusionna avec son innocence pour s’élancer dans les airs.

-Mais ! tenta de dire Miranda.
-C’était une sorte de fugue .. ? demanda Marie.
-Je ne sais pas, on ne sait jamais avec Mi- ! Yuka, dit Lavi, pas encore habitué au nouveau nom de la jeune femme.
-Je me demande ce qu’elle fabrique encore ! Elle est vraiment bizarre cette fille ! Tantôt elle rie aux éclats, tantôt elle est sérieuse, tantôt nostalgique, tantôt machiavélique. Rah, je ne peux vraiment pas la cerner ! ragea Allen.
-Il ne faut pas chercher à la comprendre. Elle fait tout comme elle l’entend. C’est selon son humeur et ses envies du moment, rajouta Lavi.
-Tu la connaissais bien non ? Vous étiez amis ? demanda Miranda.
-Si vous avez envie d’appeler ça comme ça … soupira le concerné.

Lavi leva les yeux au ciel, songeur, et ses camarades se demandèrent ce qui pouvait bien provoquer chez lui cette réaction mais préférèrent ne rien dire. Ils attendirent ainsi 20 minutes. Pendant ce temps là ils ruminaient, passaient le temps avec tout et n’importe jusqu’à ce qu’une diligence se dirige vers eux. Ils poussèrent des cris de joies.

-Une diligence !  s’exclama Allen.
-Mais ! Et Yuka ? demanda Miranda.
-C’est vrai qu’elle n’est  toujours pas rentrée … Et on ne sait même pas ce qu’elle est partie faire !

Un long silence s’installa.

-Komui va nous tuer …. marmonna Lavi.

La diligence s’arrêta devant eux et la porte s’ouvrit avec grand fracas pour laisser apparaître Yuka les jambes croisées, le sourire nargueur et un gros sachet de bonbons posés sur les genoux, engloutissant un par un les sucreries.

-Yuka ?! s’exclama Lavi.
-Bien, tu as retenu mon nouveau nom. Ca me rendrait presque nostalgique tiens. Bon et bien vous rentrez ou vous préférez faire le chemin à pieds ? sermonna-t-elle en esquissant un coup de tête qui incitait les exorcistes à rentrer.

Ils se pressèrent de rentrer. La diligence était très spacieuse et ils n’eurent pas de mal à tous rentrer.

-Comment as-tu pu trouver une diligence ?? Et aussi spacieuse ! s’extasia Marie.
-Oh, j’ai envoyé Paavan chercher une diligence. Sachant qu’il sait que je déteste les endroits étroits, il a trouvé cette diligence. Après tout est une question de persuasion, ajouta-t-elle avec un air narquois et un sourire démoniaque.
-Qu-Qu’est ce que tu as fait pour qu’il accepte de nous emmener jusqu’à Strasbourg … ? demanda Allen.
-Disons que j’ai usé de ma situation et de mes attributs, résuma Yuka.
-Toujours aussi explicite … marmonna Lavi. Et qu’est ce qu’on doit comprendre comme sous-entendus ?
-Oh mais rien du tout ! rétorqua hypocritement la jeune fille.

Ils s’observèrent et Lavi tourna la tête vers la fenêtre tandis que Yuka ne cessait de l’observer avec sévérité. Elle l’avait remarqué, il se comportait bizarrement. Elle tenta d’assembler les choses dans sa tête. Peut-être est-il sous le choc d’avoir découvert qu’elle était une exorciste tout comme lui ? Ou alors il ne s’attendait pas du tout à leurs retrouvailles. Mais quel crétin lui aussi ! Ils se l’étaient promis ! Ou alors … Elle avait complètement changé, elle lui faisait peur et il ne voulait plus jamais avoir affaire à elle ! C’est vrai que jusque là elle n’avait pas pensé à masquer ses sales manies et son mauvais caractère ! Elle se rendit compte alors qu’elle aurait peut être du être moi sincère et franche. De toute façon ça lui jouait toujours des tours ! Mais quelle idiote !

-Raaaaaaaaah ! râla Yuka en  se prenant la tête entre les mains et en ébouriffant ses cheveux dans un mouvement enragé. Idiote, idiote, idiote, idiote ! pesta celle-ci.

Ils la regardèrent stupéfaits et inquiétés. Allen tenta de la calmer et lorsqu’il essaya de prendre une de ses mains pour l’empêcher de s’arracher tout les cheveux, Yuka releva brutalement la tête le fixant dans les yeux avec sérieux.

-Je fais peur ? demanda-t-elle.
-Là tout de suite, plutôt … bredouilla Allen.
-Je le savais ! s’exclama-t-elle en geignant et se laissant aller sur le mur de la diligence.

Elle regardait le sol, les yeux vides de vie et l’air abattu. En face d’elle, Lavi la regardait perplexe. Ses changements radicaux d’humeur étaient terrifiants.

-Euh Yuka ? apostropha Lavi.

Tout à coup celle-ci leva brutalement la tête comme si elle avait guetté ces paroles depuis des lustres. Elle le fixait avec ces yeux remplis d’espoir ce qui le mit plutôt mal à l’aise.

-Hum… dit-il gêné, en retournant à sa contemplation du paysage.

La tête de Yuka se décrocha de ses épaules pour pendouiller piteusement dans le vide dans un élan d’espoir non comblé.

-Ah ! Yukaaa ! s’exclamèrent les autres. Lavi ! C’était quoi ce « Hum » à deux balles ! T’aurais pas pu trouver mieux ?!
-Rah, la ferme ! pesta-t-il cramoisi.

Un étonnement parcourut la diligence.

-Ooh … Il rougit … conclu Miranda.
-Pas du tout ! riposta le concerné.

Yuka pour la énième fois releva la tête avec espoir et remarqua elle aussi l’étrange couleur qu’avaient prises les joues de son ami d’enfance. Elle laissa échapper un petit « Oooh ! » d’étonnement avant que Lavi ne recommence à défendre son cas.

-Je ne rougis pas ! Il … Il fait chaud, dit-il.
-C’est nul comme excuse, répondit Miranda.
-Ah mais vous m’énervez !

Yuka se leva avec brutalité en levant le poing et en se cognant au passage au plafond de la diligence.

-J’ai décidé que je pourrais vivre jusqu’à 100 ans ! s’écria-t-elle triomphante avant de se rassoir avec le même empressement et ne quitta plus son sourire victorieux, jubilant sur place.
-De quoi ? dirent les quatre autres exorcistes en chœur d’un ton sec.

Mais Yuka ne répondit rien semblant s’être enfermée dans sa satisfaction. Ils soupirèrent et laissèrent passer le temps.
Ils arrivèrent enfin à Strasbourg où attendaient Lenalee, Krory et Kanda. Ils les rejoignirent.

-Yûûû ! s’exclama Lavi en s’élançant sur le plus froid d’entre eux qui sortit en un éclair son katana le pointant sur Lavi.
-Ne m’appelle plus jamais comme ça, siffla-t-il en insistant sur le jamais.
-Oh il s’appelle Yû ? demanda Yuka. Ah ça commence comme mon prénom ! s’exclama-t-elle. Ca donne YukaYû ! Ou YûYuka !

Yû pointa sur la nouvelle recrue son katana d’un air plus menaçant que jamais.

-Un mot de plus et je te tranche en rondelles ! grogna-t-il.

Yuka rit joyeusement ce qui eut pour conséquence d’énerver encore plus son interlocuteur qui appuya son arme sur sa joue. Elle arrêta de rire mais continua de sourire moqueusement. Il finit par retirer son sabre pour lui envoyer un dernier regard dédaigneux.

-Tss ! siffla-t-il.

Lavi et Yuka se tapèrent dans la main dans leur complicité retrouvée. Ils avaient toujours fait les 400 coups ensemble. Leur nouvelle diablerie qui leur attirait les foudres de Kanda les amusaient plus que ne les inquiétaient. Ils se sourirent avec sournoiserie. Yuka était rassurée, c’était redevenu exactement comme avant. Yuka observa la jeune fille aux longs cheveux coiffés en couettes.

-Tu ne serais pas Lenalee par hasard ? demanda-t-elle.

L’autre se retourna étonnée.

-Tu connais mon prénom ? répondit-elle.
-Allen m’a dit que j’avais à peu près les mêmes capacités que toi, rétorqua-t-elle. Enchantée, continua-t-elle en lui tendant la main, une lueur de défi ayant allumé ses prunelles.

Lenalee lui serra la main un peu déconcertée. Yuka pointa Krory d’un mouvement de tête.

-Et comment il s’appelle lui ? demanda-t-elle en esquissant un sourire.
-Krory. Il est aussi un exorciste. Il est symbiotique et son innocence se trouve dans ses dents, expliqua-t-elle. Oh ! Mais peut-être que tu ne sais pas ce que sont les différents types d’innocence, désolée… s’excusa-t-elle.
-Oh ne t’inquiètes pas pour ça, je sais pas mal sur les innocences !

Lenalee la regarda étonnée. Finalement le train du partir et Yuka fit un signe avec la main pour leur dire au revoir. Les quatres exorcistes restant sur le quai reprirent leur route vers le QG en cherchant un train pour s’y rendre.

Ils s’étaient encore égarés. Yuka et Lavi étaient partis en reconnaissance pour trouver un endroit où ils pourraient leur trouver quelques vivres. Mais les deux compères ne semblaient pas très assidus à la tâche. Des éclats de rire se faisaient entendre. Les deux amis d’enfance se chamaillaient et Lavi s’était attaqué au point faible de la jeune femme. Les chatouilles. Celle-ci se tordait en pleurant de rire.

-Pitié arrête, non ! Lavi ! Mais arrête ! Bon sang ! Ah ! Mais stop, je vais m’étouffer à force de rire ! se défendait celle-ci.

Elle tenta de riposter et se débattit. Dans la bataille elle fit tomber le sac de Lavi. De nombreuses affaires s’éparpillèrent sur le sol.

-Ah bah t’es maline toi ! s’exclama le rouquin en plaisantant.
-Ca va ! C’est que des affaires par terre !

La jeune fille s’agenouilla en souriant et ramassa les affaires du dernier. En l’occurrence beaucoup de livres. Elle en saisit un en particulier. Un calepin. Un sourire plaisantin se dessina sur ses lèvres.

-On a tenu notre promesse, plaisanta-t-elle en montrant le bouquin pendant que Lavi rougit un peu face à sa découverte. Tu l’as gardé alors, constata-t-elle.
-Oui, répondit-il un peu embarassé.

L’indienne savait bien ce qu’était un Bookman. Son savoir vorace lui avait fait découvrir pendant la longue absence de son ami. Elle savait également qu’ils n’avaient pas le droit d’être amis en dehors de ce genre de moments privilégiés. La jeune fille s’approcha de Lavi et déposa un bref baiser sur ses lèvres.

-Mina ! Tu sais que je ne peux pas ! s’exclama-t-il, encore plus embarassé.

Celle-ci sourit autant par le fait qu’il se mette à rougir que pour le fait qu’il l’ai appelé Mina. Elle lui fit un clin d’œil.

-Je suis une voleuse. Je ne peux pas m’empêcher de voler des baisers, plaisanta-t-elle à moitié en repartant droit devant.

Il sourit en retour et la suivit.

-C’est vrai. J’avais presque oublié.

Cela faisait des jours et des jours qu’ils erraient dans cet immense pays qu’était la Chine. Leur seul repère étant Lenalee qui en était originaire. Lorsqu’ils aperçurent enfin se dessiner les portes de leur capitale, Pékin. Allen laissa échapper un cri de soulagement !

-Enfin !
-Je suis déjà allée à Pékin et je sais comment aller à la demeure des Qing, ajouta Lenalee. A partir de là ça devient simple ! s’exclama-t-elle avec le même allègement qu’Allen.
-Alors c’est ça Pékin ? demanda Krory que tout semblait extasier.

Kanda partit devant sans prendre la peine de les écouter.

-Ah ! Attends nous Kanda ! reprit Lenalee en lui courant après.

Pékin était une ville aussi agitée que Paris mais peut-être plus chaleureuse. A  Paris tout le monde semble s’enfermer dans leur bonnes manières. Ici les vieillards avaient le visage sage, les enfants le rire accueillant et les adultes le sourire libre. Allen sourit à la vue de tout ce monde bienheureux. Lenalee les guida parmi les boutiques, s’arrêtant parfois pour acheter quelques ravitaillements et gâteries qui lui rappelaient celles qu’elle mangeait petite. Ils finirent par arriver devant les gigantesques portes de leur demeure. Elles étaient imposantes et terrifiantes. Lorsqu’ils se présentèrent comme exorcistes de l’ombre, les gardes les laissèrent entrer. Le jardin était magnifique. Il était époustouflant et d’une beauté trop rare surtout un coin isolé qu’Allen remarqua. Il nota aussi qu’une boîte de couture et des bouts de tissus étaient éparpillé un peu partout dans ce petit endroit. Ils rentrèrent dans la gigantesque demeure et attendirent dans le hall.

-Ca fait bientôt 30 minutes qu’on attend, geignit Allen. Ce ne sont pas vraiment des gentlemen tes Qing, rouspéta-t-il à l’encontre de Lenalee.
-Ils doivent avoir un empêchement, normalement ils ne font pas autant patienter des invités, rétorqua l’intéressée.
-Moi je propose qu’on monte voir ! s’exclama Allen.
-Moi aussi ! suivit Krory.
-Mais non ! On ne peut pas ! sermonna Lenalee.
-Oh on s’en fiche ! dit Allen .

Finalement Allen obtînt la majorité des votes à la grande peine de Lenalee qui n’avait pas réussi à obtenir le vote de Kanda qui était resté neutre dans tout ça. Ils serpentèrent les couloirs. Cette maison était immense. Soudain ils attendirent des voix venant d’en haut.

-Mademoiselle ! Il faut que vous alliez voir les exorcistes c’est la volonté de votre père ! Cessez donc de courir ainsi ! Mademoiselle ! Revenez !  s’écriai un garde.
-Jamais ! poussa une voix essoufflée. Et arrêtez de me parler d’innocence et d’exorcisme ! Je ne veux pas de toutes ces choses ! J’ordonne qu’on me l’enlève ! Arrêtez de me faire toutes ces choses ! Laissez moi vivre normalement !
-Mademoiselle !
-Lâchez moi ! clama de nouveau la voix un peu aigüe de ce qui semblait être une jeune fille de leur âge.

Ils attendirent des râlements et des pas descendant avec empressement les escaliers juste en face d’eux. Ils aperçurent enfin la silhouette d’une jeune fille d’une extrême beauté courant d’une course effrénée oubliant même de noter la présence des exorcistes trop aveuglée par sa fuite. Ses longs cheveux blonds ondulés descendaient en cascade sur ses épaules et sa poitrine et ses yeux d’un vert émeraude étaient tétanisés par une peur dont ils ne connaissaient pas encore la cause. La jeune fille percuta de plein fouet Allen qui tomba à la renverse et, dans leur chute, dévalèrent les escaliers juste à côté qui descendaient dans des endroits inconnus. Les trois exorcistes restants entendirent des cris descendre les marches en même temps que leur camarade et la jeune femme. Le garde arriva essoufflé.

-Excusez moi, n’auriez vous pas vu une jeune femme descendre par ici ? haleta-t-il.
-Oui elle est- ! tenta de dire Krory, coupé par Lenalee.
-Elle est partie par là, annonça Lenalee avec un ton solennel.
-Merci beaucoup ! s’exclama le garde en s’élançant vers la fausse direction que lui avait désigné Lenalee.

Lorsqu’il fut parti, Krory interrogea sa co-équipière.

-Pourquoi est ce que tu lui a montré la mauvaise direction ? sermonna-t-il.
-Tu as tout aussi bien que moi entendu leur conversation et vu les yeux terrifiés qu’elle avait. Je ne pense pas que ça aurait été une bonne idée de le laisser la retrouver.

Krory marqua un temps de réflexion.

-Tu as raison … Et as-tu une idée de ce qu’il se trouve en bas ? demanda-t-il.
-Aucune … dit Lenalee inquiète.

Au sous-sol la fugitive était étalée sur le sol dur et froid, Allen allongé sur elle, tout deux maintenus au sol par une lourde armure de guerrier qui, dans la bousculade, était tombés sur les deux personnes. Lorsqu’ils découvrirent leur posture, les joues d’Allen virèrent au rouge écarlate et l’autre poussa un cri. Mais aucun des deux ne pouvaient bouger à cause de l’armure.

-Lève toi ! Ne reste pas coller à moi comme ça ! geigna la jeune fille en se débattant.
-Mais je ne peux pas c’est trop lourd ! répondit Allen, toujours aussi rouge.

Son interlocutrice prit aussi un teint cramoisi et ils s’observèrent gênés avant d’essayer de pousser l’armure qui les maintenaient prisonniers contre le sol. Après maints efforts, Allen finit par réussir à faire balancer l’armure sur le côté. Mais ce n’était que le début de leurs peines.

-Regardez c’est la princesse … murmura une voix terrifiante depuis le couloir noir.
-Princesse ?! s’étouffa Allen.

La princesse hocha la tête, terrifiée.

-Mince…. se plaignit-elle.
-Quoi ? s’inquiéta Allen.
-On est dans les oubliettes… lâcha-t-elle. Ce sont tout les gens que mon père a oublié. Les gardes évitent de s’y aventurer car à cause de leur isolement et des très mauvaises conditions ils tournent tous mal… Très mal, ajouta-t-elle.

Avant même de pouvoir se lever, ils se firent empoigner la cheville par une main qui semblait sortir de nulle part. La princesse hurla.

-La princesse, c’est la princesse.. ! répétaient des voix tintés de sadisme.
-Fais nous sortir d’ici princesse ! Tu le peux non ?! s’exclamai une autre voix animée par la rage.
-Princesse, princesse, princesse, princesse…. susurraient toutes les voix autour d’elle.

D.GRAY-MAN ==>Chapitre 5 <== Retrouver le ciel bleu

25 décembre 2010

Lorsque la prisonnière émergea, tout était sombre, entouré de ténèbres. Elle peinait à ouvrir les yeux et le meilleur qu’elle pu apercevoir furent des traits difformes, flous et indécis. Cependant elle entendit quelques bribes de paroles.

-Elle est emprisonnée dans mes fils ! Cette sale gamine ne s’en tirera pas à si bon compte ! Il faut à tout prix prendre son innocence, pesta l’un.
-Tu as pourtant empoisonné l’oiseau non ?!
-Ce n’est pas ma faute si même endormi ce volatile reste insaisissable !

Si elle avait pu bouger elle aurait esquissé un sourire dédaigneux mais elle semblait être dans le même état que Paavan. Depuis qu’elle avait appris qu’il était une innocence, elle lui avait appris à se défendre contre tout types d’attaques d’akumas. Depuis son plus jeune âge, elle avait des facultés de domptage se détachant de l’ordinaire, et s’en était encore plus frappant avec Paavan. Même paralysé, il était capable de relâcher une énergie chargée d’innocence empêchant toutes approches d’akumas. Elle réfléchit rapidement et en arriva à la conclusion que si elle était paralysé c’était sûrement à cause de ces fils dont ils débattaient. Et sûrement avait elle, elle aussi, été empoisonnée de la même manière que Paavan. Elle tenta de faire bouger quelques uns de ses membres, mais les seuls semblant répondre étaient ses doigts. Et « bouger » était un grand mot. Mais ça l’arrangeait plutôt. Elle bougea lentement, mais sûrement ses doigts dans le vide, reprenant peu à peu le contrôle. Elle trouva la localisation des fils sur sa main emprisonnée et gratta de l’ongle ses chaînes invisibles à l’œil nu. Pendant ce temps là les akuma poursuivaient leurs discours.

-C’est juste que tu es un incapable ! accusa l’un.
-Eh bien essaie toi ! répondit l’autre.
-Très bien !

L’akuma tira des balles chargées d’une énergie tournant du violet au noir, et la lança violemment sur Paavan. Tout se passa très vite, la balle fut repoussée par une force invisible et se ficha dans le mur d’en face, crépitant encore, encastrée dans la pierre.

-Bah tu vois que tu fais pas mieux ! ricana l’insulté.

Le second émit un grognement bourru, blessé dans sa fierté. Pendant ce temps le premier fil céda sans que son détenteur ne remarque quoi que ce soit. Elle pouvait à présent parfaitement mouvoir deux de ses doigts. Sans s’accorder une pause, elle s’acharna sur le deuxième fil qui tenait son auriculaire pressé contre sa paume dans une position inconfortable. Sans quitter les akumas des yeux, elle défaisait chacun de ces fils, qui pour tout dire n’étaient pas des plus fragiles. Ils opposaient une résistance certaine à ses ongles. Et pas seulement les fils, les akumas étaient d’une maladresse époustouflante. Dans leur querelle, son séquestreur ne cessait de s’agiter en grands gestes qui ne faisaient que bouger les fils davantage, lui rentrant même les fils dans la peau parfois, provoquant l’apparition de quelques gouttelettes de sang, dévalant sa peau hâlée. Si elle aurait pu pester elle l’aurait bien fait, mélangés au sang, les fils devenaient glissant et plus durs à défaire. Elle devait chaque fois attendre que le sang sèche pour continuer son entreprise.

Dans les rues, l’agitation battait son plein, et on ne savait plus où chercher. Paris était une bien trop grande ville. Soudain, Allen se stoppa net devant une cave à vin.

-Attendez ! s’exclama-t-il.
-Qu’est ce qu’il y a ? demanda Marie.
-Il y a un akuma !
-Génial, on est à Paris tu sais ! Ca grouille ! grogna Lavi, mécontent de perdre du temps pour de telles stupidités.
-Allen… Ca doit être le vingtième akuma qu’on croise, marmonna Miranda. Pourquoi t’arrêter à celui là ? Nous n’avons pas de temps à perdre !

Le susnommé se vexa d’être si peu cru par ses compagnons.

-Oui ! Mais celui là je suis absolument certain de l’avoir vu parmi ceux qui nous ont attaqué ! Et celui à côté de lui aussi d’ailleurs !
-Comment peux-tu le remarquer à leurs enveloppes charnelles ? Ils s’étaient transformés en akuma lorsqu’ils nous ont attaqués ! expliqua Marie.
-Peut être, mais je reconnais leur âme !

Allen, partit dans la cave à vin, sans même prendre le temps d’écouter la moindre répliques de ses camarades.

-Leur âme.. ? s’effraya Miranda.

Ils suivirent Allen. Lorsqu’ils entrèrent les deux akumas se tournèrent, le visage déformé par un rictus sadique.

-Vous êtes enfin là, exorcistes … susurra l’un, d’une voix peu rassurante.
-On a failli vous attendre, se plaignit l’autre.

Ils se transformèrent, effrayant ainsi tout les autres clients. Marie se chargea de mener les civils sain et sauf à la sortie. Allen se prépara à attaquer, suivit par Lavi. Miranda elle paniquait et se demandait ce qu’elle pouvait bien faire pour les aider.

-Je reste là avec Allen, expliqua Marie après avoir fait sortir toute la clientèle. Miranda, Lavi, partez chercher Yuka !

Les deux compagnons s’exécutèrent et empruntèrent le premier escalier qu’on leur offrait, supposant qu’un sous-sol était le meilleur endroit où ils purent la cacher. Après une descente qu’ils trouvèrent plus courte qu’elle ne semblait, un long couloir se présenta à eux dévoilant plusieurs portes.

-Prends les portes de droite Miranda ! s’exclama Lavi.
-D’accord !

Ils inspectèrent ainsi toutes les pièces une à une.

A présent sa main se mouvait parfaitement. Triomphante, elle observa avec fierté sa main, pliant et dépliant les doigts comme si elle venait de gagner un concours. Elle jeta un bref coup d’œil à ses agresseurs qui ne semblaient plus s’intéresser à elle mais plutôt occupés à défendre leurs points de vues respectifs. Sa main maintenant libérée elle put attraper un canif dans sa chaussure. Ne jamais partir sans canif ou arme à feu lorsqu’on est une Fukari. Voilà ce que sa vie de bourgeoise lui avait enseigné qu’elle ne savait déjà par le passé. Il y avait toujours un crétin pour en rattraper l’autre, on s’en prenait souvent à elle. Même lorsqu’elle se déguisait en clocharde parfois, une proie tellement facile qu’elle était presque offerte selon eux. Elle se ramena au présent, geignant intérieurement que ce n’était pas le moment de ruminer pour les maints et maints idiots, auquel on ne pouvaient même plus placés un chiffre exact, qu’elle a pu croiser dans sa vie. Elle ouvrit le canif, se préoccupant de faire le moins de bruit possible, et entama le découpage. Les fils de l’akuma étaient bien plus résistants que les fils normaux ! Mais le canif allait bien plus vite que ses ongles qui mettaient une lenteur exaspérante à couper ses liens. Tout en continuant son labeur, elle examina les différentes armes des akumas, faisant croire à son sommeil lorsque ceux-ci se retournaient. Les akumas étaient drôlement faciles à berner …
Soudain la porte vola en éclat, Lavi et Miranda sur le pas de celle-ci.

-Mademoiselle Fukari ! s’exclama Miranda soulagée.

Mais la jeune fille avait déjà refermé les yeux bien qu’elle aurait voulu leur adresser un sourire hilare ou un signe de la main. Il fallait que les akumas croient qu’elle dormait profondément à cause de leur « poison ».

-Pas le peine de l’appeler elle est endormie à cause de mon poison ! s’esclaffa un akuma.

Miranda échangea son éternel visage paniqué pour une mine à la fois décidée et hésitante. Elle déroula un disque de son bras.

-Activation de l’innocence, jouvence du chronodisque ! murmura Miranda.

Un disque de lumière entoura Yuka et toutes ses blessures disparurent, ne laissant aucunes traces apparentes.

-Maintenant elle est libérée du poison, avoua Miranda satisfaite.

En tout cas toujours plus satisfaite que Yuka qui avait maintenant ouvert les yeux en pestant et en tentant tant bien que mal de chasser le disque lumineux de la main.

-Rah, saloperie ! maugréa Yuka.
-H-Hein ? s’étonna Miranda qui n’avait encore jamais vu quelqu’un se plaindre du pouvoir de son chronodisque.

Le disque disparut, laissant la jeune fille tempétueuse dans un état de pleine santé. Mais elle continua d’insulter le vide en se levant.

-Ca aurait presque pu marcher ! J’avais presque réussi mon coup ! Tss ! Ils y voyaient que du feu bande de bons à rien ! s’exclama Yuka, s’adressant maintenant à Lavi et Miranda.

Tout le monde la regardait, fixant sur elle des yeux ronds et incompréhensifs.

-Mais de quoi tu parles ? Tu n’étais pas sous l’effet du poison ?! interrogea Lavi qui ne comprenait plus rien au déroulement des événements.
-Bien sûr que si, rétorqua la jeune femme d’une franchise prodigieuse. Mais je me débrouillais très bien ! J’avais presque défait tout mes liens pendant que ces idiots à carapace pensaient que je dormais d’un sommeil profond ! ragea-t-elle en pointant ses attaquants.
-Tu ne dormais pas ?! s’étonna un akuma sous le choc.
-Mais ! Et mon poison ?!
-Oh il est efficace. Mais j’ai une capacité de résistance au poison plutôt épatante. Et puis même si j’avais voulu dormir je n’aurai pas pu avec tout vos braillements intempestifs !

Les akumas changèrent leur sourire sadique pour un autre dont on ne pouvait définir la véritable nature. Mélange de rage et de soif de sang. C’était ignoble à voir. Yuka se braqua fixant les akumas dans les yeux sans jamais détourner le regard une seule fois.

-Nous devons t’emmener au Comte quoi qu’il en coûte, Précieuse du Faucheur ! s’irrita le premier akuma à attaquer. Toi et les deux autres ! On vous trouvera toutes !
-La quoi ?! s’estomaqua la concernée, ouvrant grand ses orbites déroutés.

Sa seule réponse fut un violent coup de poing auquel elle échappa de justesse. Sans Paavan elle était certaine de ne pas pouvoir les battre. Dans son esquive, elle plongea vers Paavan, se saisissant de lui et l’emmenant hors de portée des akumas. Elle sectionna violemment tout les fils tentant d’augmenter sa rapidité par rapport au moment où elle devait sectionner ses liens. Les deux autres akumas revinrent à la charge, Lavi se débarrassant de l’autre. L’akuma qui l’avait empoisonnée la frappa dans le ventre, la faisant voltiger. Elle planta son canif dans un tonneau, stoppant ainsi son envolée. Elle utilisa son canif maintenant planté pour détourner sa direction et revint comme le ferait un boomerang sur son assaillant lui enfonçant le canif dans ce qui semblait être son épaule. L’agressé poussa des insultes plaintives. Il arracha le canif et le balança vers l’autre bout de la salle, manquant de toucher Miranda qui tentait de maintenir la jouvence de son chronodisque, qui était d’ailleurs une arme bien pratique car maintenant Yuka ne ressentait plus aucunes douleurs quelconques. Elle repartit à sa tâche dénouant les dernières chaînes de Paavan qui battit des ailes, engourdi.

-On fusionne Paavan, comme ça tu pourras utiliser mon corps pour attaquer. Je peux me mouvoir aisément maintenant grâce à Miranda, expliqua brièvement sa maîtresse.

Le volatile piailla brièvement avant de s’exécuter. Les mêmes ailes qu’auparavant apparurent dans son dos, ses poignets et ses chevilles. Elle arbora un sourire réjoui et se tourna vers les akumas.

-Bon maintenant voulez vous, on va se battre à armes égales, s’enquit-elle.

Une lueur effrayée traversèrent leurs yeux. Il optèrent pour une posture qui laissait deviner qu’ils préféraient se concentrer sur la défense plutôt que l’attaque. Yuka bondit dans les airs avec une aisance effarante. Elle disparaissait par à coup aux yeux de ses camarades et ses  agresseurs, réapparaissant n’importe où et troublant ses adversaires qui ne savait plus où se donner de la tête. Elle finit par apparaître au dessus d’un akuma qu’elle frappa d’un coup de pied à la tête. Le visage de l’akuma alla s’écraser contre le sol dur et  froid dans un fracassement épouvantable. Elle se posa alors délicatement sur le dos de celui-ci, encore encastré dans les dalles de la cave. Elle planta ses ongles devenus aussi longs que des griffes lors de sa fusion au niveau du crâne de celui-ci et descendit prestement tout le long de sa carapace. Son adversaire poussa un hurlement sans que Yuka ne cligne. Une tempête miniature entoura alors le bras de celle-ci pour s’engouffrer dans le corps de l’akuma meurtri. La jeune femme ferma les yeux dans un dernier recueillement. Il ne fallut même pas une seconde à l’abjecte mécanique pour exploser tel un ballon de baudruche trop gonflé. Le dernier akuma restant les observa horrifié et jeta ses dernières forces dans la bataille, résigné. Dans un agacement non dissimulé, Yuka envoya un coup de pied vertigineux sur l’akuma qui, reculant mais ne se rendant pas, se prépara à une nouvelle attaque. Dans le regard des deux adversaires on  apercevait clairement deux rages obstinés à en finir s’affronter dans un combat muet. Mettant finalement fin à ce silence glacial qui prévoyait toujours le calme avant la tempête, la machine s’élança sur sa proie dans un dernier râle impétueux. Mais sa victime ne cilla pas et dans un calme marmoréen et dans un sang froid remarquable, scinda la piteuse mécanique en deux murmurant dans un demi soupir des mots que seul le destinataire eu le privilège d’entendre. Après avoir tendue la main pour cacher les mirettes horrifié et sortant des orbites de son agresseur, celui-ci se brisa avec violence. Les exorcistes observaient Yuka stupéfiés. On n’avait encore jamais vu de débutante aussi prodigieuse. Celle-ci remit correctement ses atours et se tourna naturellement vers ses nouveaux camarades.

-Eh bien ça va ? On dirait que vous avez vu un fantôme, avoua-t-elle.

Les autres la regardèrent d’un air penaud mais finalement lâchèrent prise. Il allait falloir qu’ils s’habituent à sa franchise et sa capacité d’adaptation à toutes épreuves. Il ne fallait que quelques brefs instants à l’observer pour deviner que cette femme était une révolutionnaire bien engagée. Bravant tout les codes et les interdits, elle se contrefoutait des préjugés et présomptions qu’on pouvait tenir à son égard. Elle n’avait rien d’une lady et pourtant son assurance était à faire pâlir les plus nobles d’entre elles.

-Il semblerait que le travail est terminé , soupira Miranda.
-On devrait rejoindre Allen et Marie, ajouta Lavi.

De façon entendue et naturelle, la nouvelle exorciste les suivit accompagnés de Paavan qui se reposait noblement sur l’épaule de sa propriétaire. Son innocence, à l’effigie de Yuka, possédait une noblesse marquée qui avait une manière farouche de s’ exprimer. Ni dans les manières ou les politesses, elle était dissimulée et pourtant sautait aux yeux. Miranda se laissa aller à penser que la vie à la Congrégation serait -l’espérait-elle- un tant soit peu plus légère avec elle à leur côté, en la regardant inspecter le simple couloir avec une attention toute particulière un sourire rieur collé aux lèvres. Arrivés dans le petit bar où attendait patiemment Allen et Marie. Miranda leur conta avec une certaine véhémence le récit de leur bataille, arrachant quelques rires à Yuka lorsqu’elle s’extasiait sur la manière de se battre de celle-ci.

-Il suffit d’apprendre sur le terrain. Et quel terrain ! On est à Paris ici je vous signale, riait la jeune femme volante.
-Oui mais tout de même ! Moi lors de mon premier combat j’étais mortifiée ! Mes jambes tremblaient tellement que je ne les sentais plus ! s’enquit Miranda avec la même éloquence qu’on ne lui connaissait pas.
-Les conditions ont fait que j’ai du apprendre à me battre en même temps que de marcher, confia Yuka dans un clin d’œil complice.
-Serais-tu une sorcière ? s’exclama Marie. Elle est complètement admirative devant ta personne ! Tu lui as jeté un sort ?
-Aaah je suis découveeerte, dit la concernée dans une fausse gêne, s’esclaffant de rire quelques secondes ensuite.

Ils rirent avec elle, soulagé qu’elle ne soit pas terrifiée par toutes ces histoires d’innocences, d’Akuma et de Comte.

-Et puis ils l’ont appelés « La Précieuse du Faucher » ! s’emporta Miranda.
-La Précieuse du Faucheur ? répéta Marie, grave.
-Euh… Oui c’est ça, reprit Miranda soucieuse d’avoir dit une bêtise. Et ils ont dit qu’il y en avait deux autres.
-Ca va intéresser Komui, ricana Lavi que ça amusait plus qu’autre chose.
-Enormément même. On verra si Hevlaska en tirera la même chose. Es tu prête à nous suivre Yuka ? demanda Allen avec ce même sourire rassurant qu’il affichait sans cesse.

La jeune femme passa devant lui avec un sourire mutin, lui claquant les doigts devant les yeux, ce qui stupéfia le jeune homme qui ne s’attendait pas à ce genre de réaction et se demandait si c’était un bon ou mauvais présage.

-Ca devrait être une affirmation, Allen Walker.

Celui-ci soupira de soulagement, libéré de son inquiétude comme il n’était pas le cas pour tout le monde. Lavi observait son amie d’enfance, si il pouvait l’appeler ainsi, qui semblait ne pas avoir conscience des problèmes qu’elle pourrait causer pour son avenir de Bookman. Il la fixa longuement, les questions se bousculant avec jalousie dans sa tête. Il était inquiet. Cette fille avait bien le pouvoir de tout faire basculer chez lui. Elle en était déjà capable à l’époque et maintenant qu’il l’avait revu il en était assuré, elle l’était toujours. Il finit par suivre ses camarades, le pas traînant et l’esprit tourmenté.
Lorsque Yuka poussa les portes de son manoir, Gisèle accourut épleurée vers elle.

-Bon Dieu ! Mais où que vous étiez donc passée encore vous ! Partout ! Je vous ai cherché partout ! Et puis, et puis ! Oh ! Mais qu’est ce que c’est donc que ces habits mademoiselle ? Tout déchirés ! Mais vous ne cesserez donc jamais de vous amuser ! Grandissez un peu et devenez une grande lady tout comme votre Mère !  Non mais vraiment, tu devrais pens- ! Mais veux tu bien arrêter de me faire des grimaces ! tonitrua la servante, décidément bien remontée.

Car Yuka depuis le début de ce long sermon se décrassait l’oreille de son auriculaire comme pour faire semblant de ne pas l’entendre et tordait sa bouche en grimaces lassées et moqueuses, ses yeux roulant au plafond.

-Mais qu’est ce que direz votre bonne mère qui s’est occupée de vous comme de sa propre fille alors que vous erriez dans les rues d’Inde ! D’Inde ! Avec toute sa misère ! Oh ! Je ne puis imaginer ce qu’il vous serez arrivés si Madame n’avait pas eu la bonté de vous adopter pour vous faire vivre dans tout ce luxe dont vous ne la remerciez même pas ! C’en est un monde ça ! Des robes garnies de pierres et tressés de soie ! Des pluies de diamants à vous accrocher au cou ! Qu’est ce que j’aurais aimé avoir ça moi jeune fille ! Et puis où allez vous donc toujours vous fourrer ? vociféra Gisèle.

Son regard assombri posé sur le carreau, Yuka ne répondait pas, nostalgique et interdite.

-Et puis quoi ? Pourquoi ce regard évasif ?
-Il ne pleuvait pas en Inde. Il ne pleuvait jamais.
-Bien sûr que si ! Et même si il n’y pleuvait jamais, c’en serait juste une raison de plus pour faire crever leurs petits ! Ah pauvres enfants ! s’empressa-t-elle de dire en faisant le signe de croix sur sa poitrine, adressant une prière comme à son habitude lorsque quelque chose la chamboulait à tout ces petits enfants.
-Ici il pleut toujours.
-Ne racontez pas de sottises.
-Ce ne sont pas des sottises.
-C’en sont.
-Non. Il pleut depuis le premier jour où j’ai posé le pied ici. Le ciel bleu n’est plus que dans mes souvenirs.
-Allons, allons vous délirez ma pauvre demoiselle ! Filez dans votre chambre ! Et au galop ! s’inquiéta Gisèle.

Les exorcistes ne prirent pas part à la conversation, restant en retrait. Eux aussi alarmé par la soudaine mélancolie de Yuka, toujours si légère d’habitude.

-Je vais aller voir un autre ciel, Gisèle. Et celui là sera certainement bleu, lui dit-elle un sourire réconfortant sur les lèvres.
-Mais, Mais de quoi parlez vous donc ? s’enquit Gisèle qui faisait semblant de ne pas avoir compris.
-Je vais partir.

Un long silence parcourut la salle, longeant les murs et traversant chacune des personnes présentes, les faisant presque frissonner. Il était si pesant qu’ils le ressentirent presque parcourir leurs membres.

-Mais ! Mais ce n’est ! Non, bredouilla la servante rondelette à cause de son vieil âge.

Le sourire de Yuka s’élargit, rassurant Gisèle. La jeune femme posa sa main sur le front de sa servante et claqua des doigts, arrachant toujours plus de larmes à celle-ci.

-Mais je vais être si seule ! Et puis Madame ! Madame ! Sait-elle que vous partez ?
-Non.
-Que vais-je faire moi ?
-Tu n’auras qu’a penser à moi de temps en temps. Et prier pour que je ne tombe pas au combat. Tu as toujours été si obstinée à me faire « communier avec Dieu ». Et bien c’est ce que je m’en vais faire. Et j’aurai besoin de ton soutien, même indirect. Une pensée ou une prière. C’est du pareil ou même pour moi.

Des torrents de larmes déferlaient maintenant sur les joues creusées de rides de Gisèle qui n’arrivait plus à dire mot. Yuka la prit dans ses bras, l’étreignant comme on étreindrait sa mère.

-Vous ne pouvez pas partir ! Que vais-je faire ? Que vais-je faire moi ? Je n’entendrais plus votre rire retentir depuis votre chambre, ni le bruit léger de vos pieds qui dévalent les escaliers pour vous exclamez que vous avez fini le livre qu’on venait de vous acheter le matin même, même pas encore le bruit de la vaisselle que vous venez d’exploser sur le carrelage par mégarde ! Que vais-je faire ? répétait-elle prise au désespoir.
-Pense à moi et je t’accompagnerai. Souviens toi de mes rires et tu les entendras lézarder les murs. Revoit mes pieds dévaler l’escalier pour qu’à nouveau je m’exclame que j’ai fini le livre que Père m’avait acheter la matin même. Et songe au bruit de la vaisselle brisée pour me voir, penaude, de la vaisselle en porcelaine explosée éparpillée autour de mes pieds en ayant cru vouloir faire un bon geste.

Gisèle se moucha, ne pouvant empêcher les larmes de couler de plus belle. Yuka l’embrassa sur le front et monta les escaliers.

-J’ai encore besoin de toi pour me préparer à la découverte du nouveau ciel, rigola légèrement la jeune fille.

La servante sécha gauchement ses larmes et la suivit. Miranda elle n’avait pu s’empêcher de pleurer en même temps que Gisèle pendant que les autres avait regardé la scène d’un œil attendri et coupable.
Dans l’immense chambre, se dressait derrière la silhouette de la belle femme qu’était Yuka, Gisèle qui coiffait les cheveux de sa maîtresse. Les laissant couler de ses doigts comme si ils étaient de l’or, tout l’or de son monde. Elle les coiffait d’une lenteur qu’elle n’aurait jamais voulu s’arrêter. Toutes ne pouvaient s’empêcher de penser que c’était la dernière fois. Elles étaient silencieuses mais partagaient leur peines et se soutenaient dans le silence, savourant ces derniers moments partagés.
Lorsque le temps si longtemps prolongé du prendre fin, elles se séparèrent avec déchirement. Yuka qui ne laissait pas si facilement voir sa peine profonde, serrait une dernière fois sa deuxième mère dans les bras. Celle-ci s’effondrant en larmes tonitruantes. Se séparant finalement, ils partirent sur la route de la Congrégation.

-Au fait, qu’est ce que c’est que ces vêtements ? questionna Allen en pointant le bermuda un peu ample, le tee-shirt simple à manches courtes et la casquette garçonne que Yuka arborait.
-Les dernières volontés d’une mère qui laisse sa liberté à sa fille, répondit-elle en souriant ironiquement.

D.GRAY-MAN ==> Chapitre 4 <== La gamine aux livres

16 novembre 2010

-C’était il y a 10 ans, j’étais parti en Inde avec mon vieux, expliqua Lavi. Je l’ai rencontrée là-bas. J’avais faim et j’avais trouvé un grand panier de fruit dans une tente déserte, je ne m’étais pas vraiment posé de questions et j’ai tout mangé, enfin presque tout … poursuivit-il un peu gêné.
-Oh … Alors c’est de là qu’est venu votre dispute sur ce fameux « butin », soupira Allen.
-Euh, oui en effet. Sauf qu’elle est revenue avant que je ne finisse le panier, j’ai été pris la main dans le sac …

-Hé ! Qu’est ce que tu fais pauvre crétin ?! criait une petite fille à la chevelure courte et en bataille, habillée de reliques usées.

Le garçon sursauta en laissant échapper un cri de surprise. La fillette s’approcha du panier où ne restait plus que 3 pommes, 2 bananes et 5 prunes.

-Sale … ! se retint d’injurier la gamine en empoignant l’autre et le soulevant de terre. T’as même pas laissé l’ananas sombre crétin ! Tu sais que c’est dur à voler ces trucs ?!?! s’énerva-t-elle.
-Wah ! D-Désolé ! Je savais pas que c’était à toi ! s’exclama l’autre, battant des jambes dans le vide et tentant de trouver un quelconque échappatoire possible.
-Mais faut pas être aveugle non plus ! Quel idiot laisserait un gros panier de fruit à la gourmandise de n’importe quel imbécile qui aurait faim ! pesta la petite fille au fort caractère.
-Mais ! essaya de se justifier l’autre dans une tentative vaine, avant d’être envoyé contre le mur d’en face.
-Y a pas de mais abruti fini ! cria la fillette énervée.

La bataille dura une bonne demi heure et finalement les deux enfants se retrouvèrent assis sous la tente, le garçon regardant la fille manger le reste de son butin devenu bien maigre. Il tenta de piquer une prune mais l’autre lui claqua la main sans même détourner le regard de son fruit. Il se mit à bouder.

-Pourquoi tu tiens tant à tes fruits ? bougonna-t-il.
-Parce que c’est la seule chose que j’ai à manger. Si tu ne l’avais peut être pas encore remarqué je suis une pauvre orpheline voleuse.
-Tu n’as pas de parents ?
-Non.
-Tu ne sais pas qui ils sont ?
-Non.
-Tu n’as pas envie de savoir qui c’est ?
-Non.
-Ah … soupira l’autre dans son quasi monologue.

Un silence s’installa entre eux deux. La fillette dévorait sa prune comme si c’était quelque chose de précieux.

-Et comment tu t’appelles ? demanda-t-il.
-Mina, répondit-elle.
-Oh. C’est là que tu habites ?
-Plus ou moins. Tu es un orphelin toi aussi ?
-Non, j’attends que mon vieux me retrouve.
-Ca t’amuse ou quoi ?
-Ouais ! répondit-il dans un grand sourire.

Mina l’observa perplexe, le scrutant tel un extraterrestre. Finalement elle détourna le regard en soupirant.

-Franchement … murmura-t-elle.

« Comment peut-on essayer d’éviter quelqu’un qui nous cherche quand d’autres attendent désespérément qu’une illusion vienne les chercher » pensa la jeune fille.
Finalement le « vieux » vînt récupérer le garçonnet de 8 ans, mais leur visites se répétèrent tout les jours. Un jour, deux semaines après leur rencontre, la fillette revînt avec un grand oiseau multicolore et un gros livre sous le bras. Le garçon l’interrogea du regard.

-L’oiseau m’a suivie, expliqua-t-elle.
-Ah, et le livre c’est quoi ?
-Mon butin. J’ai appris à lire presque aussi vite que de marcher. Alors je les vole. Si tu savais tout ce qu’ils renferment ! s’émerveilla Mina. D’ailleurs j’en est toute une ribambelle. Je veux bien te le montrer mais seulement à toi ! Même pas à ton « vieux », enchaîna-t-elle.
-D’accord.
-Jure moi que tu ne montreras jamais la cachette. Bon encore que tu parles de ce que tu y lis à ton vieux m’importe peu, mais je ne veux pas qu’on me reprenne mes bouquins, expliqua-t-elle en suivant.
-Je le jure, répondit-il.
-Bien !

Elle saisit la main de son nouvel ami et l’entraîna hors de la ville où la végétation allait bon train. L’oiseau les accompagnèrent.  Ils s’enfoncèrent dans la forêt. La fillette semblait connaître chaque arbre par cœur, chaque sentier lui était familier, elle pouvait reconnaître chaque buisson, distinguer les différentes fleurs sur son chemin.

-Tu connais le chemin par cœur ? demanda-t-il.
-J’ai une bonne mémoire, répondit-elle.
-Et tu as vraiment une cachette de livres dans une forêt ?! s’étonna-t-il.
-Oui. Il y a des espèces de souterrains dans la forêt.
-Ah d’accord.

Ils arrivèrent dans un coin de forêt parsemés de dalles âgées, recouvertes par les herbes sauvages, on voyait des murettes s’effondraient sous le poids des siècles. Le sol s’était affaissé à un endroit. Mina se glissa dans la brèche souterraine, suivit de son compagnon. Les couloirs étaient sombres et sinueux. Tantôt il fallait se baisser, tantôt il fallait monter, un vrai labyrinthe. Mais Mina semblait le connaître sur le bout des doigts, repérant chaque dalle, chaque marches, couloirs. Ils finirent par arriver dans une large pièce ronde que Mina éclaira d’une torche restée là. Elle saisit un briquet et alluma le feu. La lumière envahit l’espace pour y dévoiler au grand jour des centaines de gros livres entassés les uns sur les autres. Eparpillés un peu partout.

-Il y en avait déjà un bon nombre quand j’ai découvert cet endroit ! Et pas mal renferment des secrets d’états de toutes les époques. Des journaux de chevalier, rois, comtes … Il y a de tout, dit-elle en extase comme si c’était la première fois qu’elle les voyait. Je les ai tous lus, ajouta-t-elle.
-Tous ?! s’étrangla le garçon.
-Oui, absolument tous. Celui que j’ai volé parle de …

Elle épousseta le livre et lut les quelques mots gravés dessus.

-D’exorcisme ? se questionna-t-elle elle-même.
-J’en ai vaguement entendu parler, répondit l’autre.

L’oiseau roucoula.

-Quoi ça te plait Paavan ? rigola-t-elle.
-Il a un nom ?
-Oui, bien sûr. Tout a un nom.
-Pas forcément… constata tristement le garçon.

L’indienne fronça les sourcils.

-Ne sois pas débile. On naît tous avec un nom. Sinon on serait tous pareil. Si tout le monde s’appelait pareil, on serait tous la même personne. Et ça craindrait.

Le jeune garçon feint un sourire.

« Moi je serais toujours la même personne que tout le monde. » pensa-t-il.

Elle s’installa sur une pile de livres et débuta le sien, entrant dans une espèce de transe. Le garçon l’observa un petit moment. Il n’avait jamais vraiment pris le temps de l’étudier vraiment. Elle avait une peau hâlée surplombé de quelques tâches de rousseurs parsemés sur un petit nez qu’elle plissait en fronçant des sourcils de temps en temps au beau milieu de sa lecture. Ses cheveux ne dépassait pas le milieu de sa nuque, négligemment coupés ils étaient ébouriffés et sauvages. Ce qui était le plus captivant c’était ses yeux, maintenant hypnotisés dans sa lecture. De grands yeux de biche d’une couleur violette profonde qui vous maintenait accroché à son regard. Elle était plutôt maigre, sûrement dû à sa pauvreté, et de taille moyenne. De petites mains et des pieds semblables, se balançant et frappant contre la pile de livres dans un rythme rassurant. Il soupira, se demandant comment ses parents avaient bien pu l’abandonner. Il sourit en parcourant les livres, au moins maintenant il avait une excuse pour passer du temps avec elle.
Ils restèrent dans leur cachette presque une journée entière, n’étant même pas tiraillé par la faim, captivés par tout ces livres.

Il avait remarqué que Mina pouvait lire des livres bien plus compliqué que ceux qu’on prescrivait à son âge. Même Voltaire n’avait pas de secret pour elle. Pour cela il éprouvait une certaine admiration secrète pour elle. Un moment où elle semblait envoutée par du Shakespeare, celui-ci s’approcha.

-Qu’est ce que c’est ?
-Hamlet, répondit l’enfant.
-De quoi ça parle ?
-Un prince qui veut se venger de la mort de son père.
-C’est triste.

Mina leva le nez de son livre, ouvra la bouche en tentant de trouver une once de bonheur là dedans. Elle capitula.

-Oui. C’est vraiment très triste. Enfin la seule bonne chose c’est l’amour entre Hamlet et Ophélie. Enfin au début. Parce que bon les tragédiens ont toujours besoin de tout faire se terminer mal.
-C’est peut-être parce que la réalité finit toujours mal.
-Pas vrai ! se renfrogna la jeune fille. C’est nos mauvais choix qui rendent la réalité morose et cruelle ! Si on voit toujours les petites choses bien dans une vie on finit par voir que tout ne se termine pas toujours mal.

Elle sembla bouder. Pour se rattraper, le rouquin repartit sur leur sujet de conversation antérieure.

-Et tu lis quoi comme passage là ?
-Je relis, répondit la jeune fille.
-Bon.. Tu relis quel passage ? rectifia-t-il.

Son visage s’illumina de nouveau.

-Un de mes passages préférés. Il n’est pas vraiment important dans l’histoire en soit. C’est juste une lettre d’amour. Mais je trouve que c’est une des plus belles que je n’ai jamais vu.
-Montre, demanda Lavi en tendant la main.

Elle lui donna le livre.

-La lettre à Ophélie ? demanda-t-il.

Mina se mit à réciter.

-Doute que l’étoile est de feu,
Doute que le soleil se meut,
Doute de la vérité même,
Mais jamais ne doute que j’aime
-Pourquoi tu aimes tant ce passage ?
-Parce que c’est vrai. On peut douter de tout sauf de l’amour, répondit-elle.
-L’amour peut être faux.
-L’amour n’est jamais faux.
-Comment tu le sais ?
-Parce que quand quelqu’un t’aime  ça se voit.
-Comment ça se voit ?

La jeune fille s’agaça.

-Tu ne vois vraiment rien ! Quand les gens t’aiment ils sont gentils avec toi, ils te prennent avec toi, ils te sourient sincèrement, ils te le disent. Ton vieux t’aime, moi je t’aime.
-Tu m’aimes ? demanda-t-il comme si c’était la première fois qu’on le lui disait.
-Mais bien sûr que je t’aime, sinon je t’aurais déjà chassé depuis longtemps, je ne partage pas mes bouquins avec des gens que je n’aime pas ! répondit celle-ci comme si c’était une évidence.

Le garçon sourit et lui emprunta un livre.

-Tu vois si je ne t’aimais pas, je t’aurais repris ce livre pour t’envoyer ma chaussure au visage, sourit-elle en rigolant.

Il rit à son tour.

Plus les semaines avancées plus ils ramenaient de livres, le garçonnet ayant maintenant aussi pris part à ces petits vols journaliers. Parfois ils volaient dans des livres dans des endroits drôlement sécurisés. Il fallait bien souvent une grande préparation, mais ça valait toujours le coup car c’était eux qui renfermaient les plus grands secrets. Le garçon racontait quelques bribes de toutes les informations qu’il avalait dans cette cachette à son vieux dont la fillette avait enfin appris à appeler par un prénom respectable, Bookman. Parfois elle l’avait entendu appeler son ami, « Bookman Junior » ce qui l’avait plutôt intrigué, bien qu’il soit pourtant coutume dans certaines familles d’appeler son fils par son propre prénom en y apposant juste le suffixe « Junior », mais ce Bookman la tiraillait, comme un secret qu’elle se devait de percer. Elle avait finit par recueillir un livre qui parlait vaguement de certaines personnes appelés « Bookmans ». Elle l’avait caché à son compagnon mais avait ainsi appris pas mal de choses, comme quoi ils étaient archivistes ou qu’il retranscrivait l’histoire. Des choses comme ça. Mais ce qu’elle avait appris et qui la turlupinait c’était qu’il ne devait se contenter que d’écrire l’histoire, les liens leur étaient interdits. Quelque chose comme ça. Elle se demandait maintenant si il n’avait familiarisé avec elle simplement pour sa cachette. Elle soupira.

-Bah qu’est ce que ça changerais de toute façon ? murmura-t-elle au vide.
-Tu parles toute seule ? demanda le concerné, entrant naïvement dans leur cachette, muni d’un nouveau livre. Regarde j’ai trouvé un autre livre ! Il m’a donné du fil à retordre celui-là aussi !

Elle descendit de son perchoir et s’approcha de lui, jetant un œil sur cette « miraculeuse » trouvaille. Il arbora avec fierté un calepin de notes.

-Hehe, ricana-t-il, fier de son coup.
-Un calepin ? répondit l’autre, consternée que sa fameuse trouvaille ne soit qu’un calepin usé.
-T’as même pas lu ce qu’il y avait dedans ! Je l’ai volé à un type bizarre ! Dedans ça parle de Congrégation de l’Ombre et du Vatican ! Des trucs comme ça ! s’excitait-il.
-Du Vatican ? D’une Congrégation ? questionna Mina.
-Ah tu vois que ça t’intéresse ! s’enjoua-t-il.

Elle maugréa dans sa barbe et s’assit à côté du jeune garçon pour feuilleter le calepin avec lui. Beaucoup de choses compliquées y étaient inscrites. Ils purent ainsi apprendre qu’il y avait une guerre secrète qui se déroulait depuis des millénaires maintenant. L’existence d’un certain Comte millénaire, d’exorcistes… Les enfants découvrirent alors que les exorcistes n’étaient pas une fable. Ils découvrirent l’existence d’innocences et d’akumas. Que les akumas endossaient un corps humain pour se mêler à la foule mais n’étaient en fait que des armes créaient par le Comte. Tellement d’informations d’un coup les embrouillèrent un peu.

-Wow… susurra Mina.
-Comme tu dis, répondit son ami.

Ils se turent pendant un long moment, réfléchissant et s’observant. C’est là que le « Bookman Junior » nota que Mina n’avait qu’une oreille percée.

-Tu n’as qu’une oreille percée ? demanda-t-il.

Le regard de la fillette s’assombrit un peu.

-Oui. J’ai été esclave dans la maison d’un homme loufoque. On distinguait ses esclaves par une boule de fer qu’il faisait porté à tout ses esclaves à l’oreille gauche. Une de ses nombreuses excentricités… Il était un riche anglais  alors il était un peu roi dans notre pays. J’ai appris pas mal de choses intéressantes dans ses livres, mais je me faisais sévèrement punir quand il me prenait. Enfin, ça ne m’empêchait pas de recommencer.
-Oh, alors c’est un mauvais souvenir … lâcha-t-il.
-Plutôt.
-Alors il n’y a qu’à transformer ta cicatrice en bon souvenirs ! s’exclama-t-il, aussi fier que lui que lorsqu’il avait ramené ce calepin.

Mina l’interrogea du regard.

-Tu verras ! se borna-t-il à expliquer, ce qui attisait monstrueusement la curiosité de Mina.

Ils passèrent le reste de l’après-midi à déchiffrer le calepin.
Le lendemain, Bookman Junior se ramena triomphant à la cachette cachant quelque chose dans son dos.

-Qu’est ce que tu caches ? demanda Mina, intriguée.

Il avança vers elle et sortit une boucle d’oreille qu’il accrocha à l’endroit où auparavant on lui avait accroché cette immonde boule de fer.

-Tadaah, ricana-t-il. Comme ça on a transformé ta cicatrice en bons souvenirs !

Mina rougit et effleura des doigts la boucle d’oreille. Sur le devant de l’attache il y avait une pierre violette foncée à laquelle était suspendue une plume d’oiseau multicolore et un petit éléphant doré, recouvert de pierres colorées par ci par là.

-Merci, articula-t-elle difficilement.
-De rien ! sourit-il.

Elle lui rendit son sourire. C’était le deuxième cadeau qu’on lui faisait. Le premier étant le prénom que lui avait laissé ses parents, Mina. Elle rit, ne pouvant quitter la boucle d’oreille des doigts. A cet instant précis, elle se disait que c’était la chose la plus précieuse qu’elle avait et lui se disait que peut-être quelqu’un se souviendrait de lui, bien qu’il n’ait normalement pas le droit de participer à l’histoire de ce monde.
Après un long silence gêné, il finit par ressortir le calepin. Ils reprirent leur lecture.

Quatre mois plus tard, ils se retrouvèrent dans leur cachette, mais le garçon avait la mine triste.

-Qu’est  ce qu’il y a ? demanda Mina.
-Je dois partir demain. Je pars pour un autre pays, c’est mon vieux qui décide où, lâcha-t-il.

Bien qu’en apparence stoïques, ça avait fait l’effet d’une bombe sur les deux enfants, dévastant tout sur son passage, détruisant tout ce qu’ils avaient.

-Ah … pu seulement articuler la jeune fille, pas habituée à ce genre de chamboulements émotionnels.

Il se contenta de s’appuyer sur le mur à côté de la sortie, regardant ses pieds d’un air vague. Après s’être torturée un long moment, Mina décida de descendre de son trône, ici sa montagne de livres parmi lesquels figuraient sûrement des livres qu’elle avait volé avec son ami, et s’approcha de celui avec qui elle avait partagé tout son temps pendant 5 mois, celui qui avait englouti tout son panier de fruits, et lui tendit le petit doigt.

-Quoi ? demanda-t-il dubitatif.
-Promets-moi.
-De quoi ?

Elle montra le calepin et lui tendit, il l’attrapa incompréhensif.

-Promets-moi qu’un jour on se retrouver. Tout les deux. Dans cette guerre secrète, dit-elle avec persuasion.

Il la regarda hébété, mais finit par nouer son petit doigt au sien.

-Si je peux, répondit-il.

Elle lui mit une claque derrière la tête en rigolant.

-C’est quoi cette promesse à deux balles ? plaisanta-t-elle. Promets sérieusement !

Il sourit.

-Je promets.

Elle répondit à ce sourire par un sourire radieux en lui déposant un baiser sur la joue. Il rougit.

-File abruti fini, dit-elle. Garde ce calepin pour pas oublier qu’un jour on devra se retrouver dans cette guerre !
-Ok, voleuse du dimanche, répondit-il avec le même sourire.
-Qui tu traites de voleuse du dimanche ?! pouffa-t-elle.
-La fille qui m’a tyrannisé pour un pauvre panier de fruits.

Ils rirent et le garçon du partir.

-Au revoir.

Elle lui fit signe de la main, en souriant. Il disparut dans le couloir et elle s’affala sur le mur de leur cachette où ils ne se reverront certainement jamais. Elle effleura la boucle d’oreille et des larmes roulèrent sur ses joues. Elle se rassura en se persuadant qu’ils se reverraient.

Miranda avait suivit le récit avec une telle effervescence que les larmes lui étaient venus aux yeux.

-Quelle belle histoire d’amour ! s’exclama-t-elle.
-Enfin, histoire d’amour, c’est un grand mot ça ! rigola Lavi.

Allen sourit.

-Bon eh bien allons chercher ta voleuse du dimanche ! dit-il en souriant.

Ils partirent à la poursuite des akumas, cherchant la fille dont on ne savait plus la vraie identité.

D.GRAY-MAN ==>Chapitre 3<== Secrets

14 novembre 2010

- Ton innocence ?! s’étonna Allen. Où cachais-tu cet oiseau ?
-Sous ma cape, dit-elle d’un ton naturel. Et il était là à la soirée aussi, il vous observait. Il a une très bonne mémoire. Tout comme moi, mais il est plus doué pour l’infiltration. N’est ce pas Paavan ? rigola Yuka en lui grattant le sommet du crâne.

L’oiseau émit un petit roucoulement.

-Ton innocence a un nom ? demanda Miranda.
-Oui. Paavan veut dire purificateur en hindou.
-Mais comment sais-tu tout ça sur les exorcistes ? questionna Allen, abasourdi.

La jeune fille pointa l’oiseau.

-Je vous l’ai déjà dit. Il est doué pour l’infiltration. Et puis après c’est tout l’art d’être au bon endroit au bon moment, sourit Yuka. On partage les informations, ça va plus vite. Je ne peux pas non plus être à deux endroits au même moment.

Le golem doré de tignasse blanche ouvrit grand la gueule.

-Oh, c’est un golem ce truc ? s’étonna Yuka. Il ne ressemble pas aux autres.
-Timcampy est un peu spécial, se borna à répondre Allen. Oh, Marie ! s’exclama le jeune garçon en voyant une image de Marie et Lavi apparaître.
-Vous avez trouvé quelque chose de votre côté ? Nous c’est un pur désastre. Personne ne l’a jamais vue, se lamenta Marie.
-Oui on a trouvé quelque chose, et c’est du lourd … dit Allen, pas encore remis de son choc.
-On a trouvé la voleuse de pommes, répliqua Miranda.
-Sérieux ?! s’exclama Lavi, plus heureux tout à coup.

Yuka se posta devant le golem et fit un clin d’œil tout en les saluant de la main.

-Coucou mes petits exorcistes ! s’esclaffa la jeune fille.
-MINA ?!?!?! s’écria Lavi.
-Yuka, rectifia l’autre. Enfin, appelle moi Mina si tu veux mais j’ai changé de prénom je te ferai rappeler. Vraiment ta mémoire me déçoit en ce moment ! soupira Yuka.
-Mina ? s’étonnèrent les trois autres exorcistes.
-Euh non, c’est rien, se rattrapa Lavi.
-J’ai rencontré Lavi en Inde quand j’avais 8 ans, expliqua brièvement la voleuse.
-Vraiment ?! s’étonna Miranda.
-Bah oui, pourquoi je mentirais ? C’est bête quand même, j’ai découvert ma compatibilité quelques mois après que tu sois parti mon cher Bookman.
-Si ça fait si longtemps, ça explique pourquoi la majorité des gens ici n’ont jamais vu d’akumas …

La nouvelle compatible réafficha son éternel sourire mutin.

-On vous rejoint, dit Marie en coupant la communication avec le golem.

Les trois personnes attendirent la venue de leurs compères en tuant le temps avec n’importe quoi. Allen regardait le ciel, Miranda observait ses pieds se balancer dans le vide et Yuka faisait faire des tours à Paavan. Allen brisa le silence.

-Comment se fait-il que tu puisses voler ? On t’as vu dimanche quand tu as échappée aux commerçants.
-Je peux fusionner avec Paavan.

Miranda descendit de son perchoir et des étoiles dans les yeux se posta devant Yuka.

-Montre nous, montre nous ! réclama Miranda, toute excitée.
-Euh … Eh bien, si vous voulez, répondit la jeune fille, mal à l’aise de refuser. Innocence … Activation, murmura-t-elle.

Paavan fusionna avec sa compatible. Il rentra dans son corps ce qui prit bien quelques secondes. Des ailes presque transparentes apparurent à différents endroits. D’abord aux deux chevilles, puis aux deux poignets et finalement deux ailes s’implantèrent dans son dos.

-Tadaaah, plaisanta Yuka.
-Incroyable ! s’émerveilla Miranda.
-Mais pourquoi autant d’ailes ? demanda Allen, perplexe.
-Pour que lorsque je m’appuie sur mes pieds et mes mains j’ai une plus grande puissance de saut. Démonstration, dit la jeune fille que ça amusait.

Elle s’appuya sur ses pieds préparée à sauter. Et en moins d’un temps qu’il n’en faut pour prononcer un mot, elle se retrouva propulsée à des dizaines de mètres au dessus d’eux. Utilisant ses ailes dans le dos pour se maintenir en l’air, elle lâcha tout d’un coup, se retrouvant en chute libre. Miranda poussa un cri mais Yuka se rattrapa à une gouttière dont elle rebondit avec une puissance surhumaine pour ensuite rebondir sur le muret d’en face. Finalement elle se planta devant les exorcistes, contente de sa démonstration. Elle continua à faire ses petits tours lorsque Marie et Lavi arrivèrent, ce qui ne l’empêcha pas de continuer. Elle marchait sur les murs, sautait sur les gouttières rebondissait sur le moindre objet environnant, tout en rigolant. A croire que c’était simple de faire tout ça.

-Eeeeeeh ?! s’exclama Lavi en la voyant jouer à l’oiseau merveilleusement bien.
-Elle peut faire ce genre de trucs ?! s’étonna Marie.
-Elle a à peu près les mêmes capacités que Lenalee. Enfin dans les grandes lignes, remarqua Allen.
-Lenalee ? demanda Yuka en apparaissant comme par magie, mais surtout grâce à ses sauts hors du commun, sur une poubelle.

Son visage se trouvait juste au dessus des exorcistes.

-Une autre exorciste, expliqua Allen. Elle peut voler elle aussi, enfin c’est un grand mot mais c’est à peu près ça.
-Oh, répondit Yuka, pas vraiment intéressée.

Elle finit enfin par retirer sa cape, la laissant tomber par terre. Dévoilant une chemise blanche brodée,  une longue jupe bleu nuit lui descendant jusqu’au dessus de chevilles. Revêtue d’un manteau assorti à la jupe. Un gros joyau violet surplombait la chemise, qui éveilla l’émerveillement de Miranda. Yuka le remarquant détacha le bijou pour lui tendre.

-Tiens, j’en ai beaucoup trop chez moi, dit Yuka en souriant.

Miranda retint un cri de surprise et la bouche grande ouverte n’arrivait pas à dire un mot. La bourgeoise passa derrière elle pour lui accrocher le joyau autour du cou.

-Je ne peux pas, c’est trop ! s’exclama Miranda.
-Mais si, mais si. Toute cette fortune à moi toute seule ça m’écœure, protesta Yuka.
-Merci infiniment ! remercia Miranda. Merci, Merci, Merci, Merci, Merci, Merci, Merci ! continua-t-elle de remercier.
-Euh mais non ce n’est rien ! tenta l’autre de calmer Miranda. Elle serait pas hyper-sensible ou quelque chose dans le genre ? demanda-t-elle à ses partenaires.

Les trois exorcistes hochèrent passablement la tête, ça avait l’air de faire parti de la routine pour eux. Ils affichaient tous un air consterné. Yuka décida de ne pas chercher plus.

-On devrait peut-être retourner au manoir, dit la propriétaire de celui-ci.
-Pas mauvaise idée, répondirent les autres.

La voleuse s’engagea dans les rues peuplées de Paris, dévêtue de sa cape et les exorcistes à sa suite. Il ne se passait pas une seconde sans que quelqu’un ne la salue, à qui elle répondait par un sourire dévastateur, ravageur puisque tous rougirent sans exception.

-Quelle popularité, dit Marie que tout ces passants énervait à ne pas les laisser tout simplement marcher sans les prendre pour l’attraction locale.
-Eh bien, c’est ça d’être belle et riche. Mais j’approuve, c’est drôlement casse-pieds. C’est d’ailleurs pour ça que je me déguise, soupira l’attraction de tout ces messieurs.
-Toujours aussi rayonnante ! envoya un passant.
-Merci ! répondit Yuka dans un sourire préfabriqué mais toujours aussi efficace.

Soudain celle-ci vira violemment vers une petite ruelle, où elle déversa sa colère sur une poubelle.

-Bon sang qu’ils m’énervent ! Rah j’en ai marre ! Je ne suis pas une bête de foire quoi ! Laissez moi respirer ! s’acharna-t-elle sur la pauvre poubelle. Je le savais ! J’aurais dû rester en Inde ! maugréa la jeune fille.

Miranda observa Allen avec un regard désabusé.

-Pourquoi elle me fait penser à toi ? demanda Miranda à Allen.

Allen rougit et détourna la tête, faisant mine de ne pas avoir entendu. Soudain la poubelle vrilla au dessus d’eux et s’éclata dans une murette de la rue d’en face. Les exorcistes se tournèrent terrorisés vers une Yuka furibonde. Elle serrait le poing pour ne pas exploser, pour peu que ça ne soit pas déjà fait, et on pouvait presque voir une aura meurtrière autour d’elle.

-Je vais tuer tout ces stupides passants ! menaça-t-elle.
-Une … Une face sombre ?! s’étonna Marie, pétrifié.

Lavi sembla encore plus horrifié que les autres.

-Elle est absolument …. Terrifiante quand elle est en colère … expliqua celui-ci en proie à une panique totale.
-Vraiment terrifiante ? demanda Allen qui commençait lui aussi à paniquer.
-Vraiment terrifiante, confirma Lavi.

Un homme qui passait par là, complètement ivrogne aborda Yuka. Il posa sa main sur son épaule et la tira vers lui par la hanche.

-Hé ma jolie ça te dirait qu’on aille faire un tour ? dit-il plutôt comme une affirmation.

L’interpellée tourna mécaniquement la tête, dévoilant un regard digne des plus grands démons de ce monde.

-Ma jolie ? Faire un tour ? s’énerva la concernée. Tu … te fiches … DE MOI ?!?! explosa celle-ci en lui saisissant le main qu’il avait utilisé pour lui saisir l’épaule, le tirant et le plaquant par terre ainsi.

L’ivrogne semblait terrifié et incompréhensif. Il tenta de s’enfuir mais on ne réveillait pas le démon en Yuka impunément. Celle-ci leva un pied et lui mit un coup de pied phénoménale dans l’entrejambe, appuyant avec son talon.

-Va donc faire un tour avec tes jolies en enfer ! pesta celle-ci, plus énervée que jamais.

Les exorcistes firent une mine déconfite et l’ivrogne poussa sûrement le plus grand cri de sa vie.

-Pas làààà, gémit Allen, comme si c’état à lui qu’on le faisait.
-Pauvre homme, dit Marie en détournant la tête.

Lavi et Miranda se précipitèrent sur Yuka, pour tenter de l’arrêter dans son meurtre sanguinaire.

-Arrête Yuka ! gémirent-ils, essayant de la tirer en arrière.
-Jamais ! s’énerva l’autre.

Aidé par Lavi et Miranda, le pauvre homme s’enfuit tenant son engin de manière désesperé.

-Elle est diabolique ! remarquèrent terrorisé pour le reste de leur existence, Allen et Marie.
-C’est ça, enfuis-toi sale lâche ! pesta la jeune fille transformée en démon.

Elle prit un bon quart d’heure pour se calmer, pour finalement s’écrouler contre un mur, fatiguée comme si elle avait fait 30 fois tout le tour de Paris en course à pied.

-J’ai … réveillée mon côté sombre ? demanda-t-elle gênée.

A la figure décomposée des exorcistes elle s’imagina que oui. Elle se consterna d’elle-même.

-Désolé, je contrôle pas très bien mes crises de colères, s’excusa-t-elle.
-On l’avait remarqué … soupira Lavi. Heureusement que j’ai pas eu droit au même traitement en Inde, se soulagea-t-il.
-T’avais qu’a pas me voler mon butin ! maugréa-t-elle, boudeuse.
-Comment je pouvais savoir que c’était ton butin ? se plaignit-il, reprenant une conversation ancestrale.
-Butin ? se demandèrent les trois autres.
-Tu savais que c’était chez moi quand même ! Un gros panier de fruits, ça t’as pas traversé l’esprit que ça t’étais pas entièrement destiné ?! s’énerva l’autre.
-Je ne savais pas que c’était chez toi d’abord ! répliqua l’autre.
-Bien sûr que si !

Les autres tentèrent de les séparer.

-Lavi réveille pas son côté sombre de nouveau ! gémit Allen. Tu veux devenir stérile comme l’autre ou quoi ?!

Tout à coup, tout le monde se calma.

-Hm, pas con, finit par remarquer Lavi.

Yuka se releva.

-Bon allons au manoir, on va pas rester éternellement dans ces ruelles.

Soudain la ruelle s’assombrit comme si une ombre cachée le soleil.

-Innoceeence, brailla des voix derrière eux.
-Le Comte va être content depuis le temps qu’elle contrecarre tout ses plans celle-là, ricana un akuma de niveau 2, entouré de 5 autres de ses semblables.

Des lanières entourèrent Yuka, qui la tirèrent d’un seul trait vers la meute d’akuma.

-Eh ?! s’étonna celle-ci.
-Yuka ! s’exclama Allen, Marie et Miranda.
-Mina ! cria le Bookman.

Elle disparut avec les akumas.

-Merde ! pesta Allen.
-Lavi, c’est quoi cette histoire de Mina ? Et pourquoi est-ce qu’elle irrite autant le comte ?! demanda violemment Marie.
-Pour ce qui est d’irriter le comte je n’en sais rien… Mais pour ce qui est de Mina il va falloir que je vous explique … soupira Lavi.

D.GRAY-MAN ==> Chapitre 2 <== La voleuse de ciel et de pommes

8 novembre 2010

Une voix s’égosilla sur le pas de la porte.

-S’il vous plaît Mademoiselle pressez vous ! Je vous en supplie ! se lamentait Gisèle.
-Oui, j’arrive ! Cessez donc d’être si impatiente ! répondit sa maîtresse.
-Oh ! Et c’est moi qui suis impatiente alors que dans 15 minutes vous avez un dîner et que vous êtes à peine lavée ! C’en est un monde !

Yuka apparut devant Gisèle, rapidement coiffée, vêtue avec les premiers vêtements qui avait dû lui tomber sur la main, de l’eau dégoulinant sur ses cheveux et sa peau et par-dessus tout ça, en rien pomponnée.

-Oh ! s’exclama la servante horrifiée.
-Quoi ? questionna la jeune fille.

Gisèle toucha son front et tenta de calmer son cœur, comme si elle avait vu un fantôme.

-Ca c’est plutôt insultant Gisèle, se plaignit la jeune fille quelque peu vexée.
-Vous ne pouvez certainement pas sortir ainsi ! Jamais ! Jamais je ne vous le permettrez ! Je me ferai sermonner par votre mère autant de fois qu’il est donné à un humain à le faire juste avant de me mettre à la porte munie de tout mes bagages, si elle est assez bonne pour me les donner ! Ah non je ne laisserai pas tout ceci arriver !

Yuka l’observa avec inquiétude, soucieuse de son état mental. La bonne vieille femme la conduit jusqu’à sa chambre et ouvrit grand son placard où un défilé de somptueuses robes s’offrirent à leurs yeux.

-Vous avez assez d’habits pour vêtir une population entière et vous ne trouvez que ces habits mal assortis à mettre ? A croire que je ne vous ai jamais éduqué ! C’est moi que vous insultez là très chère ! sermonna la servante.

La jeune femme fit la moue et regarda Gisèle étaler une robe du même violet que ses yeux et des parures dignes de grands joailliers. Devant toute cette richesse, Yuka fit une mine dégoûtée. Sa servante tapota les affaires joliment préparées sur son lit.

-Tiens, mets donc ça ! Ca rendra parfaitement bien ! Bien que tout t’ailles à merveille. Les miracles de la beauté.

Yuka agita gaiment la tête, un sourire fier aux lèvres. Ses quelques secondes de bonheur furent brutalement stoppé par une pichnette sur le nez, signé de Gisèle.

-Que ça ne te monte pas à la tête, petite écervelée ! La beauté est chose qui se fane plus vite qu’on ne le pense ma petite, critiqua la vieille femme.

La jeune fille en profita pour renvoyer une pichnette à sa servante.

-Sauf si elle vient de l’intérieur, ma grande ! rigola celle-ci.

Gisèle tenta de répondre quelque chose mais abandonna, roulant des yeux avant de sortir de la chambre. Yuka se glissa dans sa robe, non sans difficulté. Les corsets était une véritable hantise pour elle. Elle préférait de loin les vêtements confortables, malheureusement interdite aux « gens de bonne famille ». Comme si elle avait besoin de ça, pensa-t-elle en claquant de la langue. Pendant qu’elle donnait à chaque parures sa place respective, elle repensa au bal d’hier soir. Elle espérait ardument qu’elle reverrait les exorcistes. Enfin, de toute façon si ils ne revenaient pas elle irait à eux. Quelque peu déguisée. C’était une chose qu’elle aimait plus que tout. Changer de personnage pour chaque costume l’émerveillait. Elle entreprit de prendre délicatement une vieille cape marron qu’elle posa sur ses épaules, glissant la capuche sur ses yeux de façon à ce qu’on ne voit que son nez et sa bouche. Elle rigola un instant. Oui, si ils ne venaient pas, elle irait les chercher comme ça. De toute façon c’est elle qu’ils cherchent non ? Gisèle déboula dans la chambre, pressée par le temps. Elle retint un cri lorsqu’elle vit sa maîtresse ainsi vêtue.

-Oh, doux Jésus ! Non vraiment, cessez donc d’ainsi vous déguiser ! Vous avez l’air d’une orpheline sans sou qui errerait dans les rues de Paris à la recherche d’une pomme à manger !

La jeune femme rigola de plus belle. Sa servante ne savait même pas combien elle tapait juste. Elle retira son déguisement.

-Ou pis ! D’un assassin sanguinaire ! Oh mon Dieu ! s’affolait sa servante.
-Excuse-moi Gisèle, je n’ai pas pu résister, ricana-t-elle.
-Eh bien pour l’amour de Dieu retenez vous, s’exclama la bonne dame.
-J’y tacherai, j’y tacherai … dit la concernée, bien qu’elle était pertinemment consciente que le jour où elle pourrait se retenir de redevenir la petite Mina n’arriverait jamais.

La servante la coiffa rapidement des doigts et la mena dans les couloirs d’un pas affolé.

Pendant ce temps les recherches ne menaient pas large chez les quatre jeunes gens. Miranda continuait de se lamenter.

-Nulle part ! Personne ne la connaît ! Mis à part quelques commerçants qui ont eu affaire à elle ! Mais aucun ne peut ni dire son prénom, son âge ou la décrire ! C’est un vrai fantôme !
-Voyons, il y a forcément quelqu’un qui la connaît bon sang ! Ou qui l’a croisé ! s’exclamait Allen, désespéré.
-A la réception personne n’a entendu parler de phénomènes étranges… Pourtant Komui nous avait bien dit qu’il s’y passait des phénomènes paranormaux. Et il n’a certainement pas menti, dit Marie.
-Personne n’a jamais vu d’Akuma ? s’étonna Lavi.
-Personne, confirma l’exorciste.
-Pourtant mon œil a réagi quelques fois mais il s’est toujours rétracté au bout de quelques minutes, ajouta Allen.
-Est-ce que quelqu’un protégerait les habitants des Akuma ? s’interrogea Miranda.
-La voleuse de pommes, posa Allen, par évidence.

Ils s’observèrent longuement. Jusqu’à ce que Marie brise le silence.

-Je pars avec Lavi, si un Akuma se pointe, je l’entendrais, dit-il. Et Miranda tu partiras avec Allen. Son œil réagira à la présence d’un Akuma. Si c’est cette fille qui se débarrasse des Akuma, alors elle sera où ils sont.

Tous acquiescèrent et se séparèrent.

Plus ils avançaient, plus ça pataugeait. Marie avait bien entendu de faibles sons d’Akuma, mais rien d’assez précis pour retrouver l’endroit. Lavi se désespérait en observant le ciel d’un air détaché.

-Raah ! Cette gamine doit être drôlement douée à cache cache dans son genre ! bougonna Lavi.
-Arrête de lamenter et concentre-toi.
-Mais je suis concentré.
-Mais oui, ironisa l’autre.
-Bien sûr que oui !
-Arrête.
-De quoi ?
-Arrête avant que je m’énerve.
-Roooh ! Mais je m’ennuie moi ! Cette fille est un fantôme ! grogna-t-il.

Soudain une poubelle se renversa et le rouquin se retourna violemment, sur ses gardes. Marie, alerté, se posta dans la même position. Tous attendirent de voir sortir la voleuse de dimanche, mais ce ne fut qu’un pauvre chat égaré. Un long silence gêné s’installa entre les deux personnes. Finalement Marie mit un poing sur la tête à Lavi.

-C’est de ta faute ça, pesta Marie.
-Hé ! Je te ferai dire que tu t’es retourné aussi !
-Tu t’es retourné en premier ! grogna l’homme au casque, appuyant fortement sur le « tu ».
-Bon saaaang ! Mais elle est où cette fille ?!?! s’écria Lavi, exaspéré.

L’autre duo n’en menait pas large non plus. Aucune traces d’une quelconque voleuse à capuche marron. Miranda se torturait de ne pas avoir pu voir plus et Allen attendait désespérément une réaction de son œil. Le garçon frappa dans une poubelle qui alla finir son premier vol sur un mur de briques.

-Ca m’énerve, ça m’énerve !! s’énerva le garçon à la tignasse blanche.
-Calme-toi Allen ! Ca ne la fera pas venir ! gémissais Miranda, tentant de le calmer en vain.

Allen continuait de martyriser la pauvre poubelle en lui assignant coup par coup en grognant et pestant dans le vide. Certaines mères qui passaient à côté tentaient de faire regarder à leur enfant l’autre côté de la rue. L’exorciste continuait de déverser sa colère sur la malheureuse poubelle, lorsqu’une fille s’avança vers eux. Miranda retenue un cri d’étonnement pendant que la jeune fille tapotait l’épaule d’Allen qui ne sembla pas trop apprécié. Il se retourna violemment, plus énervé que jamais.

-QU’EST-CE QUE TU ME VEUX ?! hurla-t-il à la jeune fille, avant de remarquer qu’elle portait la même cape que la voleuse de dimanche et exactement le même teint de peau ainsi que de longs cheveux bruns. Ah ! AAAAAAAAAH !!! hurla-t-il, devant des passants de plus en plus perplexe.

La jeune fille s’enfuit.

-Bah ça c’est malin crétin ! s’énerva pour la première fois Miranda. Maintenant elle s’est enfuie, tu l’as traumatisée si ça se trouve !
-Mais non ! Mais attends !  s’écria Allen en la poursuivant.

Ils s’engagèrent dans une course effrénée, bien qu’ils eurent l’impression que la voleuse les attendait à chaque nouveaux tournants. Ils finirent par atteindre une ruelle sombre et déserte. La voleuse à capuche attendait là, une main sur la hanche.

-Eh bien, tu en es d’une humeur massacrante dès le début d’après-midi toi, soupira la jeune fille.
-Ah mais cette voix ! s’étonna Miranda.
-Vous en aurez mis du temps, s’exaspéra la voleuse bourgeoise tout en retirant sa capuche.
-Mademoiselle Fukari ! s’exclama Allen qui n’eut pas vraiment le temps de finir sa phrase qu’il reçut un coup de pied phénoménale de Yuka dans le ventre.
-Appelle moi Yuka crétin ! Tu crois que j’ai envie que tout le monde sache que la fille de Madame Fukari se déguise en voleuse pour s’amuser ?! Ma mère me passerait le savon de ma vie ! pesta la jeune fille.

Allen se tordit de douleur sur le sol.

-Mais alors tu es une compatible ? questionna Miranda.
-Oui, bien sûr, répondit-elle sans hésitation.
-Hein ? Mais euh … Tu sais ce qu’est une compatible, l’innocence et tout ça ? s’étonna la femme.
-Bien sûr. Vous ne croyiez tout de même pas qu’un beau matin je me suis réveillée avec des pouvoirs super magiques et que je me suis dit « Ah bah chouette alors ! » en partant faire ma petite vie sans même me soucier de ce qu’il m’arrivait. Je sais presque autant de choses que vous sur la Congrégation et tout ce qui s’en suit.

Les deux exorcistes en eurent le souffle coupé. Aucun des deux n’arrivaient à trouver les mots.

-Eh bien oui, soyez étonnés ou non, mais ma spécialité c’est les secrets d’Etat. De toute façon je n’ai que ça à faire dans mon manoir, soupira Yuka, évasive.
-Alors tu savais qui on était et pourquoi on était là quand tu t’es présentée à nous au bal ?
-Evidemment, je ne suis pas crétine non plus.
-Et si tu as demandé à Lavi de danser avec toi c’est parce que tu voulais approcher les exorcistes ? interrogea Miranda, de plus en plus choqué.
-Non, c’est une vieille connaissance, expliqua-t-elle.
-Vous vous connaissez ?!

Avant qu’elle ne put donner une réponse le mur se fracassa derrière eux et un Akuma de niveau 1 se planta devant eux, chargeant les canons dans leur direction. Les deux exorcistes se préparèrent à passer à l’offensive lorsque Yuka sortit un oiseau aux longues plumes multicolores. L’oiseau faisait penser à un perroquet mais en bien plus grand et bien plus gracieux.

-Innocence, activation, murmura la voleuse bourgeoise.

Une énergie blanchâtre entoura le perroquet et ses belles plumes se hérissèrent. Le bec grand ouvert et menaçant il se jeta sur l’Akuma pour le mordre à son sommet. La machine diabolique explosa et le volatile regagna l’épaule de sa propriétaire, calme comme de l’eau de roche. La jeune fille se retourna vers les deux personnes.

-Dites bonjour à mon innocence, plaisanta-t-elle en leur affichant un grand sourire mutin.

D.GRAY-MAN ==>Chapitre 1 <== Celle qui dansait sur l’air

7 novembre 2010

Dans le brouhaha ambiant, quatre personnes en combinaisons noires et blanches arborant une rosaire tentaient de se frayer un chemin dans la foule. On était dimanche et c’était le jour du marché. La foule était donc abondante dans les rues de Paris. Les stands présentaient des produits frais, des fruits, de la viande à souhait. La seule femme du petit groupe semblait plutôt maladroite et ne cessait de se perdre au milieu de toutes ces personnes habituées à tout ce rassemblement.

-E-Excusez moi ! S’il vous plaît ! s’exclamait la jeune femme en battant des bras.

Certaines personnes polies se poussaient gentiment, mais ce n’était pas le cas de tout le monde. Et après avoir poussée un peu plus qu’elle ne l’avais voulu un homme à forte carrure, celui-ci se retira violemment et elle tomba en avant dans sa force mal contrôlée, percutant au passage une jeune fille qui devait tout juste approcher les 17-18 ans. Tombant sur la fille cachée d’une longue cape à capuche lui tombant sur les yeux, la femme s’excusa maintes et une fois tandis que a fille à capuche se releva, réajustant sa capuche comme pour se rassurer qu’on ne voyait pas son visage.

-Miranda tu devrais faire plus attention ! dit un homme portant une sorte de casque sur les oreilles.
-Est-ce que ca va ? demanda un autre homme aux cheveux roux, pas plus âgée que la jeune fille percutée.

La concernée sourit et leur adressa un signe de main qui signifiait que ça ne faisait rien. Un gros homme arriva jusqu’à eux et tenta de saisir le bras de la fille, qui était déjà repartie dans sa course.

-Hé ! Voleuse ! Rattrapez-la ! s’égosillai le bonhomme en agitant sa main en l’air, le poing refermé.

Des passants aidèrent le marchand à attraper la gamine, et une fois celle-ci contrôlée elle murmura quelques mots indéchiffrables aussi bien pour les personnes trop occupée à la maintenir que pour les exorcistes qui regardaient la scène avec un certain étonnement. Soudain la fillette se propulsa dans les airs et disparut derrière des bâtiments.

-Ah la sale gosse ! s’exclama le vendeur, furieux.
-Ca en fait des prodiges les gosses de notre âge ! remarqua éberlué un homme.
-Je ne te le fais pas dire ! Enfin, on ne la retrouvera pas facilement.
-Laisse tomber Marcel, tu retrouveras pas tes pommes.
-Tss, grogna le gros bonhomme.

Pendant ce temps les exorcistes n’en revenaient toujours pas.

-Alors ça c’était tout sauf normal ! s’exclama le rouquin.
-Lavi a raison. Ca cache quelque chose, dit calmement l’homme au casque.
-Sûrement l’innocence. Miranda, est ce que tu as remarqué quelque chose chez elle ? Une particularité qui pourrait nous aider à la retrouver ? demanda un jeune à la tignasse blanche.
-Euh .. Eh bien… C’est que …. Enfin … Elle était brune … Je crois. Avec un teint plutôt bronzé … Et … Je n’ai pas pu voir beaucoup elle avait une grande cape et je ne pensais pas trop à l’analyser sur le moment ! Et ! s’interrompit Miranda remarquant que ses camarades affichaient une mine démontrant qu’ils s’y attendaient.

La mine de Miranda se décomposa et les larmes lui montèrent aux yeux.

-Ah ! Je suis désolée ! Encore une fois je n’ai servie à rien ! Je m’excuse ! Je suis une abrutiiie ! Désolééééé ! s’écria-t-elle tout en se dirigeant le plus loin possible en pleurant.
-Ah ! Surveillez tout les lacs où elle pourrait se jeter, tout les bâtiments d’où elle pourrait sauter ou les endroits où elle trouverait quelque chose de tranchant ! s’exclama le gosse aux cheveux blancs.

Tous partirent en courant. Au bout de 30 minutes de course poursuite après Miranda, ils revinrent à leur point de départ. On approchait les 17h et Komui les avait informés de se présenter à une réception chez une grande famille bourgeoise qui les aiderait peut être à en savoir un peu plus sur les phénomènes étranges qui se produisait aux alentours de Paris.

-On a pas le temps de partir à sa recherche, bougonna Lavi.
-On aura qu’a tenter d’en apprendre un peu plus à la réception de ce soir.
-Je ne suis pas sûr qu’ils sachent grand-chose sur une voleuse de pommes du dimanche, expliqua stoïquement le mystérieux homme au casque.

Un long silence parcourut les quatre jeunes gens.

-C’est de ma faute j’aurais dû mieux la regarder ! gémit Miranda, reprenant ses lamentations.

Le plus jeune mit une claque derrière la tête de la jeune femme, tentant ainsi de la ramener à la raison.

-Calme toi Miranda ! Tu n’as pas pu apercevoir grand-chose, soit. On ne va pas s’éterniser dessus quand même ! dit celui-ci, affichant tout de même un sourire réconfortant.
-Ah, désolé Allen. Je ferai de mon mieux pour la retrouver ! s’exclama Miranda, la tristesse s’étant soudainement transformée en une dévorante obstination, des flammes animant presque les prunelles de ses yeux.
-Euh, d’accord … Si tu veux … répondit Lavi, secouant la main dans un geste qu’on traduisait généralement de « Mais oui, Mais oui ».

La réception était somptueuse. Un grand nombre de bourgeois s’était rassemblé ici pour danser et se laisser aller à la folie de la nuit. Sur le côté, les exorcistes regardaient avec envie et inquiétude.

-Je ne me sens pas tellement dans mon élément … lâcha Miranda, exprimant l’inquiétude qui se lisait chez  les quatre exorcistes.
-Moi non plus … répondit le plus grand des quatre.
-Allons, Miranda et Marie ! On a qu’a danser, parler et voilà ! rétorqua Allen.
-Bah vas-y lance toi Allen, on attend que ça, dis Lavi.

Tout à coup, seul la musique remplissait la conversation. Plus personne ne disait mot chez les exorcistes. Allen se crispa.

-C’est-à-dire … Que je ne sais pas vraiment danser.
-Alors aucun de nous n’est vraiment doué pour la danse ?! s’exclama Miranda, horrifiée.
-Moi je me débrouille mais je n’ai franchement pas envie de danser seul, répliqua Lavi.
-C’est vrai qu’on y avait pas penser… dis Marie.

Tous se regardèrent un air de défi dans les yeux. Et soudain, agitèrent les mains dans le vide devant eux.

-Celui qui gagne au chifumi danse avec Miranda ! s’exclamèrent-ils.
-Eh ?! s’étonna Miranda, pas vraiment habituée à ce genre de situation.

Une grande dame trop maquillée les abordèrent en plein milieu de leur chifumi. Elle leur sourit de ce sourire préfabriqué.

-Bonsoir, vous êtes les jeunes gens envoyés par la Congrégation ?
-Oui en effet, répondit Marie.
-Et vous êtes ? demanda Miranda.
-Ah ! Excusez moi, j’avais presque oubliée de me présenter ! Madame Fukari. Je suis celle qui a organisée cette réception.

Les exorcistes lui sourirent, gênés de ne pas s’en être rendus compte plus tôt.

-J’aurais bien voulu vous présenter le reste de la famille mais mon mari est d’humeur à la danse et je crains que ma fille ne daigne se présenter à cette réception comme à son habitude, soupira la dame.
-Elle n’aime pas les réceptions ? demanda Miranda, étonnée qu’on ne puisse pas aimer ça.
-Elle considère ça comme une chose inutile juste bonne à arborer sa richesse au grand public.
-Oh … dit Miranda, qui arrivait à comprendre son avis d’un certain point de vue.

Soudain, les lumières baissèrent et se focalisèrent sur le haut de l’escalier.

-Tiens ? s’étonna Madame Fukari.

Une jeune fille aux longs cheveux bruns légèrement ondulés apparut sous le halo de lumière. Des murmures et quelques exclamations s’échappèrent de la bouche des invités.

-Ca alors ! Elle est venue ? s’effarait la dame, de plus en plus étonnée.
-C’est votre fille ? demanda Marie.
-Oui… Oui, c’est elle.

La fille de la Dame Fukari était d’une beauté à couper le souffle. C’était sans compter le sourire qu’elle adressa aux invités qui ne purent s’empêcher de lancer quelques phrases comme « Quelle beauté ! » ou « La nature l’a bien gâtée ! ». Elle avait un teint hâlé, des yeux d’un violet profond. De petites mains, des gestes élégants mais trompés par un trop plein d’énergie, rendant le tout presque attendrissant. Sa robe était d’un rose nacré et de noir. Elle descendit lentement les escaliers par souci d’image, car l’on voyait bien à sa façon de marcher ou à ses gestes qu’elle n’avait qu’une envie, et c’était de descendre ces marches en sautant. Avant de descendre les quelques marches restantes, elle se stoppa net et parcourut des yeux l’assistance. Son regard se stoppa sur un endroit qu’on ne pouvait vraiment définir dans l’immensité de la salle. La surprise traversa son regard, puis du soulagement.

-Qu’est ce qu’elle est belle … s’émerveilla Miranda.
-Oui. Le plus rageant c’est qu’elle n’entretient pas vraiment toute cette beauté. C’est naturel. De quoi vous fâcher avec Dame Nature pour le restant de vos jours.
-Effectivement, murmura presque Allen.

Elle finit de descendre les quelques marches en sautillant tel un petit oiseau. A croire qu’elle dansait sur l’air. Elle avança tout comme elle avait descendue l’escalier et les bourgeois se poussèrent à son passage. Elle leur adressa un sourire, qui en fit vaciller plus d’un.  Elle marcha jusqu’à sa mère et les quatre exorcistes.

-Bonsoir, lâcha-t-elle, prononçant son premier mot de la soirée.

Elle s’inclina légèrement.

-Bonsoir, Mademoiselle.. ? interrogea Marie.
-Yuka. Yuka Fukari, répondit-elle dans ce même sourire qu’elle affichait depuis le début de la soirée.

Elle se tourna vers Lavi et tendit la main. Elle afficha un sourire espiègle.

-Me feriez vous l’honneur de danser avec moi ? dit-elle, amusée.
-Voyons Yuka ! Ce n’est pas à la femme de demander si l’homme veut danser avec elle ! gronda sa mère.
-Oh, Mère, c’est bon ! Que je sache ça ne fera pas scandale ! s’exclama la jeune fille avec une pointe d’agacement.
-Oh que si … soupira la dame, aussi énervée que sa fille.

Yuka saisit la main de Lavi et se dirigea vers le centre de la piste de danse, la musique retentant de nouveau. Elle se planta là, regardant le rouquin comme on regarderait un cadeau de Noël qu’on attendait depuis des années.
De son côté, Allen n’en revenait toujours pas. Que cette fille ai choisi parmi les centaines de personnes présentes ici, Lavi. Il n’arrivait toujours pas à le comprendre. En attendant, Marie partit avec Miranda sur la piste de danse.

-Bon et bien je te laisse Allen, bonne chance pour trouver une cavalière, dit Marie tout en s’éloignant sur la piste de danse.
-Hein ? Oh ! Attends ! Hé mais non c’est injuste ! s’exclama le pauvre Allen.

Il se laissa aller sur le divan, maudissant les bals et répandant des ondes négatives tout autour de lui. La dame Fukari était elle allée tenir compagnie à de riches et puissants bourgeois. Il broya du noir pendant de bonnes et longues minutes, puis décida de prendre l’air, n’ayant envie de danser avec aucune de toutes ces grandes dames aux alentours qui le dépassait toutes largement en taille et en âge.
La musique était interminable et les pas de danse devenaient de plus en plus compliqués. Yuka fit une moue de désapprobation.

-Qu’est ce qu’il y a ? se risqua à demander Lavi.
-Je n’y connais rien en danse. Je pourrais même dire que je déteste. Je m’emmêle toujours les pieds, soupira Yuka.
-Pourquoi m’as-tu invité à danser alors ? l’interrogea-t-il, perplexe.
-Parce qu’il fallait bien que je trouve un moyen de t’approcher, sombre idiot ! s’exclama-t-elle comme si c’était une évidence. Ce qui bien sûr n’était une évidence seulement pour elle.

Le jeune homme la regarda éberlué. Il ne s’attendait pas vraiment à ça.

-Euh … Et pourquoi ?

Elle s’arrêta et le regarda étonnée.

-Tu ne te souviens pas de moi ? s’étonna-t-elle.

Lavi resta un instant perplexe, se demandant si il valait mieux lui dire qu’il ne se souvenait vraiment pas d’elle ou non. La vérité l’emporta.

-Eh bien non… lâcha-t-il.

Elle le regarda consterné.

-Toujours aussi bête. Et après ça dit avoir une bonne mémoire ! Et moi je suis fille de poissonnier aussi peut etre ! Tu me déçois Bookman Junior, dit-elle entre la consternation et l’humour.

Il n’en revînt pas. Comment pouvait-elle savoir qu’il était un Bookman ?! Il la regarda fixement comme pour tenter de se souvenir de quelque chose, trop enfouie pour revenir à la surface. Voyant qu’il tentait de rafraîchir sa mémoire, la jeune fille tenta de l’aider.

-L’Inde, dit-elle.
-Hein ?
-En Inde. On s’est rencontrés en Inde, soupira-t-elle toujours plus déçue par sa mémoire.

Soudain, tout lui revînt.

-Ah ! Mina ?! s’étonna-t-il.

Le visage de Yuka s’illumina.

-Ah ça y est tu te souviens ! s’exclama-t-elle.
-Mais tu ne ressembles plus trop à Mina … Et pourquoi tu n’as plus le même prénom ?
-Parce que j’ai été adoptée. Ma mère n’arrivait pas à faire d’enfants. Alors ils m’ont adopté à l’âge de 9 ans.
-Ca n’explique pas pourquoi tu as changé de prénom.
-Bien que ça n’en ai pas vraiment la sonorité, Mina est un prénom hindou. Ils m’ont choisi un prénom asiatique tout de même, mais ils ne voulaient pas que le fait que je sois indienne se sache. Ils préféraient mettre ça sur l’adoption d’une fillette dont un frère à mon père ne voulait plus. Mon père étant japonais, il leur fallait que je porte un prénom japonais. Alors maintenant je m’appelle Yuka. Vu que j’ai une tête penchant plus vers l’asiatique ils ne pouvaient pas dire que je venais d’une sœur ou un frère à ma mère.

Lavi tenta de tout assimiler, ce qu’il parvînt tant bien que mal à faire.

-Alors… Tu es vraiment Mina ? demanda-t-il.
-Bah oui ! s’agaça quelque peu Yuka. J’ai quand même gardé la même tête tu sais ! s’exclama-t-elle en tirant sur ses joues ou en les tapotant. C’est pourtant la même tête ! dit-elle perplexe, comme si maintenant elle doutait de la véracité de ses propos.

Il étouffa un rire et elle le regarda, incompréhensive.

-Quoi ? Qu’est ce qui te fais rire ? bougonna-t-elle.
-Tu es bien Mina. Pas photo, rigola-t-il.

Elle sourit. La musique s’arrêta et 1 heure du matin sonna.

-Hm ? Si tard. Rah … Je vais me faire taper dessus par Gisèle moi. Enfin, je pense qu’elle m’excusera. Après tout pour une fois que je me pointe à un de ces fichus bals, expliqua Yuka, pour en même temps se convaincre elle-même qu’elle ne sera pas sermonner.

Elle se tourna vers l’exorciste et l’embrassa sur la joue pour repartir en lui laissant un clin d’œil. Elle disparût dans la foule, tel un fantôme. Comme lui avait disparu dix ans plus tôt.

Innocence of Love

27 septembre 2010

Innocence of Love

Manga : D.Gray-Man

Personnages principaux : Yuka Fukari (Sasha Sheridan), Shizuka (Juliette Sheridan), Mitsune (Lily Sheridan), Allen Walker, Lavi et Yû Kanda.

Synopsis : Les Précieuses du Faucheur. Voilà le surnom donné à trois jeunes filles que rien ne liaient. Yuka, Shizuka et Mitsune sont trois filles totalement différentes. Une princesse torturée, une aristocrate lassée et une paysanne travestie. Toutes trois conduites à la Congrégation pour leur innocence, elles vont s’avérer être bien  plus que de simple exorcistes. L’étrange particularité des trois jeunes filles va faire prendre un tout nouveau tournant à la guerre …